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Psychologie, relations humaines et art de vivre

"L'homme ne meurt pas, il se tue"
Ainsi s'exclama le Professeur Guéniot en 1930. Il y a donc longtemps que tout le monde le sait, et pourtant ..
L'homme est mortel, cela va de soi, mais pourquoi se tuer prématurément ? Regardons autour de nous, nous verrons des jeunes gens d'à peine 50 ans déjà épuisé d'avoir tant couru et dont la santé flanche. Regardons en soi, nous ne faisons pas exception, nous verrons combien notre ego ne cesse de nous faire ramer et suer.
Quoi faire ? Il n'y a justement rien à faire. Surtout ne pas se rajouter d'exigences et de culpabilité. Se mettre un peu au neutre de temps en temps. Ne rien faire, sinon d'observer en soi et autour de soi, sinon d'écouter le chant des oiseaux, d'observer la forme des nuages. Relaxer, respirer !
Vos boss n'apprécieront peut-être pas mes conseils, aussi j'ajoute que ce n'est pas le travail qui tue, mais plutôt notre attitude face au travail. C'est que notre ego nous amène toujours à en faire trop, à vouloir se prouver, à vouloir être bon sinon le meilleur.
La recherche du plaisir est encore bien plus mortelle que le travail. On se tue davantage à vouloir satisfaire nos multiples désirs, désirs toujours insatiables, désirs cachant nos peurs.
Et pendant ce temps, on est bien trop affairé pour pouvoir remarquer et accueillir les milliers de petits plaisirs gratuits du quotidien !

Un homme intègre
Nous avons presque tous une faille quelque part dans notre comportement, comme un tendon d'Achille qui nous maintient dans l'ombre de nous-même. Il nous empêche de réaliser notre potentiel, de se sentir dans sa force et de ressentir la véritable joie de vivre.

Il suffit qu'on soit faible ou vulnérable dans un seul aspect de notre vie, pour que toute notre vie s'en trouve affecté
e. Une seule faille suffit à nous perdre.
Si un comportement particulier me maintient dans la honte et la culpabilité, je me sentirai totalement mécontent de moi la plupart du temps, peu importe les autres aspects positifs de ma vie. "Une seule faute ruine beaucoup de bien. Un peu de folie gâte une grande sagesse, un mouche morte infecte tout l'huile du parfumeur."*
J'ai pris 100 fois des résolutions, j'ai décidé 100 fois de repartir ma vie à neuf, mais toujours et toujours, je suis retombé dans le même scénario destructeur. Parfois, j'ai réussis à colmater temporairement une brèche dans ma personnalité pour qu'une autre fissure se déclare ailleurs peu après. C'est comme s'il existait en moi un inconcevable et inexplicable besoin compulsif de me fuir ou de m'autodétruire. Là comme ailleurs, les forces du chaos sont en action.
À la longue et en prenant de l'âge, à force d'essais infructueux, l'espoir d'une vie meilleure et plus satisfaisante s'effrite, laissant place au septicisme et au découragement.
Maintenir un comportement compulsif qui répugne à mon intelligence et à ma spiritualité, c'est plutôt surprenant à première vue, mais les dimensions intelllectuelle et spirituelle de mon être ne semble pas faire le poids devant les désirs et besoins d'ordre physique ou émotif. Dans ces circonstances, ma raison me fait me sentir comme un pantin sans force et sans direction, divisé intérieurement et impuissant à juguler tel comportement que je réprouve et qui m'éprouve. Mes contradictions internes me déchirent, désintègrent peu à peu mon estime de moi et, finalement, me désintègrent.
La dimension fondamentale qui manque à mon être, c'est l'intégrité, c'est à dire la capacité d'avoir un comportement qui soit cohérent avec les valeurs qui me tiennent à coeur.
Alors qu'un homme divisé et tiraillé par la honte et les peurs qui en résultent est un homme faible et vulnérable, un homme ingègre dégage de la force. Ce dernier n'a rien à cacher et vit de la même façon qu'il soit seul ou avec d'autres. Il ne ressent aucune honte en ce qui le concerne, ce qui lui confère un grand pouvoir. Par ailleurs, l'homme divisé ne sera souvent que l'ombre de lui-même et, même s'il s'adonne à de nombreux plaisirs, il ne pourra ressentir la joie véritable.
Être intègre, c'est avoir le courage de faire face à ses peurs, de toujours faire de son mieux, d'accorder aux choses leur juste place, peu importe les circonstances, plutôt que de fuir et de se désintégrer dans les drogues ou comportements compulsifs de toutes sortes.
On comprend qu'un homme intègre sera un homme plus vertueux, mais il ne s'agit pas de cultiver la vertu pour la vertu, par idéal ou ambition, mais uniquement parce qu'elle apparaît incontournable si on veut accéder à une
meilleure qualité de vie.
Plus je pourrai visualiser clairement les avantages pour moi d'être un homme intègre et plus je pourrai y accéder souvent. Toutefois, je ne dois en aucun cas vouloir m'imposer de force quoi que ce soit, mais plutôt me le suggérer avec douceur, patience et compréhension.
Aussi, évitons les attitudes ou positions trop idéalistes, soyons plutôt vertueux avec modération, sans excès et sans se prendre trop au sérieux.
*Livre de l'Ecclésiaste

Patience, tolérance et endurance
Ce sont là trois vertus fondamentales pour se préparer un bon karma ou un bon avenir à moyen et long terme. Elles sont essentielles à tout bon jardinier, mais tout autant pour maintenir de bonnes relations avec les autres et son environnement.
Ce sont entre autres des outils essentiels pour qu'un couple dure et passe à travers les différentes crises qui surviendront inévitablement. Si on les oublie trop souvent, réagit avec colère ou frustration, ou qu'on lance tout en l'air à la première crise, on risque fort de se retrouver de plus en plus souvent seul.
Par exemple, si une femme aime vraiment son mari, elle l'acceptera tel qu'il est et même l'accompagnera dans les diverses crises évolutives qu'il vivra dans le temps, même au risque de déstabiliser leur couple à court terme. Si celle-ci sait être patiente et tolérante, elle permettra ainsi à son couple de durer et de passer à travers les crises. Et un jour, leur couple se retrouvera encore plus fort, plus beau et plus stable.
Patience, tolérance et endurance, des vertus qu'on oublie et qui ne sont plus très à la mode, mais combien importante pour des relations vraies et durables.
Elles sont partie intégrante de l'Amour.

Fonte de la couche de glace
Ces jours-ci, j'observe la couche de glace en train de fondre et de se dissoudre progressivement sur la rivière. Tout un spectacle ! Bientôt, dans quelques jours à peine, la rivière recommencera à couler et à chanter, et les canards suivront peu après.
En prenant de l'âge, je me sens moi aussi comme un bloc de glace en train de fondre et de se liquéfier.
Plus je vieillis, plus ma forme perd de sa force, plus son contour devient flou. Je ramollit sur tous les plans, sur le plan physique, c'est visible et évident, mais tout autant sur les plans émotif, caractériel, intellectuel et spirituel.
J'étais auparavant un être très structuré, or je me déstructure, me désorganise.
J'avais du caractère, or il se perd.
J'avais beaucoup de volonté et de discipline, or ma volonté fond comme neige au soleil. Je suis devenu incapable de faire autre chose que ce que j'aime et m'attire, ou que ce qui s'impose dans l'instant. La discipline et les contrôles sont devenus inopérants. Je perds progressivement tout contrôle sur mon être.
Si je regarde ma situation par le lorgnon de mon ego, c'est évident qu'elle se détériore.
On pense souvent que seul le corps vieillît pendant qu'en parallèle on se renforce sur les plans moraux et spirituels, mais cela aussi n'est que croyance. Les barrières maintenues par la volonté et la discipline se volatilisant en prenant de l'âge, les pulsions longtemps refoulées se manifestent parfois avec plus de force. Aussi, les croyances spirituelles et les idéologies ne résiste plus à l'expérience de la réalité et s'envolent les unes après les autres.
Tout s'en va, jusqu'à ce qu'il ne me reste plus rien, que je ne me sente plus soutenu par rien, par rien d'autre que l'instant présent et sa réalité toute nue.
Vu sous l'angle de la sagesse, c'est le lâcher prise qui prend place peu à peu, sans que mon ego n'y soit pour rien.
Plus rien n'a autant d'importance qu'avant, j'ai de moins en moins le goût d'avoir raison, d'acquérir tel bien, telle qualité ou vertu, d'avoir une bonne image, de faire ma marque ou de laisser quelque chose pour la postérité, tout cela me semble bien vain. Par ailleurs, je deviens plus sensible, plus chaleureux, plus présent et disponible pour moi-même, les autres et mon environnement.
J'étais solide, dur, et froid comme la glace. Je deviens aussi indécis, instable, changeant et insaisissable que l'eau de rivière. Je passe lentement de l'état solide à l'état fluide, tout comme l'eau qui coule et épouse la forme que lui dicte son environnement.
Toute forme a un commencement et une fin. Un jour, plus tard, ce qui restera de mon être se volatisera dans l'univers. Ce sera le retours au néant, à l'informel, c'est-à-dire à l'état divin, qui par définition est vacuité et omniprésence.

Un grain de colère, un champ de misère
Encore un petit grain de colère qui s'est inséré subtilement dans ma vie, une fois de plus.
En prenant de l'âge, je les tolère moins bien; ma carapace s'étant ramolli, ils me font de plus en plus souffrir.
J'ai bien senti ce petit soupçon de colère germer en moi, avec son odeur de jalousie et de frustation, mais l'ai laissé entrer en me disant que je saurais contrôler sa croissance en temps et lieux. Je me suis leurré. Je devrais pourtant savoir par expérience qu'il en découlerait nécessairement de la souffrance pour moi et les autres. Mais il semble que la mémoire soit courte en ce domaine, les même scénarios se répétant inlassablement, tout étant toujours à recommencer. Peut-être qu'un jour, à force d'en souffrir, si je n'en meurs pas avant, je finirai par comprendre.
Par comprendre quoi ? Que la colère nous ronge et est source de souffrance et de mort. Que le moindre grain de colère, si je le laisse germer, grandira rapidement jusqu'à envahir tout mon espace. Il émettra rapidement des rhyzomes qui se feront sentir dans tout mon environnement, au détriment des autres et de moi-même. Il génèrera de la souffrance et des problèmes pour une longue période, même que ses traces ne disparaîtront jamais totalement. C'est pourquoi il est si important d'être vigilant afin d'éradiquer dès le départ le moindre germe de colère en soi, et de ne jamais oublier que ce sont les petites choses qui sont le plus importantes et font toute la différence.
Il faut savoir que la colère ne peut pousser dans un champ ou prélomine les différents cultivars de l'amour que sont la tendresse, la patience, la compréhension, la compassion et l'empathie. L'amour est l'antidote de ce poison qu'est la colère.
N'hésitons pas à semer de l'amour sous toutes ses formes si on veut vivre longtemps et vivre dans la joie.
L'amour est aussi fait de toutes ces petites attentions que sont la gentillesse, le respect, la tendresse, l'écoute et la présence à soi et aux autres. Toutes ces petites attentions, que je qualifiais auparavant de 'memérages' inutiles, de pertes de temps ou de signes de faiblesse, je commence maintenant à en percevoir tout leur sens et leur importance. Elles sont en fait l'expression de l'amour au quotidien.
Je perçois mieux maintenant toute la sagesse des personnes attentionnées et pleines de gentillesses envers les autres.
En s'occupant des autres, on s'occupe de soi. En semant de l'amour en soi et autour de soi, on récolte de la joie et du bonheur.

À la fois si proche et si loin
Ils forment un jeune couple, mais il est parti au bout du monde pour une mission militaire pendant qu'elle reste seule au pays à s'occuper des enfants. Il lui manque beaucoup, elle pense à lui constamment et prie pour qu'il revienne le plus vite possible. Lui s'ennuie à mourir et ne pense qu'au jour où il rentrera au pays retrouver sa famille. Ils se portent dans leurs coeurs.
À la fois si loin et si proche.
Ils ont pris leur retraite et vivent à demeure dans la même demeure. Le plus souvent, lui est dehors, elle en dedans, ou lui en bas, elle en haut, ou elle écoute la TV pendant qu'il navigue sur internet, ou il bricole pendant qu'elle fait autre chose. Leurs activités et centres d'intérêts sont bien différents. Ils se croisent à l'heure des repas mais ne se parlent plus que de la pluie et du beau temps. Ils ne font plus de projets ensemble, ou si peu. Ils se tombent souvent sur les nerfs. Seulement un pas à faire pour se rapprocher mais ce pas semble infranchissable. On s'est perdu de vue dans la même maison.
À la fois si proche et si loin.
Usé par le temps, il décède subitement, emporté par une crise côté coeur. Elle reste seule, pleure son départ et le porte aux nues. Il suffisait donc qu'il s'éloigne pour attiser à nouveau la flamme de l'amour et que l'on puisse redire:
À la fois si loin et si proche.

'Les coeurs les plus proches ne sont pas ceux qui se touchent' (proverbe chinois)

L'important, c'est la rose
Comme il faut en avoir fait de chemin et de détours avant de se rendre compte que le bonheur ne résidait pas si loin, qu'il était à portée de main, sous ses pieds.
Comme il me faudra m'en avoir imposé de souffrances avant de me rendre compte que l'important n'est ni la carrière, ni l'argent, ni le pouvoir, ni le plaisir. Ces biens ont leur place, mais si on en fait un but en soi, elles seront éventuellement sources de souffrances et de désillusions.
Or, ce n'est malheureusement que sur le tard de sa vie, alors qu'on s'est déjà rendu malade, ou qu'on a perdu sa femme et ses enfants et se retrouve seul, ou qu'on est simplement usé par la vie, qu'on prend conscience que l'on a négligé l'important pour se laisser attirer par des miroirs aux allouettes.
Le bonheur ne s'achète pas, il est tout simple, tout près, on le bâtit au jour le jour dans l'amour, l'attention et le respect de soi et de ses proches, dans le pardon, dans la tendresse. Comme une rose qu'on aime et qu'on arrose à tous les jours, même si elle pique parfois.
J'aurai beau avoir acquis la notoriété, la richesse et être capable de me payer tout ce que je désire, si je n'ai pas l'amour, je n'ai rien et ressentirai le vide sous mes pieds.

Tomber en vacances
Je me rappelle mon enfance, les sentiments de joie et de liberté qui m'envahissait au dernier jour d'école...
Mais cela ne durait jamais longtemps, mon père me récupérait rapidement, il fallait bien entretenir les immenses propriétés de la Fabrique de St-Honoré, les plus prospères de la paroisse. Et nous passions le reste de l'été dans le champ de bleuets à se faire des sous pour pouvoir s'acheter des vêtements et des fournitures scolaires.
Je n'ai pas appris à m'amuser, mais j'ai appris à travailler. On ne valorisait alors que le travail et disait de l'oisiveté qu'elle était la mère de tous les vices.
Se sentir léger, en vacances, être enjoué, être heureux, profiter de la vie, c'est à la fois si simple et si difficile. Être détendu, de bonne humeur, se sentir libre, ressentir la joie de vivre, tellement de choses s'y opposent.
En général, nous nous sentons
plutôt lourd, lourd de responsabilités, d'engagements, d'habitudes, d'acquis, de biens et connaissances accumulés. Tout cela nous pèse et nous alourdit. Notre vie est si compliquée. Nos têtes sont pleines de projets, de désirs, d'ambitions, et aussi de tracas, d'inquiétudes, de peurs et de besoins de toutes sortes, besoins qui sont d'ailleurs le plus souvent de faux besoins.
Notre quotidien est tissé d'attentes, petites et grandes, d'où originent nombre de frustrations, petites et grandes.
Prenons vacances de tout cela, de nos rôles, des personnages qui nous habitent, oublions ce que nous sommes et perdons-nous dans la vie. Donnons-nous des permissions, disons oui à tout ce qui se présente, sans attente ou désir. Partons en vacances.
Pas nécessaire de se saouler ou de se doper pour fuir quoi que ce soit, plutôt se saouler d'oxygène, de beauté et d'émerveillement.
Pas nécessaire de quitter qui ou quoi que ce soit, pas besoin de partir au loin, plutôt prendre conscience de la beauté de la vie qui nous entoure déjà et des personnes que nous côtoyons quotidiennement. Profitons de l'abondance qui nous entoure de partout sans vouloir posséder. Rien ne sert de changer de cadre, il s'agit plutôt de changer d'attitude, de s'ouvrir les yeux. Changer d'attitude dans son cadre de vie.
Le plus beau voyage, c'est lorsque le quotidien devient source de joie et d'émerveillement, et il ne coûte rien.
Renonçons à nos mélodrames, aux coups d'éclats, aux grands voyages et décidons d'aimer simplement ce que nous avons et ce que l'on côtoie, avec bonne humeur. Soyons soleil et réchauffons le cœur de tout ce qui nous entoure. Optons pour la tranquillité, la sérénité, la quiétude dans l'instant. Reposons-nous dans la présence à l'instant, l'ici maintenant.
Jouons, oublions nos montres, profitons de la vie, respirons à plein poumons. Retombons en enfance.

Les pinsons et les moineaux
Dans nos relations quotidiennes, on rencontre généralement deux types de personnalités, l'une s'apparente aux pinsons tandis que l'autre s'apparente aux moineaux.
Les pinsons ou les pincés se donnent de l'importance et veulent s'élever au-dessus de la masse. Ils volent haut et regardent les autres de haut. Les moineaux quant à eux se voient petits, volent bas et se pensent nés pour un petit pain. Les pinsons font tout ce qu'ils peuvent pour impressionner les moineaux, et les moineaux le sont parce qu'ils se laissent impressionner par les pinsons.
Si on est né moineaux, on a très peu de chance de se muter en pinson et vice versa.
C'est un gène héréditaire qui se transmet de génération en génération. Toutefois, le même volatil peut se prendre pour un pinson dans une situation et par ailleurs se sentir moineau dans un autre contexte.
Les pinsons qui se donnent un genre supérieur ne sont souvent ni plus riches, ni plus brillants et ni plus sûrs d'eux que les autres, ils prennent cette attitude inconsciente pour se sécuriser et cacher leur insécurité. Ils peuvent parfois être durs et froids envers les moineaux, et ne voulant rien avoir de commun avec les moineaux, ils s'isolent dans leurs
nids qu'ils veulent le plus dorés possible.
Les timides moineaux ne sont ni moins talentueux ni moins intelligents que les autres. Toutefois, ils ne le savent pas, manque de confiance en eux, ont souvent honte et cherchent à se terrer dans leur petit nid.
Ces rôles se jouent sur la scène d'un théâtre comique, presque loufoque, ou les deux espèces, en même temps qu'ils cohabitent difficilement, sont fort dépendantes pour soutenir leurs jeux. Quand on perçoit le ridicule de la comédie, cela donne envie de sourire et même d'en rire.
Mais cela donne aussi envie de rire jaune tellement le spectacle fait triste à voir, cause des souffrances inutiles tout en faisant obstacle aux vraies relations.
Quelques spécimens d'une nouvelle espèce commencent à émerger de la nuit des temps, soit ceux qui se perçoivent et perçoivent les autres tels qu'ils sont, mais ce sont encore des oiseaux rares.

Épisode 143 du roman-feuilleton
L'épouse va faire du ménage dans l'atelier de son mari, elle jette quelques objets qu'elle juge sans intérêt, sans lui demander son avis. Son intention originale était de lui faire une surprise agréable, mais celui-ci le prends très mal, choqué qu'elle soit venu jouer dans ses plates-bandes sans sa permission.
La colère monte progressivement en lui et l'importance accordée à cet événement prend de l'ampleur et s'enfle avec le temps. Un mélodrame s'amorce. "Comment a-t-elle pu faire une telle chose ? Il n'y a plus de place pour moi dans cette maison !"

Il s'emballe de plus en plus, dramatise et finit par tirer de grandes conclusions du genre: "Cette femme est un monstre qui prend toujours toute la place et ne me considère pas! Je ne peux plus vivre avec elle! ..."
Il profite de l'erreur de l'épouse pour construire un bel épisode de télé-roman où il pourra se sentir vibrer et vivre. Peu importe s'ils en souffrent ! C'est quand même mieux qu'une petite vie plate et monotone, non !
"Pauvre de moi, je souffre à cause d'elle, elle est la cause de mes malheurs!" Et pendant ce temps, je n'ai pas besoin de regarder le nombril pour comprendre ce qui se passe en moi et y changer quoi que ce soit, car ce n'est pas de ma faute... et ce scénario se répétera sûrement dans le temps.
Pourquoi est-il si difficile de s'en tenir au fait ? "Elle est venu faire du ménage dans mon atelier. Elle a jeté deux vieux outils que j'utilise rarement, mais qui aurait pu me servir éventuellement. Je peux la remercier pour le beau ménage tout en l'informant que je n'accepte pas qu'elle jette des choses qui m'appartiennent sans me consulter. Je peux m'en tenir là comme je peux lui demander de réparer son erreur si cela est possible. Ainsi, je m'affirme, définit mon territoire et permet à l'autre de connaître mes limites.
On peut se servir de tout ce qui arrive dans nos relations pour apprendre et enseigner, mais on aime bien mieux les romans-feuilleton.

Forces et vulnérabilités
Certaines plantes sont solides et résistent aux vents et aux intempéries. D'autres s'écrasent au moindre coup de vent et s'en relèvent difficilement. Ces dernières ont besoin de tuteurs ou encore d'être bien entouré et supporté par les plantes environnantes pour s'épanouir.
Une plante résistante au vent peut s'avérer sensible aux maladies alors que celle sensible au vent peut se montrer résistante aux maladies. Chaque plante a ses forces et vulnérabilités. Comme le chêne fort qui peut pourtant se casser sous le vent alors que le roseau ploiera sans jamais se casser.
Il en va de même des humains. Certains résistent à la critique et vont droit leur chemin, quoi qu'il advienne. D'autres ont besoin d'être entouré de personnes attentionnés et affectueuses pour bien fonctionner.
Plutôt que de vouloir nous changer, apprenons à nous connaître, acceptons-nous tel que nous sommes et plaçons-nous dans la mesure du possible dans des conditions qui nous sont favorables.
(N.B.: Le texte "Notre habitat" porte sur ce même thème)

On s'ambitionne
J'aime les fleurs, j'aime jardiner. Je commence par me faire une petite plate-bande en bordure de la maison. Cela me procure beaucoup de plaisir.
L'année suivante, j'en veux plus. Aussi, je développe un autre secteur de mon terrain et m'achète d'autres fleurs, bien plus qu'il ne m'en faut.
Et d'années en années, j'en veux toujours plus, ne cessant de tasser la nature afin de développer d'autres plates-bandes.
Je m'ambitionne et prend de l'expansion jusqu'à ce que je ne sache plus où donner de la tête.
La mauvaise herbe commence à prendre le dessus, je deviens impatient et débordé. Je n'ai plus de temps pour moi et ma famille. Je perds le contrôle.
Ce qui était un grand plaisir au début, devient progressivement source de préoccupations, de fatigues, voire de déception et de frustration.
Pourquoi est-il si difficile de se contenter, de rester dans ses limites ?

Petite question liée aux grandes questions relatives à l'orgueil, au plaisir compulsif et autres. Tout est lié, la plus petite question peut nous mener à la grande question fondamentale du sens de la vie.

Les éclopés de l'amour
Nous le sommes tous, ce n'est qu'une question de degré. C'est notre état d'être habituel, nous ne connaissons pas autre chose, aussi ne le remarquons-nous plus, à moins d'être en crise.
Que voulez-vous, personne n'a eu de parents parfaits ou n'a vécu dans un environnement idéal. Et celui qui aurait vécu dans un monde idéal ne comprendrait peut-être rien à la vie.

Je regardais l'autre jour une émission de TV ou des filles cherchaient à vendre le service de conversations téléphoniques érotiques en se trémoussant devant l'écran, avec pour objectif ultime de vider le portefeuille d'hommes esseulés.
Peut-être que certaines filles peuvent y trouver du plaisir et leur compte, mais pas celles que j'observais. Elles dansaient de façon malhabile, sans motivation, sans intérêt et sans présence. On aurait dit des pantins sans âmes. Et ce qui me frappa le plus, ce fut leur regard vide et triste. On sentait leur désolation à faire un travail qui au fond leur répugnait. C'était des filles qui avaient un grand potentiel de beauté, mais qui l'avaient perdu par leur façon d'être déconnectée de leur nature, avec leur seins gonflés, leur masque de maquillage et leurs habits de vinyle.
Il faut être sérieusement éclopés pour en venir à se perdre ainsi pour de l'argent, ou par désir de charmer ou de plaire aux autres. Et je pourrais en dire tout autant de nous les hommes qui utilisons leurs services, car ces filles ne sont que le miroir de nos désirs.
Mais pas besoin de regarder la TV pour voir des éclopés de l'amour, juste à se regarder le nombril ou pas bien
loin autour de soi.
Nous y trouverons facilement des êtres décentrés, perdus ou à la remorque des autres; des êtres se conformant aux désirs et aux quatre volontés des autres ou de la société.
On est tellement dépendant et vulnérable qu'on place son pouvoir, sa vie, entre les mains des autres et on se laisse manipuler et façonner comme des marionnettes. On est tellement sensible à l'opinion des autres qu'un rien peut nous frustrer ou nous jeter par terre.
On est prêt à tout pour plaire, se faire remarquer, faire plaisir, se faire aimer et accepter, même à se faire violence, à se percer la langue s'il le faut ou encore à prendre des risques inconsidérés. On se durcit, se fait une carapace pour résister à un tel régime, et l'on devient tout aussi dur pour les autres que pour soi.
Sans compter que le manque d'amour est responsable de la plupart de nos maladies, autant physiques que psychologiques, de même que la plupart des problèmes sociaux. En réalité, on se fait mal, on se fait soi-même mal, se rend soi-même malade, en toute inconscience.
Et tous ces éclopés de l'amour, ne pouvant donner ce qu'ils n'ont pas reçus, continuent à faire prospérer le règne des éclopés autour d'eux.
On ne s'en rend pas compte, mais au fond, on est sérieusement en manque, et on cherche à combler ce manque de façons mésadaptées. On est en manque d'amour, pas d'amour passion mais d'amour vrai, une denrée si essentielle et pourtant plus rare que l'or, la seule pourtant capable d'étancher le grand vide, le grand trou qui est au coeur de soi. L'amour, toujours l'amour, l'amour de soi, des autres et de tous les êtres demeure la seule thérapie possible.
Rien ni personne, à jamais, ne pourra réparer le tort qui nous fut causé par le manque d'amour, faisons-en notre deuil et acceptons de continuer à vivre comme des êtres tordus. Mais si nous en sommes conscients, cela pourra nous aider à comprendre et à progresser dans la vie. Et ne parlons pas de tort et ne faisons pas de recours collectif, parlons plutôt d'un nécessaire processus d'évolution.
Il faudra du temps pour briser le cycle infernal du manque d'amour, mais entre temps, voyons comme il nous mine et nous brise et mettons un peu de patience, de tolérance et de tendresse dans nos cœurs.
Nous, les grands éclopés de l'amour, pensons nos plaies et soyons davantage sensible à soi et aux autres.

On ne se parle plus
Je vois souvent des gens qui ne se parlent plus ou même ne se regardent plus, des êtres pourtant proches comme des parents, des voisins ou des confrères de travail. Et c'est très courant.
Cela me surprend toujours qu'on puisse cesser de parler à son frère, à sa mère, à son fils ou par exemple à un confrère de travail qu'on croise plusieurs fois par jour. Et cette situation peut perdurer des semaines, des mois, des années, voire presque toute une vie dans certains cas.
Vous comprendrez qu'un tel comportement comporte une forte dose de violence psychologique.
Si je discute avec ces gens, ce sont pourtant des gens informés, intelligents et structurés; on pourrait même dire des gens évolués ou comme on dit des gens très bien. Alors, pourquoi et comment en sont-ils venus à adopter un tel comportement ?
C'est toujours parce qu'une personne m'a frustré ou blessé dans mon orgueil que j'en viens à la bouder. Et je suis bien déterminé à ne pas faire les premiers pas car, bien entendu, ce n'est pas de ma faute. Je voudrais bien que l'autre reconnaisse ses torts, viennent s'excuser ou encore change de comportement. Moi, je n'y suis pour rien, je suis correct, je suis normal. Et c'est ainsi que nos egos, bien gonflés d'orgueil, continuent à s'entrechoquer durement.
Ne plus se parler est une situation extrême, il existe bien d'autres formes de violence psychologique dans les relations de couple, de travail ou autres. On n'y est tellement habitué qu'on ne les voit pas, on pense que c'est normal; mais si on était très près de son cœur et de ses émotions, on verrait leurs effets dévastateurs. La violence psychologique n'est pas moins dommageable que la violence physique, elle est plus insidieuse, plus difficile à percevoir et on sait déjà que c'est tout ce qu'on ne voit pas qui fait le plus de ravages.
Chaque fois que je me sens frustré par le comportement ou les paroles d'un de mes proches, ma colère fait œuvre destructrice et je manifeste une certaine forme de violence, souvent de manière très subtiles et inconscientes, ne serait-ce que par les ondes que je dégage.
La frustration survient quant l'autre ne réponds plus à mes attentes, à ce que je désire qu'il soit ou qu'il fasse ou encore à l'image que je m'en fais. Mon ego veut toujours tout contrôler, moi d'abord, les autres bien sûr et souvent ses enfants qu'on perçoit comme le prolongement de son propre ego.
Quand on ne parle plus à l'un de ses fils par exemple, c'est bien évident qu'on se fait tout autant de mal qu'on en fait au fils qu'on boude. Tout l'entourage et même l'atmosphère en sont affectés.
Quand le bonheur de retrouver l'un de ses fils ne se retrouve qu'à portée du téléphone mais qu'on choisit malgré tout de s'entêter dans son malheur et sa souffrance, je me dis que l'orgueil est d'une force incroyable ! Nous sommes vraiment curieux, nous, les êtres qu'on dit 'humains'.
On en vient là parce qu'en fait on ne sait pas aimer. Aimer, c'est accueillir et accepter l'autre tel qu'il est sans vouloir le changer ou le posséder d'aucune façon. Si on savait aimer, l'autre n'aurait jamais le pouvoir de nous frustrer. Nous n'attendrions rien de lui et le voudrions libre, nous contentant de l'épauler au besoin dans sa démarche. Facile à dire, mais combien difficile à mettre en pratique.

Faire le vide autour de soi
Comment se fait-il qu'on soit si peu relié aux autres, du moins pour beaucoup d'entre nous ?
C'est qu'on a peur des autres. On craint d'abord pour sa propre sécurité ou pour celle de ses possessions, possessions composées de biens ou d'êtres. On a un grand sens de la propriété voyez-vous, et ne venez surtout pas mettre le pied sur mon terrain ! Aussi, on est égoïste et on recherche constamment le plaisir personnel; on ne veut pas être embêté ou dérangé par personne.
On étiquette les gens et les rejette du revers de la main. On accepte bien mal tout ce qui est différent de soi. Et on pose des gestes ou porte des jugements qui font que les gens se sentent mal à l'aise, sinon blessés, et finissent par s'éloigner. Avec le temps, on s'isole en élevant des barrières de plus en plus hautes autour de soi. Et on souffre de cette situation sans trop comprendre ce qui se passe, pensant bien sûr que ce sont les autres qui sont de travers.
Et un jour un voisin ne nous parle plus, et puis un autre, et un ami s'en va, et bientôt nos frères et sœurs ne viennent plus nous voir
et on est juste pour appeler sa vieille mère deux fois par année. La peur, le désir de sécurité et la recherche du plaisir ont gagné une fois de plus la partie. On conserve parfois des relations polies, mais sans chaleur.
Et avec le départ de ces personnes qu'on a jugés indignes de soi, s'est aussi envolé la joie de les découvrir, d'apprendre à les connaître et de grandir avec eux. Il ne nous restera bientôt que la solitude et, son inséparable compagnon, la souffrance.
On peut bien vivre dans un beau château ou une tour de verre bien gardée, mais s'il n'y a pas l'amour, il n'y a que désolation. Et je ne parle pas ici de l'amour sélectif, conditionnel ou possessif qui n'est pas Amour.

S'oublier, la pire chose (1)
On ne rend service à personne en s'oubliant pour se dévouer pour les autres. On ne se rend pas service, c'est évident, mais on ne rend pas plus service aux autres comme nous le verrons. Notre ego, par désir d'être quelqu'un de bien ou de se faire aimer, nous incite constamment à s'oublier pour faire plaisir aux autres. C'est aussi ce qu'on nous a appris étant jeune.
Mais, avec cette attitude, on risque fort de trop en faire et d'affecter sa santé physique et morale et même, à la limite, de se ruiner physiquement et financièrement. À la longue, on en vient à ne plus savoir qui on est et quelles sont nos limites, à ne plus se sentir, à ne plus exister. On devient fatalement malheureux, fatigué, harassé, de mauvaise humeur ou malade et cela déteint sur toutes nos relations et tout notre environnement. Et si on est malheureux dans ce qu'on fait, on ne pourra jamais être aidant, malgré nos bonnes intentions, tout au contraire.
Penser à soi, se respecter, respecter ses limites, c'est une clé du bien-être. Observons le comportement des autres à notre égard car il est le parfait miroir de notre propre comportement envers nous-même. Si les autres ne me respectent pas, c'est que je ne me respecte pas. Si je me respecte, les autres me respecteront, cela se fait tout seul, naturellement, en fonction des ondes que je dégage.
G
abrielle, une jeune femme, me racontait un jour son histoire. Cinq ans auparavant, elle s'était amouraché de Pierre, un jeune étudiant en première année de médecine. Elle l'aimait aveuglément, comme on le fait tous à cet âge. Ils décidèrent de vivre ensemble et, comme elle travaillait, elle le prit en charge, allant jusqu'à payer ses études, le nourrir, le laver et prendre un peu pas mal la place de sa mère. Plus tard, ils firent aussi deux enfants dont elle s'occupait. Elle s'oublia et se perdit de vue dans cette relation, cherchant par son comportement inconscient à se l'attacher, à sécuriser sa relation. Aujourd'hui, elle m'exprime sa tristesse et son malheur, car Pierre vient de la quitter. Il est tombé amoureux d'une consœur de travail et l'a plaqué là pour partir avec elle, la laissant ainsi seule avec les enfants, face à sa solitude.
Notre ego se leurre quand il pense que l'autre nous manifestera de la reconnaissance, cela ne se passe pas ainsi dans la réalité. Si on cherche la reconnaissance de l'autre, on place son pouvoir entre ses mains et on court le risque qu'il s'en serve à nos dépens. Ce qui ne veut pas dire que la reconnaissance ne se manifeste jamais, elle se manifestera le plus souvent au moment où on ne fait rien pour la rechercher, sinon en étant soi et en étant bien avec soi.
Je ne veux pas prêcher ici pour l'égoïsme, le narcissisme ou le nombrilisme. Je ne dis pas de ne pas aider les autres ou de ne pas faire de bénévolat, je dis d'aider les autres en se respectant, dans les limites de ses capacités et surtout aider seulement si on a le goût de le faire et qu'on y trouve une certaine forme de plaisir ou de joie de vivre. Sinon, il y aura nécessairement un effet pernicieux sur moi et sur l'autre.

N'oublions pas toutefois la vérité paradoxale complémentaire qui nous dit que savoir s'oublier est tout aussi important. Savoir prendre des risques, savoir oublier ses limites et ses misères pour foncer dans la vie avec amour et courage.

S'oublier, la pire chose (2) (Réf: "Châtelaine" de juin 2004 et "Quand le corps dit non" du Dr G.Maté)
Je viens de lire un texte de Lucie Dumoulin dans "Châtelaine" qui complète bien mon texte précédent sur le même sujet. Je vous en donne quelques extraits:
"Quand nous sommes incapables de dire non, notre corps le fait à notre place. Résultat: une maladie. C'est la thèse du docteur Gabor Maté."
"Les gens qui tombent gravement malades ont des points en commun:
   - Difficulté à exprimer la colère d'une manière saine, ou même à la ressentir.
   - Difficulté à dire non aux demandes émotionnelles de l'entourage.
   - Tendance compulsive à prendre soin des autres.
   - Tendance à préserver l'harmonie à tout prix.
   - Sens du devoir si poussé qu'il dépasse le sens du respect de soi.
"
"Les personnes qui étouffent de gentillesse se sentent souvent impuissantes et frustrées parce qu'elles n'osent pas s'affirmer, risquer de déplaire, prendre leur place ou remettre l'autre à sa place."
"Ce sont en quelques sortes des trahisons envers nous-mêmes. Notre intelligence et notre coeur nous suggèrent qu'il serait préférable d'agir d'une certaine manière : être en désaccord, nous fâcher, dire notre façon de penser : "C'est assez !", dire : "Non, je ne peux pas", etc. Mais quelque chose, au fond de nous, nous oblige contre toute logique à céder, à abdiquer, à laisser la place à l'autre, à dire : "Non, non, ça ne me dérange pas du tout de faire ça pour toi..." Nous sommes incapables de renoncer aux obligations que nous nous imposons."
Quand la personne ne sait pas où trouver ses limites, quand elle ne sait pas établir la frontière de son territoire privé, cette incapacité psychologique à distinguer le soi du non-soi s'étend aussi à ses fonctions physiologiques. Le système immunitaire lui-même devient trop confus pour distinguer le soi du non-soi..."
Le système immunitaire peut alors se retourner contre son hôte et attaquer ses propres cellules. Et il peut se développer des maladies comme le cancer (cancer de la prostate chez l'homme dépendant), l'asthme,
l'arthrite rhumatoïde, la colite ulcéreuse, le syndrome du colon irritable, la sclérose en plaques et autres. Le docteur Maté le démontre, preuve scientifique à l'appui.
Il est possible de changer de comportement selon lui, mais ce n'est pas nécessairement facile. "Une fois qu'on a pris conscience de sa situation, on peut décider de se respecter davantage, à partir de maintenant. Ça s'appelle prendre la responsabilité de sa vie."

Le courage
Tout comme la volonté, le courage n'est pas quelque chose qu'on acquiert en travaillant et en forçant. Ce n'est pas une plume de plus qu'on accroche au chapeau de son ego. C'est une qualité qui un jour nous sera donné si on est prêt à la recevoir et si on a suffisamment confiance en soi.
Entre temps, on peut bien faire son fort, se faire un carapace et parler fort, mais cela ne correspond nullement au vrai courage. Plus notre carapace est épaisse, plus elle cache de peurs. La vraie force est ouverture, sensibilité et vulnérabilité.
Vouloir rejeter ses peurs et être courageux est un désir qui risque plutôt de nous maintenir dans la culpabilité et l'impuissance. Il faut plutôt commencer par accueillir ses peurs, les observer en action, apprendre à les connaître et voir comment elles nous amènent à nous renier et à souffrir. Et faire face à ses peurs demande déjà une bonne dose de courage.
La peur est ce qui fait obstacle au courage. Elle nous freine, nous paralyse et nous empêche d'être ce qu'on est tous fondamentalement, soit des êtres de courage et de force. Mais si on affronte la peur, on se rendra vite compte qu'elle n'est qu'une ombre ou une illusion qui se dissout sous le regard conscient.
La peur nous incite à faire ce qu'il faut pour se faire accepter et aimer, soit et à se conformer au regard des autres, à choisir les autres plutôt que de se choisir soi-même. Nous avons appris à être gentil et à agir en fonction des autres, mais nous n'avons pas appris à nous connaître, à nous accepter et à nous aimer. Le courage, c'est aimer sans désirer être aimé. C'est apprendre à se faire confiance et à s'aimer suffisamment pour agir en fonction de ce qu'on est et pense profondément. C'est la cohérence entre ce qu'on ressens, ce qu'on dit et ce qu'on fait.
L'amour est le carburant du courage. L'amour est élan du cœur qui nous propulse dans l'action. Il nous donne le courage de se surpasser, d'aller de l'avant malgré la peur. Être courageux, c'est toujours agir en fonction de ce que notre cœur nous dicte, de l'amour et de la vie qu'on porte en soi. Être courageux, c'est aussi continuer son chemin malgré le doute ou le découragement qui souvent nous assaillent.
Le courage, c'est choisir et décider. Et décider nous oblige souvent à mourir au connu et à l'acquis, soit à renoncer à la sécurité pour pour aller vers l'inconnu et naître au nouveau.
Le courage se manifeste dans de petites choses comme dans de grandes choses. Mais il nous amènera un jour à faire un grand saut, soit un virage à 180º, pour vraiment décider de prioriser l'être sur l'avoir, la vie sur la survie.
Il y a le vrai courage et le faux courage. Le faux courage origine de l'orgueil, orgueil qui n'est jamais satisfait et nous demande toujours plus pour impressionner la galerie. Le fait de vouloir gagner un championnat quelconque ou de performer sont des exemples de faux courage. Or ce faux courage nous demande énormément d'efforts et de renoncement. Il nous demande de s'oublier, de négliger sa famille et d'agir aux dépens de sa santé et parfois même de sa vie. Par ailleurs, le vrai courage est sain, naturel et facile. Il ne demande pas d'efforts, il correspond plutôt au lâcher prise. Il n'y a rien de spécial à faire, sinon laisser s'exprimer la force qui est déjà en soi, lorsque la peur n'y fait plus obstacle.
Nous sommes tous des êtres de courage, des êtres divins, mais nous en somme inconscients. Nous l'avons oublié, distrait que nous sommes par ce qui se passe autour de nous, anesthésié par nos habitudes, la publicité, nos relations, nos pensées toutes faites, nos connaissances et références et tout le tourbillon de la vie quotidienne.
Lorsque notre vraie force se manifestera, nous oserons alors avancer vers ce qu'on est et ce qu'on est en droit d'espérer de la vie. Nous nous tiendrons debout pour faire valoir nos opinions et faire ce qui s'impose dans l'instant. Il ne s'agit surtout pas de partir en guerre contre quelqu'un ou quoi que ce soit, mais simplement de s'affirmer, de se dire, de prendre sa place, d'être fidèle à soi, de sentir la passion et la vie qui coule en soi.

Un monde problématique
Arrêtons-nous un instant pour regarder en nous, autour de nous, ou pour simplement écouter les nouvelles. L'on se rendra vite compte que notre façon d'être et de vivre sont problématiques, tout comme notre monde.
Si je regarde autour de moi, j'y vois nombre d'abus et d'irrespect envers la nature et les êtres. J'y vois la pollution, l'orgueil en action et la violence, parfois très subtile et le plus souvent inconsciente, mais non moins pernicieuse. J'y vois la peur, le manque d'amour, les carences affectives et les dépendances. J'y vois la misère sous toutes ses formes et toutes nos tentatives de la fuir sous diverses diversions, déviations et compulsions. Si je regarde en moi, j'y vois tout cela. J'y vois tout ce dont je parle dans ces pages, car je suis ce monde, je le porte en moi.
Tant d'inconscience dont résultent tant de souffrances.
En parallèle, il y a aussi, heureusement, toutes les merveilles de la nature, des perles infinies en nombre et en beauté. Et
c'est ce qui fait circuler la vie en moi. Comme par exemple les premiers canards sur ma rivière ce printemps ou encore mon petit fils qui aujourd'hui faisait ses premiers pas sur la planète des hommes.
Si on n'y prend garde, toutes ces merveilles risquent toutefois de s'éteindre sous les feux de l'orgueil, du désir et de l'ambition des hommes.
Mon petit-fils apprend à marcher, mais je me dis que nous aussi, tout comme lui, nous aurions à nous lever et à apprendre à marcher, comme des hommes, capables de se tenir debout et de faire face.
J'aurais bien aimé pouvoir laisser un plus bel héritage d'amour et une planète en santé à tous nos petits-fils.

Tout être sensible et intelligent n'échappe pas à la souffrance, à moins de s'être fait une carapace pour ne pas souffrir.
Tout être sensible et intelligent n'échappe pas à la joie de vivre, à moins de s'être fait une carapace pour ne pas souffrir.

En compagnie des épinettes
Je me demande pourquoi la compagnie des hommes me fatigue souvent alors que la compagnie des épinettes me repose et me régénère. Les hommes sont pourtant des êtres tout aussi naturels que les épinettes ou les écureuils. Mais, à l'exception des jeunes enfants, les hommes ont des ego fastidieux et épuisants, des ego qui se comparent, se confrontent et s'entrechoquent constamment. Et ce n'est jamais l'ego de l'autre qui est en cause, mais toujours mon propre ego; car s'il n'était pas si gros, celui des autres ne m'affecterait aucunement.
Par ailleurs,
autant certaines relations peuvent m'épuiser, autant d'autres peuvent me ressourcer, me faire du bien et m'aider. C'est dans mes relations que se font et se défont toutes mes tensions.
Je rêve de relations entre hommes qui soient aussi pures, simples et fraîches que celles qu'on peut avoir avec des épinettes ou des écureuils.

Notre habitat
Chaque plante se développe dans un habitat qui lui est particulier, dans lequel elle se sent bien et peut prospérer. Certaines plantes poussent en sols acides, d'autres en sols alcalins, certaines exigent un sol humide, d'autres un milieu sec. Certaines aiment être exposés au soleil, d'autres ne poussent qu'à l'ombre, ou sur les caps, ou dans les tourbières, ou sur le bord des rivières, ou dans le sable, ou dans l'argile, et je pourrais continuer ainsi pendant des pages. Les types d'habitats sont multiples et les espèces diffèrent d'un milieu à l'autre. C'est ce qui fait la richesse, la diversité et l'infinie beauté de la nature.
L'important pour le jardinier est de découvrir l'habitat qui convient le mieux à une plante particulière et, dans la mesure du possible, de lui donner un habitat comparable, ou, ce qui est encore plus simple, de choisir des plantes en fonction de l'habitat disponible. Si on place une plante constituée pour vivre dans un sous-bois humide dans un endroit sec et ensoleillé, elle dégénérera rapidement.
Chaque plante a bien sûr une certaine capacité de s'adapter et le jardinier en tient généralement compte. Mais cette capacité d'adaptation à ses limites et il faut apprendre à bien les connaître, car plus on s'approche de la limite de sa zone d'adaptation, plus elle devient fragile, moins elle fleurit, moins elle prospère. La capacité d'adaptation est aussi très variable d'une plante à l'autre, certaine plante pouvant s'adapter à plusieurs milieux, alors que d'autres sont très exclusives.
Il en va de même pour chacun de nous. Nous avons à apprendre à nous connaître et à trouver les milieux de vie qui nous conviennent le mieux, milieux qui peuvent être très différents d'une personne à l'autre.
On s'acharne trop souvent à vouloir se conformer à une image, à son ego ambitieux, aux désirs des autres ou à ne je sais quoi d'autre, ce qui nous amène à faire des choses ou à vivre dans des milieux qui ne nous conviennent pas. Et on se sent mal et dégénère, sans trop comprendre pourquoi. Il faut s'observer dans toutes sortes de situations, voir comment on s'y sent, afin de privilégier les situations et milieux dans lesquels on se sent le mieux.
Et savoir dire non à ce qui ne nous convient pas demeure le défi la plus difficile.

La mise en objets (Réf.: 'La personne en écho' de J.-C. Crombez, psychiatre)
Je vais parler ici d'une technique qui m'a été inspirée en 1998 par Jean-Charles Crombez, psychiatre à l'Hôpital Notre-Dame de Montréal, par son livre "La personne en écho". Je ne saurais trop recommander ce livre à tous, mais surtout à toute personne souffrant d'une maladie grave, vu qu'il traite principalement du processus de guérison. (Il a aussi écrit "La guérison en écho" mais ce livre s'adresse aux instructeurs travaillant auprès des malades). "La personne en écho" est un livre d'une richesse incroyable, je ne peux exprimer toute sa valeur en quelques mots, mais je sais que son approche vous surprendra et vous aidera.
"La mise en objets" ne constitue qu'un petit aspect de ce livre. Je n'ai pas l'intention de décrire la technique telle que conçue par le docteur Crombez, on pourra consulter le livre à cet effet. Il ne me reste d'ailleurs qu'une vague idée de la technique originale, et peut-être bien que ce dont je vais vous parler n'y correspond plus très bien. Mon intention est plutôt d'exprimer comment moi je l'ai comprise, l'ai adapté à mon besoin et l'ai mise en pratique au cours des dernières années.
Même si je ne comprends pas tous les processus cérébraux qui supportent cette technique, je sais qu'elle est efficace pour l'avoir pratiqué, bien qu'elle ait ses limites comme toute chose.
Dans mon cas, j'ai surtout pratiqué cette technique au coucher ou la nuit, vu que je souffrais souvent d'insomnie. Elle m'aidait à me calmer et à m'endormir. Elle m'a aussi aidé à gérer de grands moments de stress.
Cette méthode va précisément nous aider dans les situations où on se sent submergé par un malaise ou un mal-être qui nous emporte. Ces situations sont le plus souvent causées par le stress, par des émotions fortes ou par notre cerveau qui s'emballe. On peut par exemple se sentir perdu, dépassé, découragé, désespéré ou encore envahi par la culpabilité, la peur ou autre. On étouffe alors sous ce poids et on a plus d'espace pour respirer. On est trop pris dedans, trop embourbé et on ne voit plus rien. C'est comme si on était emporté par une vague trop forte et qu'on perde pied, qu'on perde contact avec le réel. Cette technique nous aidera alors à se sortir la tête de l'eau et à créer un peu d'espace en soi.
Il s'agit en fait de simplement devenir le témoin de tout ce qui se passe en soi, de nommer ce qui nous vient à l'esprit ou ce qu'on ressent à cet instant même, ce qui aura pour effet de le transformer en objet, de le concrétiser, de le sortir de l'inconscience pour le mettre sur la table et en faire une chose différente de soi. Il ne s'agit pas d'être rationnel, objectif ou précis, mais plutôt de nommer la chose telle qu'on la perçoit subjectivement, parfois seulement à partir d'une vague impression. Le processus doit s'opérer sans aucun but, sans aucune attente d'aucune sorte.
On se laisse aller en toute liberté, sans aucun contrôle ou censure. Il ne s'agit pas de vouloir entrer profondément en soi-même, ou de se forcer pour atteindre un état quelconque, ni de vouloir se diriger dans une direction précise, on laisse plutôt venir tout ce qui se présente et on le note sans rien changer à quoi que ce soit. On peut noter la perception d'un bruit extérieur, d'une réaction ou sensation physique, d'un changement dans sa respiration, d'une émotion, d'un sentiment, d'une pensée ou autre. On observe comment les choses se passent en soi, comment tout est interrelié et comment, par exemple, la moindre pensée fait écho sur le corps émotif et physique. Il n'y a rien à faire, sinon laisser être ce qui est. Il ne faut pas chercher à comprendre, à expliquer, à se justifier ou à faire des liens, et que cela ait du sens ou non, ou soit réel ou non n'a aucune importance.
Il faut oublier tout ce qu'on sais ou connais. On fait simplement confiance et on s'abandonne au pouvoir de notre intelligence naturelle spontanée qui saura nous faire cheminer vers ce qui est bon pour soi ou faire survenir ce qui saura nous aider. On laisse travailler son imagination créatrice sans intervenir. Les objets perçus pourront prendre des formes imprévisibles qu'il nous sera possible de visualiser.
Je vais donner un exemple de cette pratique, mais comme elle est totalement imprévisible, elle sera différente d'une fois à l'autre, et encore plus d'un individu à l'autre. J'aime parfois en faire un jeux et décide de nommer 5, 10 ou 25 objets qui m'habiteront dans les prochains instants en les comptant avec mes doigts ou autrement dans le but de faire participer minimalement mon corps. Par exemple, 1: Je note une léger tiraillement dans le centre du genou droit. 2: Je baille et cela me fait du bien. 3: Oh, la gratte vient de passer, est-ce qu'il neige? 4: Je pense à mon fils et ressens une inquiétude .. 5: Il ne faut pas que j'oublie de dire cela à Marie. 6: Je me demande bien ce que le patron a pu en penser. 7: J'ai la tête qui bouille. 8: Je vais encore passer une nuit sur la corde à linge. 9: Mon cœur tire de la patte. Etc. Certains seront plus factuels, d'autres y mettront plus d'imagination, mais on laisse les choses prendre la forme qu'ils voudront bien prendre en fonction de ce qu'on est.
Le fait de mettre en objet tout ce qui se passe en soi aide à dédramatiser. Il y a soi, et il y a des choses qui se passe en soi. Par exemple, je ne suis plus un asthmatique et ne me définis plus comme tel, mais j'éprouve de la difficulté à respirer en ce moment, et je l'observe. Je ne suis plus possédé par une maladie, je la possède en moi, c'est tout. Je m'identifie moins aux choses qui se passe en moi, je m'en distancie un peu et cela m'aide à reprendre mon souffle, à revenir sur terre et à me 'grounder'. Les choses qui me troublent perdent de leur emprise sur moi.

Conditionnement du cerveau
Ma visite au salon de l'auto m'a sensibilisé à un phénomène captivant, soit le phénomène du conditionnement de notre cerveau.
Dans les jours, voire les semaines précédent ma visite à ce salon, je n'avais aucun intérêt pour les autos. Mais cet intérêt s'est développé de façon surprenante pendant ma visite et dans les jours qui ont suivis. Le lendemain, j'ai passé la journée à faire des recherches sur internet pour trouver l'auto correspondant le mieux à mes besoins, j'ai planifié des visites chez les concessionnaires et mon désir de changer d'auto à pris progressivement de l'ampleur. Alors qu'auparavant je ne remarquais aucunement les autos que je croisais sur ma route, maintenant je les observe avec attention et en parle régulièrement. J'ai soudainement développé un intérêt majeur pour les autos.
Le phénomène de conditionnement et de renforcement cérébral est déjà bien connu des agences de publicité. Elles s'en servent couramment pour nous exploiter, c'est bien connu. Ils sont passé maîtres dans l'art de créer de l'intérêt et des besoins pour promouvoir la vente de produits. Et ce n'est pas pour rien qu'on tient des événements comme le salon de l'auto, on connaît leur efficacité.
Par ailleurs, le fait de bien comprendre le processus de conditionnement cérébral pourrait me permettre de l'exploiter à mon avantage et ainsi m'ouvrir à de nouvelles possibilités. Je pourrais entre autres m'en servir pour favoriser chez moi l'adoption d'un comportement positif ou d'une bonne habitude.

Par exemple, je sais bien qu'il me faut faire plus d'exercices physiques, mais rien ne me dit rien en particulier. Mais il me faut faire quelque chose et il me faut me décider; je choisis finalement de bouger en jardinant et en faisant de la bicyclette. Au départ, il me faudra y mettre un minimum d'efforts, c'est certain. Mais je constate rapidement que plus je jardine, plus je me conditionne à jardiner, plus j'aime le jardinage et plus le jardinage prend de la place dans ma vie. De même, plus je pédale et plus j'ai le goût de pédaler. Il se peut toutefois que je développe un aversion pour une activité qui ira en s'amplifiant avec la pratique, mais cela est plus rare. On parlera alors d'un conditionnement négatif.
De la même façon, plus je vis avec une même personne, plus je me conditionne à vivre avec elle, jusqu'à ce que j'en vienne à penser ne plus être capable de m'en passer. Dans le sens contraire, plus je déteste quelqu'un, plus le cerveau en rajoute et plus je le déteste.
Le cerveau est comme un éponge qui s'imprègne de ses pensées et de son environnement. Si je jardine, il s'imprègne de jardinage. Si je vis dans un environnement très politisé, j'ai des chances de faire de la politique. Si j'écoute des films violents je deviens violent. Si je magasine, je m'imprègne de produits de consommation. Si je lis des romans Harlequin, mon cerveau s'imprègne de romantisme. Je peux même entrer dans un cercle vicieux, me concentrant de plus en plus sur un intérêt particulier jusqu'à en devenir prisonnier.
Le fait d'être attentif et de prendre conscience de ce puissant processus de conditionnement cérébral nous aidera à préserver notre liberté. On pourrait aussi s'en servir comme d'un outil, d'un levier pour implanter des changements positifs en soi.

Syntoniser le bon poste
C'est un vieux monsieur de 81 ans, au physique usé mais à l'esprit vif, qui m'a sensibilisé à la réalité que je vais tenter d'exprimer dans les lignes qui suivent.
Dans mon quotidien, sans trop m'en rendre compte, tout se passe comme si je vivais sous différentes longueurs d'ondes, sous différentes fréquences qui fluctuent dans le cours de ma journée. Chaque fois que je change de centre d'intérêt, il en découle un changement vibratoire, un changement de longueur d'onde. Pour faire image, on peut comparer cela au fait de changer de poste de radio ou de télévision ; l'atmosphère, le sujet, les couleurs, l'esprit, tout peut être fort différent d'un poste à l'autre.

Quelques exemples nous éclaireront davantage:
1: Ce matin, je jardine, je suis très centré sur mon travail manuel et ne vis que pour mes plantes et mes fleurs. Vers 10 heures, je reçois à l'improviste un ancien ami. J'éprouve alors beaucoup plaisir à le revoir, je prends une bière avec lui et nous évoquons la nostalgie de nos 20 ans. Il se produit alors un changement évident de longueur d'onde; je viens de syntoniser un nouveau poste. Après le départ de mon ami, je n'aurai plus le goût de revenir au jardinage et je me brancherai probablement sur un tout autre poste. Cet exemple de changement de poste est assez flagrant, mais il y en existe de nombreux autres plus ténus et plus subtils, mais tout aussi réels.
2: Aujourd'hui, j'ai la vibration pour écrire des textes métaphysiques, la vibration est là sans trop que je sache pourquoi. Demain, mes centres d'intérêt seront probablement tout autre.
3: Quand j'entre dans une phase compulsive, de magasinage, de jeux de loterie, de collection d'objets ou autre, je me place sur une longueur d'onde très stable et qui sera difficile à déloger. Je peux par exemple être sur le poste "désir sexuel compulsif" pendant un bout de temps, pour tomber ensuite sur le poste "ressourcement spirituel". Je peux être sur le poste "joie de la vie familiale" pour plus tard me retrouver sur le poste "plaisirs de la liberté individuelle".
Il y a des milliers d'états d'être pouvant exister en nous. Ils peuvent être à prédominance physiques (ex: passion pour un sport), ou émotifs (ex: se sentir frustré), ou intellectuels (ex: l'informatique), ou encore spirituels. Mais, en pratique, ils seront généralement composé d'un mélange des éléments précités.
On aura aussi tendance à sélectionner certains postes ou fréquences ondulatoires en fonction de son âge, des jours de la semaine, des heures du jour, des événements extérieurs ou autres.
Il y a des longueurs d'ondes de basses fréquences, plus liés aux rythmes du corps physique, et des longueurs d'ondes de hautes fréquences, plus liés à la vie intellectuelle et spirituelle. Mais les basses fréquences ne sont pas moins nobles que les hautes fréquences.
Si je regarde dans ma vie, j'y retrouverai assez facilement les principaux postes que j'ai normalement tendance à syntoniser et qui reviennent régulièrement prendre l'antenne.
Dans l'inconscience, les postes se sélectionnent ou se changent d'eux-même, sans qu'on n'y peuvent rien et sans même qu'on s'en rendent compte. Un événement, la fin d'une activité, la fatigue, une exigence, le sens du devoir ou différentes dispositions intérieures ou extérieures vont nous amener malgré nous à se placer sur un certain poste. De même, nos émotions, nos pensées et nos désirs nous charrient et nous imposent généralement nos états d'âme et les postes sur lesquels on se stationnera.

Il n'y a pas nécessairement de bon poste ou de mauvais poste en soi. Il faut privilégier les postes qui sont bons pour soi, qui nous font du bien, et aussi diversifier le menu. Être toujours branché sur le même poste, ou ne désirer ou n'aimer qu'un ou deux postes nous indiquent que nous avons un problème, que nous sommes en déséquilibre.
Est-ce possible d'en venir un jour à pouvoir syntoniser consciemment les bons postes pour soi ? Cela ne va pas de soi et demande beaucoup de vigilance. Il faut beaucoup d'attention et de présence pour sentir venir une onde vibratoire et décider consciemment de l'accueillir ou de la rejeter pour lui privilégier un autre poste. Il faut agir en tout début du processus, dans les premiers instants, car une fois le poste sélectionné il pourra m'être très difficile sinon impossible de faire marche arrière. Il sera comme trop tard, le processus sera enclenché jusqu'à épuisement, un peu comme un balancier qui, une fois lancé, va devoir faire son cycle.
Par exemple, dès que je sens poindre en moi le moindre soupçon de frustration, je peux immédiatement agir et choisir de réfuter ce poste de frustrés pour le remplacer par un poste humoristique ou un autre plus positif. Cela se fait, je l'ai déjà testé quelques fois.
Pouvoir vraiment sélectionner les bons postes en toute conscience serait fort valable, mais nous n'en sommes pas là, sauf exception. Pour l'instant, l'important est plutôt de prendre conscience des postes qui occupent nos ondes la plupart de temps, surtout de ceux qui viennent polluer nos antennes et des limites et désagréments qu'ils nous causent. Les voir, les observer, les étudier leur fera perdre peu à peu de leur emprise sur soi, les relativisera en attendant qu'un jour se développe en contrepartie le goût pour autre chose, soit le goût de s'ouvrir à de nouvelles réalités encore inexplorées en soi.

Trouver un coupable
J'ai des opinions, je tranche et je juge.
J'écoute les nouvelles, on y parle de meurtres, de pédophilie, de scandales et autres faits croustillants dont je suis inconsciemment friands, malgré mes airs de vierges offensées, sinon je ferais autre chose.
Je fais le procès de tous et chacun, en condamne certains, en élève d'autres au rang de héros.
Au fond, je ne vois rien, sauf ce qui se passe en superficie. La réalité est bien plus complexe que ce que j'en comprends par mon regard superficiel. Je ne vois pas que les meurtres, déviations et scandales qu'on me montre ne sont que des conséquences de problèmes personnels et sociaux beaucoup plus vastes et profonds. On ne touche que rarement aux vraies problèmes, on ne parle que de symptômes qu'on prend pour le problème.
Et en trouvant un coupable, cela me donne bonne conscience, me permet de ne pas me sentir concerné, de m'élever au dessus de tout cela. Et, pendant ce temps, le problème continue d'exister, voire de s'amplifier.

Se faire prendre en charge
Je me demande parfois si nous finirons un jour par sortir de l'enfance ou de l'adolescence, tellement nous demeurons d'éternels enfants ou ados au fond de nous-mêmes. Nous venons au monde totalement dépendant, mais tout notre apprentissage et développement devrait tendre normalement à nous amener progressivement vers l'autonomie et la liberté. Mais, même si nous faisons tous un certain cheminement en ce sens, il n'en reste pas moins que nous demeurons presque tous des êtres très dépendants. Je ne parle pas ici de la nécessaire interdépendance, mais plutôt d'une dépendance malsaine.

Dès que nous lâchons notre mère, c'est pour chercher à la remplacer et se coller à quelqu'un d'autre. Nous nous trouvons alors un conjoint et lui demandons de nous prendre en charge. Et nous attendrons de lui qu'il s'occupe de nous, nous comble à souhait, et même devine nos besoins et désirs; sinon, nous lui retirerons notre amour et le remplacerons par une autre personne avec qui nous répéterons les mêmes scénarios.
Il en va de même lorsqu'on vit un problème personnel quelconque. On n'hésitera pas alors à remettre sa vie entre les mains des autres, professionnels de la santé, médecins, psychologues, associations ou autres. Je ne dis pas que les services professionnels ne soient pas parfois nécessaire, mais c'est une question de degré; il y a une différence entre se faire aider et s'en remettre totalement aux autres.
Nous demandons également à l'état de nous prendre en main et de s'occuper de nous, de nos enfants, de nos aînés et de la société en général. Nous rendons l'état responsable de notre santé, de notre éducation, de notre sécurité, de l'ordre et même de la morale. Encore une fois, ce n'est pas que l'état ne soit pas nécessaire, le problème vient plutôt du fait que nous n'en avons jamais assez, que nous en voulons toujours plus pour un minimum d'effort. Dès que nous vivons un problème, nous sortons nos pancartes et exigeons que l'état s'en occupe. Et c'est ainsi que l'état en vient à s'ingérer subrepticement dans tous les domaines de nos vies. Nous ne cessons de crier après l'état qui, élu par nous et à notre image, croule sous les déficits. Même un état riche comme la Californie se retrouve sous des milliards de déficits !
Et nous n'agissons pas différemment avec l'entreprise qui nous embauche ou dans les autres secteurs de nos vies.
Rares sont les êtres qui se prennent en main, réellement, fondamentalement et qui accepte de faire face à leur réalité.
Au lieu d'en pelleter de plus en plus dans la cour des autres et de l'état, faisons donc un effort pour nous prendre en main, pour nous responsabiliser, et nous gagnerons en estime de soi et joie de vivre.

Le miroir de moi-même
Je pense mon cas unique, et cela m'intimide, me rend honteux, ou me glorifie selon le cas.
Je me pense seul à vivre telle expérience, à ressentir telle émotion ou tel sentiment. Pourtant, si je décide de m'ouvrir aux autres, j'ai la surprise de constater que l'autre n'est pas différent de moi, qu'il passe par le même chemin que moi. Et si j'écoute les autres qui s'ouvrent à leur tour, je me rends compte qu'ils sont comme moi. Je me reconnais en tous et chacun, et tous et chacun se reconnaissent en moi. Les autres sont le miroir de moi-même et vice versa.
U
n tel me dira qu'il n'a rien de commun avec cette personne ou ce comportement qu'il ne peut sentir ou tolérer. Mais si certaines choses nous dérangent chez les autres, c'est parce qu'elles nous reflètent quelque chose de nous-même, quelque chose qui nous appartient et que nous ne voulons voir, accepter ou reconnaître. Cela peut par exemple être une partie de moi qui est bien vivante mais que je contrôle et ne permet pas d'exister, ou quelque chose ou une qualité que je n'ai pas et qu'au fond j'aimerais bien posséder. Si je ne me sentais pas concerné personnellement, ou si cela ne réveillait pas en moi quelques réminiscences, ce serait l'indifférence.

Après avoir fait le constat que nous sommes tous semblables, je n'oublie pas qu'il y a aussi un monde de différences entre chacun de nous et que chacun vit sur une planète unique.
Sur un piédestal
Nous avons tendance à tout voir en noir et blanc. D'un côté il y a les gens que nous aimons et de l'autre ceux qu'on ignore ou qu'on déteste. Les "IN" et les "OUT". On catalogue et étiquette les gens rapidement et très cruellement.
On place certaines gens sur un piédestal et puis on se sent inférieur ou petit à côté d'eux. On se laisse alors facilement impressionner par ces derniers et leur accorde toute notre admiration.
Par ailleurs, on juge d'autres gens petits ou stupides et on les regarde de haut. On se sent cette fois supérieur à eux et cela vient conforter notre orgueil.
Pourtant, ce n'est qu'une question de perception car on est tous sur le même pied.
On est tous égaux. Chaque personne a ses zones de grandeurs et de misères, ou ses forces et ses vulnérabilités. Et si nous percevons la réalité en noir et blanc, c'est simplement parce que notre regard est partiel et fragmenté. On ne juge qu'à partir d'un seul aspect qui nous semble important et non à partir d'une vision globale.
Ainsi, il n'est pas rare que, suite à un scandale, la fragile auréole de nos idoles se brisent tout d'un coup, qu'ils tombent
de leur piédestal et passent instantanément du ciel à l'enfer.
De même, si je me regarde personnellement, objectivement, je verrai bien que moi aussi je suis capable de grandeurs et de bassesses et ce, parfois dans une même journée.
Ce sont les circonstances ou mon conditionnement qui font que je me retrouve d'un côté ou l'autre de la clôture du bien et du mal, bien plus que mon système de valeur ou ma conscience. Ce qui me scandalise, je pourrais très bien le faire moi-même si j'étais issu d'un autre milieu ou en d'autres lieux, en d'autres temps, en d'autres circonstances ou sous une autre culture.

Filer sur l'autoroute
Je file à 140 km/hr sur l'autoroute de la vie. À une telle vitesse, je ne vois presque rien autour de moi. Et je n'ai pas le temps de regarder les mouches s'écraser dans mon pare-brise, j'ai plutôt le goût d'écraser tout ce qui se met en travers de ma route. Ne venez surtout pas ralentir mon air d'aller.
Cela me donne le feeling de vivre, d'être important, d'avoir un certain pouvoir.

Or pour voir, il faut ralentir, il faut s'arrêter.
Dans le domaine psychologique, on ne peut faire l'économie du temps. Pour l'adepte de la gestion efficace qui décide de se prendre en main sur le plan psychologique et qui pense pouvoir régler ses problèmes comme on règle un problème matériel, soit avec rapidité et avec efficacité, ce sera une grande déception. Cela ne marche pas sur le plan psychologique.
Tout au contraire, il faut y mettre du temps, beaucoup de temps.

Parfaite indifférence et infinie tendresse
Il est très difficile de bien aimer ses enfants, ses proches, car on se sent trop concerné. C'est comme s'ils étaient le prolongement de nous-même. Ce qui leur arrive nous affecte, nous rend heureux ou nous afflige selon les circonstances. L'émotion qui en découle nous aveugle.

Ma voisine, ayant perdu récemment son mari, vit seule avec ses enfants. Je trouve sa situation pénible sous plusieurs aspects. Selon mon point de vue partial, je juge que cette famille vit de toute évidence des difficultés nettement supérieures aux nôtres. Pourtant, je ne me sens aucunement concerné par ce qui leur arrive. Par ailleurs, quand je les rencontre, j'éprouve beaucoup de plaisir, de chaleur, de présence et ressent une infinie tendresse à leur égard. Je n'hésite jamais à leur donner un coup de main au besoin. Dès qu'ils se retrouvent hors de ma perception, ils n'existent plus dans mon cerveau, qui demeure libre de toute préoccupation à leur égard. C'est au fond un amour d'une grande pureté, d'une grande légèreté, ne laissant aucune scories dans mon être.
Par contre, quand il s'agit de ma famille, tout se complique. Je me laisse facilement emporter dans un mouvement émotif qui me fatigue, m'use prématurément et qui parfois même me porte à l'ingérence. Pourquoi? La question est difficile, elle se rapporte aussi à soi-même. Comment prendre ses responsabilités face à ses proches et à soi-même sans se laisser emporter par les événements qui arrivent nécessairement? Le défi est de taille, soit de rester froid et indifférent face aux événements afin de conserver l'énergie et la lucidité requise pour pouvoir vraiment être aidant, pour pouvoir rester présent et disponible à l'égard des autres et de soi-même. Sinon, l'inquiétude, la colère et autres émotions viennent m'aveugler et me durcir.
L'infinie tendresse dont il est ici question est accueil, acceptation, pardon et lâcher prise face aux événements de la vie. Infinie tendresse qui n'est autre que l'Amour.
S'il m'est plus facile de bien aimer mes voisins que de bien aimer mes proches ou moi-même, c'est que dans l'amour de mes proches et de moi-même il y a un plus, un plus qui en fait est un trop, et ce trop est le trop fort intérêt que je leur porte et me porte. Avec mon voisin, c'est le désintéressement, voir le détachement qui me sert bien et me garde présent, énergique et lucide pour agir et faire ce qui doit être fait dans l'immédiat.

Parfaite indifférence et infinie tendresse sont deux forces paradoxales nécessaires à l'existence de l'Amour véritable.

La dépression
Contrairement aux désirs de notre ego, la vie n'est pas une ligne droite ascendante. La vie est plutôt une courbe sinueuse faite de hauts et de bas. Quoi qu'on veuille et quoi qu'on fasse, malgré tous nos efforts pour croître et s'améliorer, on se dirige tous vers une mort certaine.
On recherche le plaisir, la joie de vivre, le confort, et c'est bien naturel. Mais que se présente un sentiment de tristesse, de faiblesse ou de fatigue, et on le prends mal. On fera tout pour dissimuler à soi et aux autres ces sentiments qu'on dit et juge négatifs, on fera tout pour s'en défaire.
On se laisse dire ou ou se dit: Sois positif, ne te laisse pas submerger pas le négatif, prends toi en main, brasse toi un peu. Or tous ces conseils sont loin d'être aidants.
La dépression est liée à une grande fatigue dont nous sommes souvent inconscients tellement on s'y est habituée.

Il y a la marée haute et la marée basse. Il y a le soleil et les nuages, parfois même de gros nuages sombres et lourds qui s'installent pour un temps. Même si on désire le soleil, on n'y peut rien. Les nuages sont aussi essentiels à la vie que le soleil.
Il faut accueillir les sentiments de tristesse et de déprime et non les refouler. Les laisser être et les vivre, les laisser nous dire ce qu'ils ont à nous dire car ils nous envoient des messages importants à écouter.
Et toute l'énergie qu'on ne gaspillera plus pour lutter contre les sentiments dits négatifs sera alors récupéré pour notre régénération.
Si on accueille ces sentiments de tristesse, on se rend compte qu'ils sont moins souffrants que l'on pense, qu'ils ont même leurs couleurs et leur lumière. Ils nous révèlent de nouvelles perspectives et nous aide à voir et changer ce qui ne va pas en soi.
C'est en général une période intense de changement et de remise en question. Il faut en profiter pour communiquer, s'ouvrir aux autres, et ne pas hésiter à se faire aider au besoin.
Ne pas s'apposer le qualificatif de "dépressif", ne pas en faire un mélodrame. Il y a moi et il y a en ce moment un sentiment de tristesse qui est en moi. Je l'accepte et m'y laisse flotter doucement, sans attente.
Et, un jour ou l'autre, au moment où je m'y attends le moins, le soleil reviendra enjoliver ma vie.
N.B. : - Il existe différentes formes de dépression dont certaines sont sans rapport avec ce que j'exprime ici et qui requièrent un traitement médical, hormonal ou autres.
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Le jardinage constitue, entre autres, un excellent remède contre la dépression.

Je suis possédé
À la naissance, nous sommes des êtres de pure spontanéité, d'imagination, d'expérimentation et de création. Nous sommes totalement ouvert et présent. Et grâce à cette présence, nous avons alors une capacité incroyable d'apprentissage et de développement. Le moi occupe alors toute la place. Pour fin de discussion, appelons cet état "l'enfant créatif" en soi.
M
ais assez rapidement, au contact de mon environnement, se mettra en place une autre partie du moi. Il s'agit d'un genre de mécanisme d'adaptation et de survie qui entre en fonction, prend forme et se développe pour devenir ce que nous appellerons "la personnalité". C'est comme si une deuxième personne, formé et adapté selon les goûts des parents ou personnes significatives de mon enfance, ou encore en réaction à ces derniers, prenait forme en moi. Que je me conforme et m'adapte pour me faire aimer, ou que je sois en réaction contre, c'est du pareil au même, mon milieu original étant dans les deux cas à la racine même de ma programmation.
Il y a donc comme deux entités en moi, mon moi réel (l'enfant créatif), et mon surmoi adaptatif et programmé (ma personnalité).
Plus le milieu dans lequel je suis né et ai grandi dans mon enfance aura été évolué et m'aura fourni un amour inconditionnel
(ce qui ne veut pas dire permissif) et un bon cadre de référence, plus la partie "enfant créatif" restera présente et pourra se manifester plus tard dans l'âge adulte. Mais au niveau d'évolution où nous en sommes, la personnalité risque fort de prendre beaucoup de place, sinon toute la place aux dépens du moi réel.
Si, par exemple, je suis une personne sur adaptée, rationnelle, structurée, disciplinée ou ambitieuse, cette forte personnalité va avec le temps éteindre ou presque l'enfant créatif en moi, du moins pour de nombreuses années.
Les types de person
nalité sont multiples bien qu'on puisse les catégoriser. Je peux posséder une belle personnalité positive et structurée qui me permet de me faire apprécier, je peux aussi avoir une personnalité sombre et triste, voir détestable. Elle peut être fondée sur un excès de confiance en moi, ou sur la timidité (le timide n'a pas moins de personnalité qu'un autre, la timidité n'est pas humilité, elle origine de l'orgueil).
Chaque personnalité est complexe et peut cacher plusieurs visages. Elle présentera le plus souvent une façade joyeuse. Mais si je creuse et regarde de très près ce qui se passe en moi, j'y découvrirai aussi probablement une sorte de grosse masse sombre, un amas de souffrances qui, selon les circonstances, sera très présent, ou encore sera masqué et ne se manifestera que lors d'un contretemps. D'ailleurs, je m'agite, consomme et me divertit énormément pour ne pas la sentir et ne pas avoir à y faire face.
Je m'identifie souvent inconsciemment à ma souffrance
(ex: je suis un faible, un cardiaque, un malade, un pauvre..) souffrance qui n'a pourtant absolument rien à voir avec ce que je suis profondément. L'orgueil peut m'amener momentanément à me sentir fort et puissant, mais l'orgueil n'est qu'une prétention sans assise qui me fera planter au prochain détour pour mieux me remettre le nez dans ma souffrance.
La personnalité peut me posséder presque complètement et prendre possession de mon corps, de mon coeur et de mon esprit. Je deviens à la limite totalement à son service. Elle me fait marcher, travailler, me presser, m'énerver, suer, gesticuler, me fâcher,.. Elle occupe mon cerveau, contrôle mes pensées et dirige la barque. Elle me mène comme un pantin. Pourtant, même si j'ai tendance à m'y identifier, elle n'est pas moi. C'est une structure inconsciente qui me vient de l'extérieur et qui d'une certaine façon a été placé en moi lors de mes relations passées.
Si je plonge en moi, j'y verrai peut-être assez facilement la super structure de ma personnalité, si je suis prêt pour cela. En y regardant encore de plus près. je pourrai peut-être aussi découvrir ce qui reste en moi de l'enfant créatif. Tout tassé et écrasé qu'il soit par la personnalité, il est pourtant toujours vivant, oui bien vivant. Car s'il n'était plus là, je serais devenu un être totalement cynique, ou désespéré, ou violent ou encore suicidaire. Cet enfant en moi, même écrasé, est tout ce qu'il me reste d'humanité.
Il est bon de faire l'exercice de regarder en arrière, pour voir et comprendre les mécanismes de formation de sa propre personnalité et ce qui l'a amené dans mon cas à prendre telle forme particulière. Mais il n'y a pas lieu de trop creuser, restons dans les grandes lignes, car cet exercice peut être sans fin. Juste comprendre le mécanisme est suffisant.
Il ne s'agit pas de vouloir évacuer de moi mon ego ou ma personnalité. Ce serait peine perdu, ce vouloir ou ce désir serait encore l'ego qui revient subtilement par la porte d'en arrière. Il faut l'accepter, l'accueillir, car sa mise en place fut nécessaire pour assurer ma survie dans le monde inconscient et imparfait dans lequel j'ai grandi et évolué. Et elle va rester présente tant que j'en sentirai le besoin pour me sécuriser, pour me sentir exister et tant que je m'identifierai à elle comme étant moi. C'est un lent cheminement, on ne sort pas facilement de soi une structure qu'on a pris 30 ou 50 ans à former. Il faut mainte fois la regarder, l'observer en action et voir ses effets parfois dévastateurs sur son corps, ses émotions, ses sentiments et sa créativité.
Il faut surtout reprendre contact avec l'enfant créatif en soi, lentement lui redonner un peu d'air, lui refaire un peu de place, lui permettre de grandir pour un jour, peut-être, si dieu le veut, il puisse redevenir l'être créatif original et parfait qu'il a toujours été et qui malgré son vécu difficile demeure intact.

La culpabilité
La culpabilité est-elle un force qui nous motive à améliorer ce qui ne va pas chez soi ? On serait porté à répondre positivement à cette question, mais, paradoxalement, plutôt que de nous aider à nous sortir de nos scénarios destructeurs, la culpabilité nous y maintient.

La culpabilité origine d'un jugement négatif que l'on porte sur soi. Le juge en soi nous déclare 'coupable'. Ce jugement vient colorer la réalité d'une connotation négative en l'étiquetant de mauvaise. Pourtant, la réalité en soi n'est ni bonne ni mauvaise, elle est ce qu'elle est. Ce jugement vient obstruer notre vision et nous empêche de vraiment voir et comprendre ce qui se passe.
Une fois un phénomène reconnu mauvais par notre ego, ce dernier va tout mettre en oeuvre pour le juguler, sans chercher à en comprendre le fondement et la raison d'être. Aussi le comportement jugé néfaste reviendra-t-il en force à la prochaine occasion, possiblement même avec plus de force, craignant pour son existence. Comme dit le dicton, chassez le naturel, il revient au galop.
On ne comprends pas que ce comportement n'est pas là pour rien, qu'il a ses raisons d'être et qu'il peut même à la limite être nécessaire à notre survie compte tenu de l'état actuel de notre évolution.
L'attitude juste serait plutôt de laisser être ce qui est et de l'observer sous toutes ses coutures, de prendre conscience de ses origines et de la souffrance qu'il cause en soi et autour de soi.
Il ne fondra que sous l'éclairage de la conscience, jamais autrement.

La compulsion vs compensation
La compulsion est un phénomène qui prend beaucoup de place dans nos vies. Elle se traduit par un comportement qu'on dit plus fort que soi, ou qui nous dépasse ou sur lequel l'ego n'a aucune prise malgré nos efforts, nos résolutions et notre volonté.
C
ertaines compulsions sont bien acceptées socialement, voir même valorisées, alors que d'autres sont mal perçues. Elles originent pourtant toutes de la même source et sont de même nature.
Ses formes les plus courantes sont la compulsion alimentaire, la compulsion sexuelle, la compulsion aux jeux, le travail compulsif et la compulsion spirituelle. Je reviendrai un jour sur cette dernière, la plus subtile mais non la moins pernicieuse.

Une compulsion pourrait se définir comme un excès dans la satisfaction de besoins par ailleurs essentiels et fondamentaux.
On utilise, entre autres, les aliments, le sexe, le jeux, l'argent ou la spiritualité pour compenser de manière non appropriée des besoins inconscients, non satisfaits ou non pris en considération dans nos vies. Or, les besoins de s'exprimer et de créer, de participer à une communauté et d'avoir un idéal transcendant seraient parmi les plus négligés et les plus compensés.
Mais la compulsion est un phénomène complexe qui prend assise en soi pour bien d'autres raisons. Elle peut aussi chercher à venir combler un vide ressenti, un