Textes d'auteurs
(2005 -2007) (ATTENTION: Textes parfois
légèrement adaptés)
Le
désir infini
(Harold S. Kushner)
-
Demandez aux gens ce qui est le plus important pour eux: "gagner
de l'argent ou s'occuper de sa famille?" pratiquement tout le monde répondra
sans hésiter: ma famille. Mais observez comment les gens vivent
réellement et voyez où ils investissent leur temps et leurs énergies.
Il faudra admettre qu'ils ne vivent pas comme ils pensent. - Notre existence
a-t-elle un but par-delà le simple fait d'exister? Le fait que nous soyons
vivants importe-t-il? Notre disparition laissera-t-elle le monde plus pauvre,
ou simplement moins encombré? Ces questions ne sont pas des questions abstraites
pour conversation de salon. Ce sont des questions désespérément
pressantes. A défaut d'être capables d'y répondre, nous nous
retrouvons malades, solitaires et effrayés. C. Jung a déjà
dit que près d'un tiers de ses patients ne souffraient d'aucune névrose
cliniquement définissable, mais d'un manque de signification et de la vacuité
de leur vie. - Le mal de l'ennui, du sentiment de sa propre futilité
et de son inutilité est une tragédie pernicieuse. On
ne se rend pas toujours compte quand il nous arrive, pourtant il draine toute
notre joie et notre entrain. - Notre
âme n'a pas soif de célébrité, de bien-être matériel,
de richesse ni de pouvoir. Ces gratifications créent presque autant de
problèmes qu'elles n'en résolvent. Notre âme a soif de signification,
d'un sens à donner à notre vie, du sentiment d'avoir bien utilisé
son temps sur la terre, de ne pas l'avoir gaspillé, et du sentiment que
le monde sera différent, au moins un peu, parce qu'on y sera passé.
- On ne devient pas heureux en poursuivant le bonheur. On devient heureux en menant
une vie que a du sens. Les gens les plus heureux ne sont sans doute pas les plus
riches ni les plus célèbres; probablement pas non plus les gens
qui travaillent le plus fort à être heureux, et qui pour cela lisent
des articles, achètent des livres et se conforme à tout ce qui est
à la mode. J'ai l'impression que les gens les plus heureux sont ceux qui
s'efforcent d'être gentils, serviables, fiables. Occupez-vous de choses
plus productives que la poursuite du bonheur personnel, alors il se glissera dans
votre vie. - Une vie de plaisirs ininterrompus n'est qu'une façon d'échapper
au défi de faire des sa vie quelque chose qui ait un sens. Avoir du plaisir,
c'est peut-être le sel de l'existence, mais non son essence, parce qu'une
fois le plaisir estompé, rien ne reste qui ait une valeur durable.
- L'Ecclésiaste (un livre de la Bible) nous met en
garde de ne pas perdre le temps limité qui nous est imparti, en ayant l'illusion
que la richesse, la sagesse, le plaisir ou la piété peuvent donner
de l'importance à nos vies. - Isolé, aucun de nous ne peut être
véritablement humain. Les qualités qui nous rendent humains n'apparaissent
qu'au moment où nous sommes en relation avec les autres. - Quand s'achève
notre temps d'existence individuelle, nous rejoignons le courant de Vie.
La
plénitude de l'instant
(Thich Nhat Hanh) -
La vie est un miracle et ce miracle est de marcher sur terre, en ce moment,
et d'apprécier la paix et la beauté qui nous entourent maintenant.
La paix est tout autour de nous, dans le monde, dans la nature et en nous. Le
simple fait d'apprendre à la toucher, d'apprendre à ramener notre
corps et notre esprit dans l'instant présent nous guérit et nous
transforme. - Nous n'avons pas besoin de mourir pour
entrer au Paradis. Lorsque nous inspirons et expirons en serrant un arbre dans
nos bras, nous sommes au Paradis. La paix est accessible; il nous suffit de la
toucher. Si nous voulons entrer au Paradis sur terre, il nous faut simplement
marcher et respirer consciemment. Ce n'est
pas une question de foi mais de pratique. -Lorsque nous
touchons la paix, tout devient réel. Nous devenons nous-même pleinement
vivant, dans l'instant présent. Alors, l'arbre, notre enfant et toutes
choses se révèlent à nous dans leur pleine splendeur. -La
Terre est si belle. Nous sommes si beaux nous aussi. Prenons l'habitude de marcher
sur terre, notre merveilleuse mère, et de toucher
la paix et le bonheur qui sont accessibles aujourd'hui. Notre
vraie demeure est le maintenant, la vie n'existe nulle part ailleurs.-Nous
sommes tous des fleurs, mais parfois notre florescence est fatigué;
elle a besoin d'être revitalisée. Pour retrouver la paix, le bonheur
et le sourire, nous devons avant tout apprendre à "arrêter",
arrêter nos angoisses, nos soucis, notre agitation et notre tristesse, arrêter
de courir après l'avenir et de nous préoccuper du passé.
Nous devons arrêter de nous détruire corps et âme au nom d'un
bonheur à venir et faire de chaque instant le plus merveillleux instant
qui soit. -Le calme est la base de la compréhension et de la perception
juste. Le calme est force. Pour trouver la vérité, il n'est pas
nécessaire d'aller la chercher. Il nous suffit d'être calme et les
choses se révéleront d'elles-mêmes sur l'eau tranquille de
notre coeur. "Si le lac de l'esprit est calme, la belle lune s'y réflétera." -Comme
les fleurs, nous avons nous aussi besoin d'espace pour être heureux. Le
détachement et le calme nous offre un espace plus vaste. Nous avons besoin
de nous détacher de nos problèmes, de nos difficultés, de
nos soucis et de nos regrets, et de créer de l'espace autour de nous. L'espace
est liberté. Sans espace, nous ne pouvons être heureux. Nous croyons
que nos projets et que toutes les choses qui nous préoccupent sont indispensables
à notre bonheur, nous nous trompons. -Vous êtes libre. Vous êtes
vivant. Ouvrez les yeux et appréciez autour de vous la beauté du
soleil, de ciel et des enfants. La respiration consciente vous aide à devenir
ce qu'il y a de meilleur en vous - calme, vivifié, solide, libre et clair. -Une
fleur n'a pas à être autre chose qu'une fleur. Un être humain,
s'il est vraiment humain, suffit à donner de la joie au monde entier.-Si
nous regardons en nous, nous verrons les fleurs, mais nous verrons aussi la colère,
la haine, le découragement, les préjugés raciaux et autres.
Mais que cela ne nous effraie pas. De la même façon qu'un jardinier
sait transformer le compost en fleurs, nous pouvons apprendre à
transformer la colère, le découragement et les préjugés
sociaux en amour et en compréhension. -Peut-être avons nous pris
l'habitude de manifester dans notre conscience immédiate des graines de
colère, de tristesse et de peur, et de rarement laisser germer les graines
de joie, de bonheur et de paix. Pratiquer un état de conscience signifie
savoir reconnaître les graines à mesure qu'elles surgissent et savoir
arroser aussi souvent que possible les graines les plus saines afin de les aider
à pousser. Chaque fois que nous sommes conscient de la paix et de la beauté
d'une chose, nous arrosons nos graines de paix et de beauté, et de belles
fleurs éclosent dans notre conscience. La force de nos graines dépend
du temps que nous passons à les arroser. Pendant ce temps, les graines
de la peur et de la colère n'auront pas été arrosées.
Telle doit être notre pratique quotidienne. -Si nous touchons ce qui
nous apporte la paix et la guérison, nous aidons notre conscience enfouie
à faire le travail de transformation et nous pouvons nous laisser guérir
par les arbres, les oiseaux et la beauté des enfants. Sinon, nous ne ferons
que revivre notre souffrance. -Nous sommes nombreux à avoir sans cesse
le besoin de faire quelque chose : écouter de la musique, regarder la télévision,
lire un livre, un magazine, téléphoner... En voulant nous occuper
à tout prix, nous essayons d'éviter de nous retrouver face à
nos problèmes et à nos angoisses. En voulant les ignorer ou les
supprimer, on leur confère plus de force. -Quand la souffrance est
au sous-sol, vous pouvez cultivez vos graines de joie et de guérison. Et
quand la souffrance viendra à monter au salon, vous pourrez éteindre
la télévision, fermer votre livre, ouvrir la porte et l'inviter
à entrer. Vous pourrez lui sourire et l'entourer de votre pleine conscience,
chaleureuse attention et compréhension aimante. Dites-lui : "Peur,
ma vieille amie, je te reconnais." -Quand la pleine conscience touche
la beauté, elle en révèle la splendeur. Quand elle touche
la douleur, elle la transforme et la guérit. -En étant conscient,
en inspirant et en expirant calmement, nous pouvons observer en profondeur les
différentes souffrances que nous avons en nous. Là, nous commençons
à nous comprendre et à comprendre nos ancêtres, notre culture
et notre société. -L'un est tout et le tout est un. Prendre soin
de votre enfant, c'est prendre soin de toute chose qui est. La lune est en moi.
Mon aimée est en moi. Ceux qui me font souffrir sont aussi en moi. Nous
sommes toutes choses, il n'y a pas de séparation. Tout ce que nous faisons
pour nous-mêmes nous le faisons pour les autres et vice versa. Quand nous
pratiquons la paix et quand nous pouvons sourire, notre paix peut influencer l'univers
entier. Tout ce que nous pensons, sentons et faisons a un effet sur nos ancêtres,
sur les générations futures et se reflète partout dans l'univers.
C'est pourquoi nos sourires aident tout le monde. -Notre corps et notre esprit
ont leurs racines dans la société, dans la nature et dans ceux que
nous aimons. Nous sommes un élément de continuité par rapport
à nos ancêtres, et aussi une voie de passage pour les générations
à venir. -Rien ne peut naître de rien. Une fleur est née
du sol, des minéraux, des graines, du soleil, de la pluie. La vie est une
continuation. Même le jour où notre mère vient à mourir
est un jour de continuation, car elle continue à être là sous
bien des formes. Son corps n'est qu'une petite partie de sont être véritable. -Marcher,
faire un pas en touchant la terre avec conscience, liberté et bonheur,
c'est faire un pas pour toutes les générations passées et
à venir. Nous arrivons et trouvons la paix ensemble, au même moment.
-Le plus beau cadeau que mes parents puissent m'offrir, c'est d'être
eux-mêmes heureux. C'est parce qu'il était malheureux qu'un parent
a pu vous faire beaucoup souffrir. -Nous semblons penser que le bonheur n'est
possible que dans l'avenir. Nous savons pourtant que notre destination finale
est le cimetière. Pourquoi sommes-nous si pressée d'y arriver ?
Pourquoi ne pas plutôt marcher vers la vie, dans l'instant présent
? Le fait de prendre conscience que nous sommes déjà arrivés,
que nous sommes déjà là, que nous n'avons pas besoin d'aller
plus loin, peut nous apporter la paix et la joie. Toutes les conditions nécessaires
à notre bonheur sont déjà réunies. Il suffit de nous
autoriser à être dans l'instant présent pour pouvoir les toucher.
-Nous avons tant de raisons d'être heureux. La Terre est pleine d'amour
et de patience pour nous. La Terre est notre refuge et nous n'avons à avoir
peur de rien, pas même de mourir. Lorsque nous marchons avec pleine conscience
sur la Terre, nous sommes nourris par les arbres, les buissons, les fleurs et
le soleil. Nous retrouvons alors la paix, la joie et la guérison. Nous
sommes les enfants de la Terre. -Accordons-nous le temps de marcher. N'essayons
pas d'aller quelque part : nos pas nous font simplement arriver là où
nous sommes. Chaque pas est paix. -Quand nous nous sentons irrités,
en colère, malheureux ou que nous manquons de confiance en nous, nous pouvons
marcher en touchant la terre de nos pieds, profondément, le doute ou le
malheur nous quitteront alors en moins d'une heure. -Quand
un conflit surgit, si nous nous sentons assez calme pour en parler dans l'amour
et la non-violence, nous pouvons le faire tout de suite. Sinon il est préférable
de ne pas parler, de respirer et d'aller marcher en regardant la nature. Une fois
calmé, nous pouvons alors parler vraiment. -Lorsqu'une personne ou
notre partenaire nous irrite, un noeud se forme en nous. La manque de compréhension
est à la base de tous nos noeuds intérieurs. En pratiquant la respiration
consciente, nous pouvons apprendre à reconnaître le noeud dès
qu'il se forme et à trouver les moyens pour le défaire. Nous devons
accorder toute notre attention à ces formations internes dès l'instant
où elles apparaissent : si nous ne dénouons pas rapidement ces noeuds,
ils grandissent, se renforcent et nous avons de plus en plus de difficultés
à nous en défaire. Comme notre mental a du mal a accepter ses sentiments
négatifs, il s'arrange pour les enterrer dans des parties éloignées
de notre conscience. Mais, tôt ou tard, ils remonteront à la surface
sous formes d'images, d'émotions, de sentiments, de pensées ou d'actions.
Nous devons nous en occuper et essayer de les amener à la conscience. S'arrêter
pour les observer profondément peut nous aider à les reconnaître,
les comprendre et refaire la paix avec nous-mêmes. -Tout comme nous,
l'autre porte aussi en lui des fleurs et des difficultés. Nous avons à
l'accepter. Évitons les reproches et les disputes. Notre rôle est
d'arroser sa florescence. Aidons les autres à renforcir leur estime de
soi par des commentaires positifs sur ce qu'ils font de bien. Si nous prenons
bien soin de notre partenaire, il a une chance de s'épanoir, sinon il se
fanera. -Regardons profondément pour voir la vraie nature des choses,
de soi et de l'autre. En voyant la vraie nature de l'autre, nous découvrons
aussi toutes ses difficultés, ses aspirations, ses forces, ses souffrances
et ses peurs. -Si les choses deviennent trop difficiles, plutôt que d'envisager
divorcer, faites l'effort de préserver votre mariage et de revenir à
votre partenaire dans une plus grande harmonie et une meilleure compréhension.
Beaucoup de personnes ont divorcés 3 ou 4 fois et continuent de faire les
mêmes erreurs. Si vous pouvez prendre le temps d'ouvrir la porte de la communication,
la porte de votre coeur, et partager vos souffrances et vos rêves avec l'autre,
vous aurez fait quelque chose pour vous-mêmes, pour vos enfants et la société. -Il
est très important de savoir écouter avec compassion. Écouter
avec compassion, c'est écouter avec toute notre attention, avec la volonté
de soulager l'autre de sa souffrance, sans le juger ni chercher la dispute. Pour
bien aimer, il faut comprendre. Et comprendre signifie voir dans la profondeur
de l'autre, voir sa noirceur, sa douleur, sa souffrance. Si vous ne voyez pas
cela, plus vous en ferez pour l'autre, plus il souffrira. Créer le bonheur
est un art. -Nous devons être là pour ceux
qui ont besoin de nous et pour leur faire savoir que nous partageons leur souffrance
et que nous aussi nous souffrons. Quand une personne se sent comprise, sa souffrance
diminue. Ne l'oubliez jamais. -Quand vous tombez amoureux et que vous vous
sentez attaché à l'autre, ce n'est pas encore réellement
de l'amour. L'amour vrai est fait de compréhension aimante et de compassion.
Il est inconditionnel.
La
patience Rainer-Maria Rilke “Lettres à un jeune poète”
“ Tout
progrès doit venir de la partie intime de l'être et ne peut être ni forcé ni pressé
par quoi que ce soit. Tout est gestation et mise au jour. Permettre à chaque impression,
à chaque sentiment naissant de parvenir à son achèvement, à son plein développement,dans
l'obscurité, l'inexprimable, l'inconscient, hors d'atteinte de sa propre intelligence,
et attendre avec patience et une profonde humilité le moment où naîtra une clarté
nouvelle : c'est de cela seulement qu'est faite la vie d'un artiste : la compréhension
et la création. Ici la mesure du temps n'existe pas, une année est peu de chose,
dix ans ne sont rien. Etre un artiste signifie ne pas calculer ni compter, mais
laisser mûrir, comme un arbre qui ne force pas sa sève et traverse confiant les
bourrasques du printemps sans craindre que l'été ne soit au rendez-vous. Il sera
là. Mais il n'arrive que pour celui qui sait attendre, comme s'il avait toute
l'éternité devant lui, immuablement serein et vacant : la patience est tout.”
OKINAWA
Un programme global pour mieux vivre
(Dr. Jean-Paul Curtay) -
Les hot spots de la longivité: Chaque fois, on retrouve des
modes de vie qui sont rudes. Le travail est physique. Il se déroule presque
toujours en extérieur, aux champs du matin au soir, au jardin familial
ou dans la montagne avec les troupeaux. Les repas sont frugaux. Les vieux sont
respectés et jouissent d'un grand prestige social. La solidarité
entre les hommes existe. -
Le fait de garder une activité qui permette à la fois de faire bouger
le corps, de maintenir sa tête occupée, d'être utile, d'entretenir
des relations avec les autres et de contribuer à son autonomie financière
est un point récurrent du profil des centenaires d'Okinawa.
|