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Textes
d'auteurs (2010)
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Vivre
ses émotions (2)
3e
Millénaire, Été 2010, No 96
NB: De courts extraits d'articles de la revue,
parfois légèrement adaptés. |
Alors que les pratiques progressives de développement
personnel s'inscrivent dans la durée, à l'instar d'une
analyse, les enseignements spirituels de la voie directe ou non-duelle
indiquent une possible mutation de l'esprit, une libération de
l'ego... hors de tout processus temporel.
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La
souffrance, le plaisir et la joie
Reynold Welvaert
(Revue Être libre, Numéro 285, oct.-Déc.
1980) |
- Le plaisir
et la souffrance se succèdent dans l'existence. Rien n'est plus
impressionnant que la souffrance causée par la perte d'une personne
à laquelle on est attaché. Rien n'est plus conditionnant
que les images d'un bonheur ou d'un idéal que l'on s'est construit.
Rien ne nous attache plus que le plaisir et rien ne fait plus souffrir
que la privation d'un plaisir.
Nous demeurons toujours très attachés aux souvenirs
agréables et nous écartons de nous les souvenirs désagréables.
Ce choix nous le faisons continuellement consciemment ou inconsciemment.
Comme les plaisirs ne sont que passagers, les souffrances leur succèdent,
et la souffrance est toujours là où il y a attachement.
La joie spirituelle surgit d'une façon inattendue,
mais c'est nous qui, dans notre désir de perpétuer, essayons
de transformer ce qui est en dehors du temps en sujet d'expérience.
La joie arrive sans cause, mais c'est nous qui, dans notre désir
de posséder, essayons de transformer ce qui est sans forme en image.
Ainsi, cette joie se transforme en plaisir par notre désir de renouveler
ce qui n'est pas expérimentable. Elle se transforme en souffrance
si notre désir de renouveler ne trouve pas sa satisfaction.
La joie véritable surgit de l'inconnu dans un esprit
non encombré d'images et plein de sensibilité. Mais cette
joie ne peut pas faire l'objet d'une recherche, car elle est en dehors
des constructions de la pensée et sa source demeure inconnue et
inconditionnée.
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L'énergie
du changement
Virgil
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- Regarde,
si tu as une dispute avec une personne, si tu te laisses emporter et que
tu te défends, tu ne peux pas voir, c'est impossible, tu vas te
disputer et ça va continuer... une heure ou trois, ou une semaine,
mais la dispute va reprendre. Quand tu te disputes, c'est avec toi-même
que tu te disputes, pas avec l'autre, et la souffrance humaine vient de
cela. Mais s'il y a dispute avec elle et que tu vois que le problème
vient de toi, de ton monde à toi qui se défend, et que tu
vois cela pendant tout le temps de la dispute, que tu regardes ça,
que tu vois que la dispute vient de toi et non d'elle, il va se créer
quelque chose qui va changer.
- Lorsque tu as une discussion avec ton fils qui exprime des choses qui
ne te plaisent pas, tu te retrouves dans la tristesse et à ce moment
là, tu es comme lui... Quand tu souffres, tu es au même niveau
que lui. Tu crois que tu vois sa souffrance, mais tu vois la tienne, et
tu ne le sais pas... Quand tu crois voir ses problèmes, ce sont
les tiens que tu vois, c'est ta souffrance que tu vois, pas la sienne.
- Est-ce que tu sais vraiment ce qui doit changer chez les autres ?
Comment devrait être ma fille ?... Je ne le sais pas... Lorsque
je lui demande : « tu veux en parler »
Elle me répond que non... Je ne pourrais lui donner des conseils
que si elle le voulait...
- Pour sortir de ta souffrance, il faut en sortir toi-même... tu
veux que ton fils aille bien, et tu doutes que la souffrance que tu ressens,
c'est la tienne, pas la sienne... Regarde...
- ...ta tête fonctionne comme la société te l'a dicté,
en t'occupant des autres. Tu penses que l'autre doit être comme
tu le veux. Mais tu ne trouveras jamais de sécurité ou de
décision, et pourtant tu en chercheras toujours une. Et c'est ta
tête qui cherche ça... tout ce dont vous parlez, tout ce
que vous faites, sont des barrières, et il y en a beaucoup.
- Nos pensées, comment les arrêter ? Engagez-vous vous-même !
Vous allez voir comment vous allez changer. Mais quand tu me dis que tu
veux régler un problème avec ton fils... c'est avec toi
que tu veux régler quelque chose. Tu crois qu'en lui parlant tu
vas réussir à régler son problème... Mais
si tu voyais qu'il n'y a rien à réussir, tu verrais plus
clair pour t'approcher de lui.
Si tu perdais tes habitudes, ce serait la mort ; tu ne
mourrais pas, mais tu te sentirais mourir. Avant, je ne savais pas que
ça pouvait exister, puis l'explosion s'est produite. Perdre la
vie des habitudes, c'est seulement perdre la vie psychologique, non la
vie physique ; c'est seulement perdre la vie conditionnée,
hypnotisée, suggérée. Le cerveau a une structure
et lorsque tu la perds, c'est comme si tu perdais la vie parce que tu
ne connais rien d'autre. Le corps et le cerveau ne vivent que par ça,
mais si cela disparaissait tu serais créateur et tu verrais ce
qu'est la matière comparée à la vie. Mais ne vous
découragez pas, c'est l'ego qui se décourage. Ne vous découragez
pas parce que ce n'est pas sur le vouloir, sur le devoir, sur le "il
doit", le "il faut"... Pourquoi y a-t-il des problèmes
dans les couples, c'est parce que tout le monde vit sur le "il doit".
- Pas d'espoir, parce que pour qu'il y ait de l'espoir, il me faut mémoriser
une vie du futur.
- Il n'y a pas d'émotion comme tu l'imagines ; tu aimes la
vie et tu le sens. C'est une énergie, ça vibre, et tout
ça c'est la vie. Quand les gens viennent ici et se plaignent, je
leur dis : « regardez
cette plante, elle ne se plaint pas ». Mais tout le monde se
plaint ! L'énergie, les gens la captent mal. Si nous avons
un cerveau, c'est que la nature nous l'a donné pour nous développer
et créer ; c'est la transformation de la matière pour
le bien de l'humanité.
- Quand le cerveau a changé, la curiosité, la critique ou
le jugement n'existent plus. Faites-le et vous allez changer...
- ...on est dans la comparaison. On voudrait que quelqu'un vienne expliquer
la spiritualité par des comparaisons... ça n'existe pas.
La plupart des gens souffrent de leur passé avec nostalgie ou de
la renommée qu'ils ont eu. Et ils se disent : « j'y
arriverai, je le deviendrai...», mais où ? Tu y es déjà,
arrête de t'en faire !
- Quand tu veux changer, tu te bases sur les autres.
Quand tu m'entends parler, il y a une énergie qui entre en toi
sans même que tu ne le saches. Mais c'est toi que va réveiller
ton énergie, pas moi. Et là ça marchera ! Ça
marche seulement si tu t'engages.
- L'énergie peut agir sur le corps... mais sans être guidée,
sans croyance ou connaissance. La spiritualité tu ne l'apprends
pas, tu la vis. Et tout est possible ; tout !
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L'interdépendance
des émotions et de l'image de soi
Ligia Dantes
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- Comme
les nuages, les émotions sont éphémères dans
la forme, l'intensité et la qualité. Une observation neutre
de leur vraie nature va amener une action fondée sur la sagesse
naturelle plutôt que sur une réaction. L'observation neutre
est libre de tout jugement sur soi-même ou sur autrui. L'observation
neutre est globale, observant pareillement toute chose et tout le monde
dans le moment même de la vie. Cela renforce notre capacité
à discerner correctement et à juger sainement le choix de
nos actions dans toutes nos relations.
- L'observation neutre n'est pas une technique mais un processus naturel.
L'observation neutre dissout tout ce qui n'est pas réel, de façon
naturelle. Ce processus naturel repose sur la capacité inhérente
des êtres humains à observer de façon neutre, sans
jugement, sans calcul. Ce processus se découvre par une prise de
conscience lucide de la façon dont nos jugements appris entravent
le processus naturel de la neutralité.
- Lorsque nous prêtons attention aux pensées de jugement,
qui sont récurrentes, aux sentiments et aux émotions qui
les accompagnent, nous comprenons le fonctionnement humain avec plus de
profondeur. Grâce à cette attention, l'intérêt
à découvrir la cause de nos souffrances peut se renforcer.
Cette curiosité est naturelle...
Si nous nous regardons avec la même curiosité
neutre que celle des chercheurs en cosmologie scrutant le ciel, nous sommes
déjà en terrain neutre. Afin de nous voir nous-mêmes
de la même façon dont nous voyons la lune ou un coucher de
soleil, avec le même étonnement et le même respect
pour notre mode de fonctionnement, nous commençons à élargir
notre conscience et gagnons en sérénité. L'observation
neutre est un processus de découverte : celle de notre interdépendance,
de notre fonctionnement humain en tant que mécanisme Cosmopsychophysique.
Dans cette vision élargie de notre existence, nous pouvons nous
expérimenter nous-mêmes comme des atomes agrégés
en molécules qui se combinent à partir d'éléments
cosmiques (carbone, oxygène, etc.), pour finalement donner des
formes particulières que nous appelons Homo Sapiens. Ce processus
reste mystérieux... Une fois dissipées toutes les opinions
apprises par notre conditionnement social et culturel, l'énergie
psychique est libérée pour cette expérience globale
de l'unité.
- Le recours à la force pour se changer soi-même n'est pas
nécessaire (comme dans les approches basées sur une discipline,
des méditations rigoureuse, etc). En effet, les changements vont
se produire naturellement sur le vif de la vraie observation neutre. Il
n'est pas nécessaire de "s'améliorer"...
- Ne pas réduire l'observation neutre à une nouvelle technique,
une béquille sur laquelle vous vous appuyez pour un plus grand
confort.
- Chaque enfant est conditionné à des paradigmes de pensée
et d'émotion venant notamment de sa famille, et de sa culture...
La manière la plus forte de conditionner un enfant se fait par
le biais du jugement et de l'évaluation. L'image de soi commence
à se former très tôt en tant que personnalité.
Par personnalité, je veux dire une manière de se comporter,
évaluée par les parents, les enseignants... les expériences
de vie s'accumulent, les sentiments et les émotions associés
à l'image de soi continuent à s'emmagasiner en mémoire.
- Puisque l'image de notre "moi" est accompagnée de toutes
les émotions accumulées pendant la vie, des jugements et
des appréciations, la plupart des gens éprouvent ces sentiments
comme une réalité, sans les investiguer. Quand les sentiments
sont inconfortables, inacceptables, les souffrances de la personne sont
aggravées par de la récrimination contre soi-même.
À l'opposé, quand ils sont agréables, il semble n'y
avoir aucune raison à une investigation sur soi-même puisque
tout va bien.
L'observation neutre des émotions requiert l'absence
d'une quelconque préférence pour une émotion ou une
autre. Cela nous permet de mieux comprendre que nos émotions et
nos sentiments, liés à notre image de nous-mêmes,
sont inhérents au fonctionnement de l'homme.
- Rationaliser, expliquer, se mettre en colère et accuser les autres
sont les moyens psychologiques habituels de défense de notre image
de nous-mêmes.
Nous pouvons dire que l'observation neutre est une sorte de
processus de "désensibilisation". Plus nous observons
nos émotions réactives associées à notre image,
éprouvant totalement ces émotions, les sensations et les
pensées exactement comme elles sont, sans rien faire pour les arrêter
ou les éviter, plus nous commençons à avoir une conscience
claire. Nous devenons d'abord conscients de l'aspect automatique des réactions
trouvant leur origine dans les souvenirs inconscients, ensuite des attachements
qui sont source de souffrance, et enfin de l'effet qu'ils ont sur notre
globalité psychologique. Si nous pratiquons l'observation, au lieu
de nous confiner dans l'orgueil, la vengeance, l'auto-défense,
ou encore l'évitement, nous commençons à nous désensibiliser.
Nous allons de plus découvrir le caractère illusoire, éphémère,
et chimérique de l'image de soi.
Ce processus de désensibilisation ne met pas fin à
nos émotions. Il permet la dissolution des émotions inutiles
qui provoquent de l'attente, de l'espoir, et de la souffrance psycho-physique.
Suivre ce chemin amène les émotions naturelles nécessaires
pour vivre en paix sur la planète à fructifier, nous aidant
ainsi à prendre les décisions avisées, fondées
sur l'amour et la compassion. Cela, c'est vivre de façon responsable.
- Être spectateur des obstacles naturels à notre vie spirituelle
grâce à l'observation neutre nous amènera à
une expansion de conscience.
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Qui
suis-je sans la pensée ?
Byron Katie
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- Le seul "Travail"
intérieur que je connaisse est l'investigation de soi. Le Travail
est une façon d'identifier et de questionner les pensées
que vous-même, vous pensez, les pensées qui sont la cause
de toute la souffrance du monde. Le monde n'est jamais la cause de notre
stress et de notre souffrance ; ce sont nos pensées
au sujet du monde. Nous surimposons nos
pensées stressantes sur la réalité, puis nous imaginons
de façon erronée que notre stress provient d'en dehors
de nous-mêmes. Lorsque je me suis éveillée à
la réalité en 1986, j'au vu très clairement que
je souffrais lorsque je croyais à mes pensées stressantes,
mais je lorsque je les mettais en question, je ne souffrais pas. La
vie est aussi simple que cela.
Lorsque le mental est calme, il n'y a pas de problème.
Les conflits n'ont plus prise sur vous. Devenir totalement tranquille
signifie que rien de ce qui arrive ne peut le perturber.
- Vous dites : « le comportement de certains élèves
m'est souvent insupportable ». Il serait peut-être
utile de questionner cela. En fait, leur comportement ne vous est pas
insupportable... parce que vous le supportez... Comment réagissez-vous,
que sentez-vous lorsque vous croyez que leur comportement est insupportable ?
Où est-ce que ça vous affecte dans votre corps ?
Qui seriez-vous sans cette croyance ? ...
Voici une autre pensée stressante que vous pourriez
investiguer en profondeur : « Les enfants ne devraient
pas être agressifs, ou agités, ou grossiers, les uns envers
les autres. »
Est-ce vrai ? Oui.
Puis-je absolument savoir qu'il est vrai que les enfants
ne doivent pas être agressifs les uns envers les autres ?
Non, je ne peux absolument pas le savoir.
Comment est-ce que je réagis lorsque je crois à
cette pensée ? Je me fâche. Je suis déçue
et frustrée. Je pense : « Je ne peux supporter
pas ça ! » Et je commence à devenir folle.
Je pense que c'est quelque part ma faute, que si j'étais une
meilleure enseignante, ils n'agiraient pas comme ça. Je me sens
comme un échec. J'essaie désespérément de
trouver des solutions et de les empêcher d'être agressifs.
Ou bien j'essaie de comprendre pourquoi ils sont agressifs, et je me
sens encore plus désespérée quand je ne comprends
pas. Je perds patience avec les enfants. Je parle plus fort. J'ai parfois
même envie de les giffler, et puis j'ai honte de moi-même.
Qui serais-je sans cette pensée ?
Je me sentirais plus détendue. Je pourrais voir que
leur agressivité n'a rien à voir avec moi. Je serais plus
calme, moins frustrée avec eux. Je n'attendrais rien de leur
part. Je pourrais être plus efficace en tant qu'enseignante. Je
pourrais être un meilleur exemple pour eux de quelqu'un en paix
et dénué d'agressivité. Je saurais mieux comment
faire face à la situation si je n'étais pas autant en
colère et inquiète.
La tristesse, c'est être en guerre avec ce qui est.
C'est une révolte.
Retournez votre pensée d'origine et trouvez des exemples
qui montrent que ce renversement est vrai.
- Prenez le Travail comme un petit déjeuner, et ayez une vie
heureuse. Il est à coup sûr possible d'être détendu
chaque jour, à chaque instant. Tout ce qu'il faut, c'est une
volonté d'investiguer vos pensées stressantes.
- Vous pouvez être absolument certain que tout sentiment de tristesse
que vous ressentez provient de pensées non investiguées.
La tristesse est toujours le signe que vous croyez à une pensée
stressante, qui n'est pas vraie pour vous. C'est une contraction, et
une gène... la tristesse n'a rien de rationnel, ce n'est pas
une réponse naturelle, et elle ne pourra jamais vous aider. Elle
indique simplement la perte de la réalité, la perte de
la conscience de l'amour. La tristess, c'est être en guerre avec
ce qui est. C'est une révolte... Quand l'esprit est clair, il
n'y a pas de tristesse. Il ne peut pas y en avoir.
- La puissance du travail n'est pas dans les questions, mais dans vos
réponses. Si vous répondez intellectuellement, plutôt
qu'avec le coeur, ou si vous répondez trop rapidement sans aller
à l'intérieur de vous-même en attendant que la réponse
apparaisse à votre conscience par elle-même, alors vous
ne faites pas le Travail. Et à chaque fois que vos réponses
justifient ou défendent quelque chose, alors le Travail cesse
de fonctionner.
D'après mon expérience, remplir tous les jours
une feuille de Travail vous permet de rester centré et honnête...
faire de l'investigation un mode de vie.
Ce que je veux dire, c'est que dans mon expérience,
une volonté sincère d'investiguer nos pensées stressantes
aboutit toujours à la fraîcheur et à l'émotion
de la découverte de ce que nous sommes.
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Acceptez
ce cadeau !
Éric Baret
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- Quand
vous vous êtes emporté... Quelles sont les traces dans le
corps ? Vous sentez ces traces dans la gorge, la poitrine, le ventre,
etc. Il faut partir de là. Laissez vivre tactilement ce relent
de colère, ou de la peur... La compréhension ne sert à
rien. Ressentir... Une fenêtre s'ouvre. Vivre tactilement cette
expérience sensorielle...
- On ne peut pas être rien. On peut
seulement se rendre compte de son arrogance, et c'est ce que l'on appellle
humilité... On ne peut pas devenir un sage, ou devenir humble.
Il s'agit d'un non-état, qui n'est pas lié à un "je".
La sagesse existe, mais pas le sage... On ne peut pas lâcher prise
ou être spontané volontairement. Être rien, c'est l'absence
de vouloir. Ce ne peut pas être un objectif. C'est là naturellement
tous les soirs dans le sommeil... vous laissez votre femme, votre chien,
vos convictions, tout ce qui vous est cher. Vous vous donnez naturellement
au fait de n'être rien, à cette humilité... Ça
se fait aussi entre chaque pensée, chaque perception. C'est une
non-activité.
- Plus la douleur de l'enfant vous affecte et moins vous pouvez l'aider.
Si vous pouvez regarder sa douleur, alors vous pourrez déceler
de petits espaces où une possibilité de réactivité
existe encore, une possibilité de joie. L'enfant n'est pas battu
tout le temps ! Il y a donc des espaces de joie, et c'est à
vous de le trouver. Il faut pour cela être totalement froid affectivement.
L'enfant n'a pas besoin qu'une personne soit touchée par lui, même
si c'est sympathique, car il est suffisamment touché lui-même.
Il a besoin de quelqu'un qui le regarde joyeusement. C'est de joie dont
il a besoin, pas de souffrance... Il n'y a pas de truc ou de technique,
vous ne savez pas comment vous allez réagir. Mais écoutez
avec joie. Cette écoute va aider l'enfant jusqu'à un certain
point. Un enfant n'a pas encore la maturité pour clarifier sa situation...
Le rôle d'un thérapeute n'est pas de créer des patiens
libres, mais de voir jusqu'où peut aller le patient, et de respecter
sa limite... Pour un médecin, si un patient meurt, ce n'est pas
un échec... vous faites ce qui est possible... Vous devez être
sans espoir, sans attente... Toujours vivre comme si c'était la
dernière fois que vous le voyez. N'attendez pas qu'il aille mieux.
Donnez-vous totalement, émotionnellement, au moment. Que veut dire
émotionnellement ici ? Vous sentez la tristesse de l'enfant,
vous n'êtes pas triste.
La seule technique c'est aimer. Aimer veut dire ne rien demander.
Sur le plan psychologique, si vous voulez changer l'enfant en quoi que
ce soit, vous créez une problématique... Écoutez
et cette écoute va faire que l'enfant, par mimétisme, va
peut-être s'écouter un jour... En s'écoutant, l'enfant
va se rendre compte qu'il peut ne pas susciter la violence... La semaine
suivante, vous repartez à zéro, car il n'y a pas de continuité...
présent avec lui dans l'instant.
- L'opinion d'un thérapeute n'a jamais aucune importance. Ce qui
importe est votre opinion, ce que vous sentez, même si cela n'est
pas justifié... Vous n'avez pas d'autres possibilités que
de faire ce qui s'impose à vous. Vous n'avez rien décidé,
cela s'est fait naturellement.
Si vous vous habituez à vivre avec ce que vous ressentez,
très vite les mots «juste» ou «pas juste»
vont s'effacer. Ils seront remplacés par un espace de non-savoir.
Pourquoi devrait-on avoir une opinion sur soi-même et sur les autres
? Pourquoi dois-je toujours savoir si c'est bien ou mal ? Cette maladie
de juger est tellement ancrée en moi. Est-ce bien de coucher avec
ma voisine, ou mal ? Il n'y a rien à penser... je n'ai pas
besoin de savoir... Je fais ce qui s'impose. Une opinion.. c'est une perte
d'énergie. La vie est perception, elle est sensation, audition,
écoute. Pourquoi tout ce temps à penser sur nos actes ?
Il n'y a pas d'acteur, et vous n'avez pas agi.
- La vie est action, mais personne n'agit. Vous n'êtes pas séparés
du cosmos. Pour agir, il faudrait pouvoir arrêter la marche du cosmos,
et dans cet espace de liberté faire ceci ou cela ! C'est imaginaire.
Il n'y a rien entre vos mains pour agir comme ceci ou cela... Il n'y a
rien à regretter, à s'excuser, à pardonner... Le
temps ne s'excuse pas quand il pleut.. Si je bouscule quelqu'un, c'est
que je ne peux faire autrement. Assumer ses actions devient réellement
possible quand on réalise qu'elles ne sont pas les nôtres.
C'est la vie qui s'exprime de cette façon.
Le passage à l'acte est impossible car, si tout est
acte, il n'y a pas d'acteur. Il n'y a pas d'acte personnel, donc pas de
culpabilité, pas de justification, pas d'excuse. Votre fonctionnement
s'est exprimé de cette façon, à cet instant. C'est
fini.
Des gens vous aiment, et d'autres vous détestent. Ils
ont tous raison de leur point de vue. Laissez-les faire... À chaque
instant, une nouvelle personne ou une nouvelle vie est devant vous.
- Un émotion apparaît et disparaît. L'instant d'après,
une autre émotion prend sa place. C'est la vie. Tout est émotion.
Vous allez voir que lorsque vous laissez vraiment vivre l'émotion,
sans la refuser, sans la nourrir, l'émotion vous ramène
vers la tranquillité.
- Se sentir agressé est le début de la tranquillité.
Vous réalisez à quel point tout vous agresse. Lorsque vous
vous rendez compte de cela avec affection, amour, parce que c'est la vie,
alors la tranquillité commence à s'installer en vous.
Être agressé est un cadeau qui ne se négocie
pas. Mettez l'accent sur le ressenti de l'agression et non sur ce qui
vous agresse. Vous laissez vivre cette émotion sensorielle, sans
commentaire, et vous voyez ce qui se passe à ce moment-là.
Ce qui vous agresse, ce sont vos préjugés, mais rien n'est
vraiment agressif, sauf lorsque j'ai l'idée que les choses doivent
être différentes. Je sais mieux que la vie ce qui doit être,
et c'est pour cela que je me sens agressé. Or, ce qui compte est
la réalité. Alors, je ne pense plus, mais je fais face à
ce qui est là, dans ma limite... C'est là que la transformation
est possible, que la tranquillité va commencer à vivre en
vous autrement que conceptuellement.
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«L'impossible
question»
selon la vision pénétrante de J. Krisnamurti
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- « Si
vous dites : "C'est impossible", vous bous êtes d'avance
barré le chemin. » Delacahux et Niestlé
- Pour la plupart d'entre nous, la peur est
une compagne constante ; que l'on en soit conscient ou non, elle
est là, dissimulée dans quelque sombre recoin de l'esprit ;
et nous demandons s'il est possible pour l'esprit d'être entièrement
libéré de ce fardeau.
- Le désir est une autre raison de la peur. Nous devons observer
la nature et la structure du désir et pourquoi le désir
a pris une telle importance dans nos vies. Le désir va inévitablement
de pair avec le conflit, la compétition et la lutte. Le désir
est une force extraordinaire dans notre vie. On le supprime, on le fuit,
on échange les activités du désir, on le rationalise...
Observons les mouvements du désir. Nous ne disons pas qu'il faut
le supprimer, le fuir ou le sublimer...
- Je m'aperçois, par exemple, que je suis cupide, mais ça
ne change rien. La cupidité est un sentiment et j'ai regardé
ce sentiment nommé cupidité. Le mot n'est pas la chose...
Peut-être vais-je me faire piéger par les mots et éluder
le fait... Le mot a-t-il pris une telle importance que le fait n'est plus
pour moi une réalité effective ? .. Le moi dit :
"il ne faut pas être cupide". Le passé est en train
de dire au présent ce qu'il devrait faire.
Peut-on procéder à l'observation de la cupidité
dans nommer celle-ci, sans le passé, sans être piégé
par le mot ? Puis-je observer la cupidité, la sensation, puis
sa satisfaction et son action, sans l'observateur qui est le passé ?
Peut-on observer sans l'observateur qui conditionne ce qu'il voit ?
L'observation doit être libre, sans direction, sans
motif, pour pouvoir comprendre le mouvement du désir. Le désir
provient de la sensation. La sensation, c'est le contact, la vision. Alors,
la pensée crée une image à partir de cette sensation ;
ce mouvement de la pensée est l'origine du désir.
Comprenons-nous lucidement ce qu'est « une image »
? Ce que c'est que de voir à travers des images... L'émotion
n'est pas une image, mais je la ressens, je la perçois, je l'observe,
identifié au processus de projection conditionné qui étiquette
automatiquement telle émotion en positive, telle autre en négative...
Si on était totalement débarrassé de toutes les images,
alors on ne serait plus blessé, ni flatté.
- Découvrir les désirs et les peurs qui nous mènent
d'illusion en illusion est une voie de libération...
Krisnamurti nous invite à apprendre, observer, sentir...
Il nous rappelle qui si l'on s'exerce à la lucidité, si
elle devient une habitude, alors elle devient douloureuse et ennuyeuse.
La lucidité ne peut pas être l'objet d'un entraînement,
elle ne peut pas être contrôlée, on ne peut pas la
transformer en une discipline, et c'est cela sa beauté. Si vous
essayez d'être lucide, cela devient pénible. Ce n'est alors
qu'un processus d'introspection, essayant de devenir quelque chose. Dans
la lucidité il n'y a pas de devenir, mais simplement de l'observation,
une silencieuse observation...
L'introspection mène à la frustration, à
des conflits, car en elle est impliquée un désir de changement,
et un changement n'est qu'une continuité modifiée, tandis
que la lucidité est un état dans lequel il n'y a ni condamnation
ni justification ni identification, donc il y a compréhension ;
et en cet état de lucidité passive et vivace il n'y a ni
l'expérimentateur ni l'objet d'expérience.
- Il y a une distance quand il existe un centre de condamnation, de justification,
le censeur ; distinc du fait, de ce qui est.
- Dès l'instant où vous dites "Je suis en colère",
il y a une distance ; et dès cet instant je cherche à
couvrir cette distance en voulant agir sur le fait. Mais quand je me rends
compte que je suis moi-même la colère, il n'y a plus d'espace
du tout qui me permette de faire quoi que ce soit, il n'y a que le fait.
Et dès cet instant ce qui est, prend une importance immense...
Il n'y a pas de demi-mesure... c'est la compréhension
directe, la lucidité, la vision pénétrante des limites
inhérentes à notre façon introspective d'observer
qui fait le grand saut ; c'est la révolution du silence.
- Nous voulons observer l'émotion comme un quelque chose qu'il
faudrait voir pour s'en libérer. Sur cette base, notre vie intérieure
s'est disloquée en objets perçus et sujet percevant. Nous
ressentons ces objets comme réels et nous souffrons de ne pouvoir
les dissoudre et d'en être le jouet. Au point même de nous
sentir sans énergie, épuisé parles luttes internes
dont nous ignorons le plus souvent l'existence... Pour observer ce qui
est, il faut de l'énergie.. Or, toutes ces fragmentations dont
nous sommes faits sont des divisions de cette énergie. Le moi et
le non-moi, la colère et la non-colère...
- L'esprit peut-il voir ce mouvement dans sa totalité et sans le
centre (l'observateur) qui dit : "Je
le vois." Parce que dès l'instant où il y a un centre,
celui-ci devient un agent de division. Le moi et le non-moi... La pensé
a construit ce "moi" par son désir, son impulsion de
trouver une sécurité, une sauvegarde. Dans cette soif de
sécurité, elle a divisé l'énergie en moi et
non-moi et par cela même elle se plonge dans l'insécurité.
- Vivre sans comparaison nous soulage d'un fardeau très pesant.
Une fois délivré du fardeau de la comparaison, de l'imitation,
du conformisme, de l'adaptation, de la modification, vous vous retrouvez
alors face à ce qui est. Le conflit n'apparaît que lorsqu'on
essaie de faire subir quelque chose à ce qui est - que ce soit
une transformation, une modification, un changement, une censure, voire
une élimination -, soit encore que vous cherchiez à le fuir.
Mais si vous avez la vision pénétrante de ce qui est, alors
le conflit cesse ; vous restez seulement avec ce qui est.
- L'observateur de la peur est la peur... l'observateur de l'émotion
est l'émotion, il n'est pas en dehors de ce processus fragmenté...
c'est le processus lui-même. La peur, l'angoisse, le désir,
l'émotion n'existent que dans la fragmentation de l'énergie
en observateur/observé. C'est un point crucial, car, ici, il ne
s'agit pas pour autant de croire en « une observation sans
observateur », « non fragmentaire »,
« globale », pour en faire un nouveau dogme, et
en idéaliser l'existence. D'ailleurs, l'esprit sérieux d'un
véritable chercheur ne saurait y croire. Puisse son enquête
conduire à cet ultime point d'éclairement !
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Perception
des grands drames du monde
Betty
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- Voyez-vous
le jeu de yoyo que fait votre esprit qui saisit les moments et va les
ranger dans les cases appropriées, cet événement
est « plus / mieux / bien » que celui-ci que est
« plus / mal / laid » etc... plein de qualificatifs,
toute une hiérarchie, toute une palettes de couleurs qui vont du
bien au mal, du beau au laid, du froid au chaud... et qui colorent votre
monde de dualité.
Maintenant, supprimer le petit "je" qui se prend
pour un centre, qui capture tous les moments, qui les colore selon sa
sensibilité et qui crée votre monde, supprimez-le, que reste-t-il ?
Que se passe-t-il si le "je" classificateur, "hierarchiseur",
appréciateur, disparaît ? L'unité apparaît,
les choses "sont" sans la coloration du mental, les moments
sont vécus complets de seconde en seconde, rien à ajouter
rien à enlever.
- Nous sommes la Conscience et non pas une petite conscience individuelle.
- Vous portez sans cesse des jugements dans votre petit aquarium de pensées
et vous vous étonnez de voir le monde en détresse qui n'est
que le reflet de votre intériorité.
Mais la guerre, ce sont les disputes avec votre conjoint,
avec votre collègue de travail, avec votre chat.
Si vous n'en prenez pas l'entière responsabilité,
le monde ne changera pas. Il vous faut changer de l'intérieur pour
que votre perception de l'extérieur change. Vouloir changer l'extérieur
ne peut pas fonctionner sans le basculement de votre conscience.
Vouloir changer le monde, organiser, militer, prier, c'est
se déresponsabiliser face à l'origine même du monde !
Vous voulez changer le monde des autres, vous vous trompez,
vous êtes le monde.
La responsabilité de chacun est de reconnaître
ce qu'il est, comment il fonctionne et de se débrancher de ce système
de pensée.
- Votre vision est masquée par votre système de pensée
et vous ne pouvez pas vivre le moment présent, vous ne pouvez pas
apprécier la fraîcheur du moment, la beauté de ce
qui est, la plénitude de l'unité.
Tout chez vous est analysé, hiérarchisé,
tout est déformé par votre mental. Vous n'avez pas la perception
directe des événements et toutes vos actions réactions
sont conditionnées par rapport à ce que vous pensez être :
beau, laid, pire, pas pire, pas si pire, etc.
Vous ne pouvez pas aborder un événement dans
la fraîcheur de l'instant ; au moment où naît
l'image, vous avez déjà catégorisé la chose ;
au moment où naît la question, vous avez déjà
choisi la réponse, vous ne savez pas écouter.
Tous vos sens sont conditionnés par votre mental dans
le jeu de la dualité, bon mauvais, beau laid, clair sombre, plaisant
insupportable.
Le petit "je" ramène tout à lui, ne
pense qu'à lui face à ce qui "est", colore tout,
interprète tout et de la naît votre vision du monde.
- On ne rêve que de soi.
Dans mon état je ne ressens pas le dynamisme de vouloir
que quelque chose change !
Je n'ai pas la prétention de connaître mieux
que la Vie ce qui est bien pour la personne, que ce soit la mort, la maladie
ou la souffrance.
Je ne sais rien. Je n'ai pas l'élan de savoir !
Je n'ai que la présence et en est ainsi.
Le savoir sépare et prend son origine dans la peur
de plonger directement dans l'expérience.
On ne rêve que de soi. La souffrance que l'on prétend
ressentir appartient à l'ego.
Comprendre, avoir raison ou savoir ce qui est juste, c'est
contribuer à continuer de construire son Je-ego. Dans une vision
claire, la souffrance est une histoire qui dit : je n'écoute
plus la vie, mais mon histoire.
Demander des changements est violent, je ne vois que la beauté
de l'autre.
C'est la beauté de la Vie que je vois, et l'autre voit
que je vois la beauté et la beauté prend toute la place
et libère elle-même du problème.
Je n'ai pas à demander, à constater ou à
évaluer une personne, ni à identifier le problème,
mais juste à me connecter avec cet émerveillement qu'est
la Vie.
Je n'ai pas à créer chez la personne le stress
du changement, ou le besoin de se clarifier, juste le respect de ce qui
est.
Le traumatisme, l'émotion enfouie est respectable et
quand l'espace sera fait, le traumatisme disparaîtra.
Si le besoin de sécurité réapparaît,
alors un autre traumatisme s'installera et ainsi de suite. Nul besoin
de provoquer des attentes, de diriger quoi que ce soit.
L'aide est dans l'intimité de la présence. Peut-être
cela aide-t-il à créer de l'espace ? Je ne sais pas.
Je n'ai pas besoin d'aucune clarté intellectuelle, d'aucun but.
Je n'ai pas besoin d'être apaisé par des broutilles,
des bouffées de paix ou la satisfaction d'avoir aidé.
Vivre d'instant en instant exclut le savoir comme outil de
compréhension.
Vivre d'instant en instant c'est ne pas identifier le bien
et le mal, le malheur et le bonheur ; cela Est !
La Vie est plus intelligente que le petit Je-ego qui veut
vivre, souffrir et surtout prendre des orientations et de grandes décisions.
Si la Vie veut intervenir, elle s'exprimera à travers
moi dans le moment naissant.
Je ne suis plus une personne pensante avec un petit mental
subtil et fourbe, j'ai laissé toute la place à la Vie et
elle ne se trompe pas !
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Et
si nous déposions les armes.
Hélène Naudy
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- Nos
émotions, tout comme notre intellect, nos expériences énergétiques,
nos réactions, notre corps et sa santé, sont des expressions
de ce que nous sommes. Des expressions. Nos idées nous empêchent
de comprendre, de ressentir, de reconnaître ces expressions. Dans
ce monde somme toute assez obscur, nous confondons être sans émotion
et être en paix. Cette idée.. provoque un besoin de faire
taire le volcan qui grouille en nous afin d'être reconnu comme sage,
paisible, plein d'assurance.
- Contrôle ? Maîtrise ? Y aurait-il une différence
entre les deux ? Nous répondrions, aussi rapide que l'éclair :
« bien sûr, sans nul doute, ce sont deux choses très
différentes. » Et nous refusons obstinément de
voir que la maîtrise n'est que du contrôle, car nous voulons
arriver à être un maître... La maîtrise est le
joli mot que nous employons pour nous faire croire que nous sommes davantage
évolué. Nous maîtrisant, nous contrôlant, nous
nous manipulons sans vergogne et manipulons de même nos relations
aux autres.
- L'attitude de supériorité vis-à-vis de nos émotions...
Cette attitude pourra prendra la forme de la sainteté qui deviendra
elle-même de l'intégrisme s'il y a prédominance masculine,
soit du sacrifice s'il y a prédominance féminine.
- Pris par des jugements duels, "bien-mal" .. comment pouvons-nous
prendre conscience des émotions dites négatives qui se manifestent
en nous ? Nous ne le pouvons pas.
- Tant que vous n'avez pas expérimenté par vous-même,
dans le quotidien ce que vous lisez, tant que vous ne le mettez pas à
l'épreuve, ce que vous lisez n'a aucune valeur sinon une valeur
mondaine, intellectuelle, un savoir de plus.
- Si l'émotion est très forte c'est aussi que la douleur
intérieure a atteint un paroxysme, c'est signe que personne ne
nous a écouté, ne nous a reconnu dans notre souffrance.
Et si personne ne nous a écouté, comment pouvons-nous nous-même
nous écouter, avant cela, savons-nous que nous pouvons nous écouter ?
Écouter, respecter, reconnaître ce qui se vit
en nous-même s'apprend, et ceci nécessite le concours d'un
autre.
- Aurions-nous le désir d'apprendre à aimer ces émotions
(émotions, réactions, pulsions, sentiments, sensations,
douleurs...) qui se manifestent en nous ? Ou préférons-nous
nous maîtriser ? Ou emprunterons-nous le chemin de l'irresponsabilité
(c'est toujours la faute des autres si je suis mal) afin de pouvoir être
reconnu comme victime à vie ? Ou emprunterons-nous de méditer
pour calmer l'émotion (synonyme de contrôle) ? Que désirons-nous
vraiment ? Être un étranger pour nous-même, un
ennemi, ou être un ami pour nous-même ? Il n'y a pas
de mieux. Il n'y a que ce que nous voulons, pouvons, désirons,
sommes en mesure de vivre. Préférons-nous rester identifié
à des idées, des jugements, des a priori sur les
émotions ? Est-ce que pour nous, la réflexion est
une prise de tête ?
Voyons , qu'est-ce qui vit en nous-même lorsque nous
sommes pris par ce type de comparaison : « plus je suis
paisible extérieurement, plus je suis sage et mature » ?
Peut-être est-ce l'enfant en nous qui a un grand besoin d'être
reconnu ? Il aimerait avoir la meilleure note, le plus beau trophée.
Pourquoi espère-t-il être le numéro 1 ? Parce
qu'il attend, il espère que ses parents, son père et/ou
sa mère, vont le reconnaître et l'aimer... L'adulte que nous
sommes devenus est identifié à cet enfant que nous avons
été et qui vit toujours en nous, sauf que nous n'avons aucune
conscience que nous nous identifions à cet enfant en nous... L'enfant
que nous étions, si nous le refusons ou le nions passe du conscient
à l'inconscient. Et plus nous nierons ce besoin de reconnaissance
et plus nous serons dans la comparaison, dans un vouloir plus, encore
plus, plus de connaissances, plus évolué, plus sage, plus
"vide", plus confiant, en définitive, plus nous serons
dans l'avoir...
- La colère
est là, la tristesse est là. Elles m'envahissent, me submergent.
Je ne peux pas le nier. Prendrai-je le risque de les voir s'épanouir
et de les vivre, de les reconnaître et ainsi de remettre en question
toutes ces croyances qui m'ont servies de support, de béquilles
pour me tenir debout et survivre pendant toutes ces années ?
Trahir des convictions qui me servent de FOI, enracinés par des
années et des années de lectures, de méditations,
de travail auprès de maîtres divers et variés ?
Mais à qui appartiennent ces jugements ? Jugements
qui se dressent sur la route de ce qui se manifeste, de ce qui est ?
Comment en suis-je arrivé à prendre ces jugements
pour des vérités ? Les surimposer devant ce qui est
vivant et qui se vit, pour nier et cacher ce qui se vit ?
Une vision apocalyptique se déploie devant mes sens apeurés.
Et si ? Et si je remettais en question toutes ces croyances,
tous ces jugements, source de l'image que je dis être moi.
L'angoisse m'envahit... Aurais-je encore la force de contrôler
les émotions qui m'habitent ? Ou se manifesteront-elles, s'extérioriseront-elles,
là, face à moi et aux autres ?
Qu'ai-je à perdre... qui a à perdre ?
Au fond, oui, qui, en nous, a peur de perdre ? Et, qu'avons-nous
peur de perdre comme repères ? ..toutes les idées que
nous avons sont des repères.. les répères sécurisent...
Au fond, désirons-nous être sincère envers
nous-même ?
Refuser nos émotions, les contrôler est une manière
de nous nier. Mais peut-être est-ce trop douloureux de reconnaître
ces émotions qui vivent en nous ? Peut-être est-ce trop
douloureux parce que l'image que nous avons de nous va être détruite..
bousculée par ce que nous allons découvrir : nous qui
nous pensions sûr de nous, nous nous rendons compte que nous avons
besoin d'être soutenu. Nous qui nous pensions au service des autres,
nous découvrons que nous ne sommes que dans l'orgueil...
- Nos émotions, pour la plupart d'entre elles, expriment ce que
nous petit enfant, enfant, adolescent, jeune homme... n'avons pu assimiler
ou comprendre. Toutes expériences douloureuses et qui le restent,
parce que nos parents n'ont pas su nous accompagner... demeurent en nous-mêmes,
tapies dans notre corps. Et malgré le fait qu'elles soient inconscientes,
elles vont régir notre vie de telle sorte que nous réagirons
aux autres et aux événements. Ce ne sera pas nous en
conscience qui agirons mais ces mémoires que régleront notre
vie.
- Le petit
garçon est là... et je ne l'ai pas vu, pas entendu et pourtant
il pleure et crie...
Mais qui va les écouter aujourd'hui. Ils sont toujours
là (l'enfant, l'ado...), réclamant l'écoute et l'amour
dont ils ont tant besoin. Qui ? Qui peut les écouter et les
aimer ? Qui ? Sinon moi.
- Nos émotions sont en lien avec notre vécu passé.
Nous avons un prix à payer à notre passé, à
nos douleurs qui toutes ont pour origine des incompréhensions et
des non-dits, douleurs qui ont toutes pour source le sentiment d'avoir
été abandonné. Ce prix est celui de reconnaître
et d'accueillir ces manques, ces abandons, ces rejets, ces humiliations
que l'enfant que nous avons été a vécu. De les reconnaître,
de les accueillir sans demander à l'enfant de changer, sans lui
demander d'être moins en demande, d'être moins fragile, d'être
plus fort. De les reconnaître et de les accueillir tels qu'ils sont.
De parler à cet enfant, à cet ado... de mettre des mots
sur ce passé afin que l'incompréhension s'éclaire
et devienne discernement.
L'enfant que nous avons été, le foetus, le nourrisson...
ont besoin de nous. C'est, à mon sens, et c'est dans tous les cas
ce que je constate dans mon vécu, dans cette amitié, dans
cet accompagnement à nous-même que nous apprenons à
être bienveillant pour nous-même, et ainsi, que nous pouvons
voir sans trier ce qui s'exprime en nous. Et ce n'est plus d'un témoin
bienveillant théorique dont il est question, mais bien d'un témoin
bienveillant vivant : nous-même.
Je vous invite à cela.
Et... après ce retournement, avons-nous encore des
émotions ? ...s'il n'y a plus d'émotions, c'est que
nous sommes mort intérieurement. Mort ! Oui, sclérosé,
rigide. Hiératique. Figé. S'il n'y a plus d'émotions,
cela signifie que nous sommes identifié à l'idée
que nous devrions ne plus être dans des émotions, après
un accompagnement en profondeur.
La vie est émotions.
Disponible, attentif à ce qui se manifeste, nous n'avons
plus d'idée concernant ce que nous devrions être.
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Transcender
et dissoudre ses peurs par la chamanisme
Pau Degryse
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- Nos
peurs sont la cause de presque tous nos problèmes, de presque toutes
nos tensions et misères, de presque tous nos échecs.
- Nos peurs sont multiples et variées... chacune pouvant se combiner
avec une autre, démultipliant à l'infini la toile d'araignée
dans laquelle notre conscience peut s'engluer.
- Aucune émotion n'est plus inhibitrice de l'affirmation de soi
ni plus destructrice de la confiance en soi. La peur est l'une des
choses qui gâchent le plus d'existences humaines.
- Le cosmos est à tous les niveaux le lieu de combat perpétuel
entre de multiples paires de polarités opposées et complémentaires
qui donnent naissance à la réalité du monde... Chaque
être vivant possède sa chance d'accéder à l'identité
avec cette force en acceptant ce perpétuel combat auquel se livrent
en lui deux entités cosmiques qui constituent ensemble la conscience
totale : la force de permanence qui met le monde en ordre pour conserver
le plus possible les choses telles qu'elles sont .... et la force de changement
et de rupture qui incite en permanence la conscience au renouveau par
le pouvoir immensément créatif mais chaotique qu'elle recèle.
- Toutes les peurs sont rattachées de près ou de loin à
la peur de la mort.
- Le fait d'avoir des peurs fait partie du grand challenge que l'Esprit
suprême propose à l'homme d'affronter pour élever
son niveau de conscience. Notre existence ne peut pas être plus
exaltante ni plus joyeuse qu'en le vivant comme guerrier de l'esprit,
c'est-à-dire en nous consacrant au nettoyage de tout ce qui freine
l'élargissement de notre conscience.
- Accepter pleinement ce que l'on est pour accéder pleinement
à ce que l'on peut être.
- L'essentiel de notre personne est notre conscience, or celle-ci est
en réalité sans limites ni dans le temps ni dans l'espace.
En prendre conscience supprime en nous la peur de la mort comme menace
du néant.
- Le dialogue intérieur est le produit mental de toutes nos peurs,
ce flux permanent de pensées et de paroles nourrit et renforce
en retour les peurs dont il provient. En supprimant peu à peu le
dialogue intérieur (silence attentif), on peut voir nos peurs disparaître...
|
Tao
Te Karl
Karl Renz
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- Ce qu'est
l'Être, ce que tu es, ne deviendra pas plus ni moins. Ni à
travers la souffrance ni à travers la joie. Ni à travers
toi ni à travers un autre.
Le Soi n'est jamais éveillé ni non éveillé.
Il est toujours antérieur à tout concept d'éveil
ou de non-éveil ; tout ce que tu dis est conceptuel.
- En réalité, rien ne bouge, il n'y a que le silence absolu.
- C'est cela la beauté : cette perception que tu ne peux jamais
changer ; pas même par ta volonté de voir ou ta recherche,
ni même à travers quiconque prétendant devant toi
avoir compris quelque chose ou pas.
- L'idée de liberté te pousse à la chercher, et c'est
la prison.
- Dès que tu es né, tu es condamné à l'incarcération
à vie, et en plus à la peine de mort... Donc tu peux faire
ce que tu veux, même boire et fumer. Un peu plus de dépendance,
qui s'en soucie ? De toute manière, tu ne peux pas t'enfuir !
Alors, autant mourir tout de suite : reconnais que tu n'existe pas !
Car tu es la liberté que tu recherches...
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| Autres
pensées ou extraits |
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- Laisserions-nous
un enfant seul à la merci d'un danger, sans vigilance ? C'est
pourtant ce que nous faisons à longueur de journées... envers
l'enfant que nous sommes encore. Nous agissons la plupart du temps, envers
nous-mêmes, comme des enfants non avertis sur les mouvements de notre
vie intérieure, rendant nos actes esclaves d'idées mécaniques
ou soumis à des réactions émotionnelles ne créant
que conflits et souffrances incessants.
Si je n'applique pas en moi-même une certaine qualité
de vigilance, mon être devient dupe de mécanismes intérieurs
restés dans l'ombre par manque de lucidité. Des histoires
mentales, rêveries du quotidien, des émotions-réactivité
deviennent le diapason de l'intérieur... Cette fabrique constante
d'illusions est le lac où l'on se noie, la prison où l'on
s'enferme à chaque seconde de notre existence.
Vigilance ? Attention ? Quelle qualité de vigilance
envers moi-même ? Des commentaires auto-suggestifs de "Je"
intérieurs tentent de prendre la parole et d'incarner cette vigilance :
"je suis trop comme cela", "je devrais...", mais n'est-ce
pas confondre vigilance (neutre)et contrôle (dirigé) ? |
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- « La
pensée objective est le regard d'En-Haut. Un regard libre, celui
qui voit. Sans ce regard posé sur moi, et qui me voit, ma vie est
une vie d'aveugle... Sans ce regard posé sur moi, je ne peux pas
savoir que j'existe. » Jeanne de Salzmann
- La joie... Jardin de l'âme, jardin sans limites, la joie se cache
en toute chose pour peu que le regard la reconnaisse... Elle se montre à
celui dont les yeux peuvent s'offrir l'émerveillement d'un premier
matin du monde, à celui qui se lasse de l'éternel aveuglement
de la séparation, à celui qui s'éveille du long sommeil
de la souffrance.
Il suffit d'une étincelle pour qu'elle s'embrase de
coeur en coeur, pour qu'elle se propage, en sa radieuse contagion. Si plus
rien ne résiste à la joie, si nul ne s'en défend, la
terre en fera sa convalescence, son ardeur, sa respiration. Marianne
Dubois
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