Psychologie, relations
humaines et art de vivre
"L'homme ne meurt pas, il se tue" Ainsi s'exclama le
Professeur Guéniot en 1930. Il y a donc longtemps que tout le monde le sait, et
pourtant .. L'homme est mortel, cela va de soi, mais pourquoi se tuer prématurément
? Regardons autour de nous, nous verrons des jeunes gens d'à peine 50 ans déjà
épuisé d'avoir tant couru et dont la santé flanche. Regardons en soi, nous ne
faisons pas exception, nous verrons combien notre ego ne cesse de nous faire ramer
et suer. Quoi faire ? Il n'y a justement rien à faire. Surtout ne pas se
rajouter d'exigences et de culpabilité. Se mettre un peu au neutre de temps en
temps. Ne rien faire, sinon d'observer en soi et autour de soi, sinon d'écouter
le chant des oiseaux, d'observer la forme des nuages. Relaxer, respirer !
Vos boss n'apprécieront peut-être pas mes conseils, aussi j'ajoute que ce n'est
pas le travail qui tue, mais plutôt notre attitude face au travail. C'est que
notre ego nous amène toujours à en faire trop, à vouloir se prouver, à vouloir
être bon sinon le meilleur. La recherche du plaisir est encore bien plus
mortelle que le travail. On se tue davantage à vouloir satisfaire nos multiples
désirs, désirs toujours insatiables, désirs cachant nos peurs. Et pendant
ce temps, on est bien trop affairé pour pouvoir remarquer et accueillir les milliers
de petits plaisirs gratuits du quotidien ! Un
homme intègre Nous avons presque tous une faille
quelque part dans notre comportement, comme un tendon d'Achille qui nous maintient
dans l'ombre de nous-même. Il nous empêche de réaliser notre
potentiel, de se sentir dans sa force et de ressentir la véritable joie
de vivre. Il suffit qu'on soit faible ou vulnérable
dans un seul aspect de notre vie, pour que toute notre vie s'en trouve affectée.
Une seule faille suffit à nous perdre. Si
un comportement particulier me maintient dans la honte et la culpabilité,
je me sentirai totalement mécontent de moi la plupart du temps, peu importe
les autres aspects positifs de ma vie. "Une seule faute
ruine beaucoup de bien. Un peu de folie gâte une grande sagesse, un mouche
morte infecte tout l'huile du parfumeur."* J'ai
pris 100 fois des résolutions, j'ai décidé 100 fois de repartir
ma vie à neuf, mais toujours et toujours, je suis retombé dans le
même scénario destructeur. Parfois, j'ai réussis à
colmater temporairement une brèche dans ma personnalité pour qu'une
autre fissure se déclare ailleurs peu après. C'est comme s'il existait
en moi un inconcevable et inexplicable besoin compulsif de me fuir ou de m'autodétruire.
Là comme ailleurs, les forces du chaos sont en action. À la
longue et en prenant de l'âge, à force d'essais infructueux, l'espoir
d'une vie meilleure et plus satisfaisante s'effrite, laissant place au septicisme
et au découragement. Maintenir un comportement compulsif qui répugne
à mon intelligence et à ma spiritualité, c'est plutôt
surprenant à première vue, mais les dimensions intelllectuelle et
spirituelle de mon être ne semble pas faire le poids devant les désirs
et besoins d'ordre physique ou émotif. Dans ces circonstances, ma raison
me fait me sentir comme un pantin sans force et sans direction, divisé
intérieurement et impuissant à juguler tel comportement que je réprouve
et qui m'éprouve. Mes contradictions internes me déchirent, désintègrent
peu à peu mon estime de moi et, finalement, me désintègrent.
La dimension fondamentale qui manque à mon être, c'est l'intégrité,
c'est à dire la capacité d'avoir un comportement qui soit cohérent
avec les valeurs qui me tiennent à coeur. Alors qu'un homme divisé
et tiraillé par la honte et les peurs qui en résultent est un homme
faible et vulnérable, un homme ingègre dégage de la force.
Ce dernier n'a rien à cacher et vit de la même façon qu'il
soit seul ou avec d'autres. Il ne ressent aucune honte en ce qui le concerne,
ce qui lui confère un grand pouvoir. Par ailleurs, l'homme divisé
ne sera souvent que l'ombre de lui-même et, même s'il s'adonne à
de nombreux plaisirs, il ne pourra ressentir la joie véritable. Être
intègre, c'est avoir le courage de faire face à ses peurs, de toujours
faire de son mieux, d'accorder aux choses leur juste place, peu importe les circonstances,
plutôt que de fuir et de se désintégrer dans les drogues ou
comportements compulsifs de toutes sortes. On comprend qu'un homme intègre
sera un homme plus vertueux, mais il ne s'agit pas de cultiver la vertu pour la
vertu, par idéal ou ambition, mais uniquement parce qu'elle apparaît
incontournable si on veut accéder à une meilleure
qualité de vie. Plus je pourrai visualiser clairement les avantages
pour moi d'être un homme intègre et plus je pourrai y accéder
souvent. Toutefois, je ne dois en aucun cas vouloir m'imposer de force quoi que
ce soit, mais plutôt me le suggérer avec douceur, patience et compréhension.
Aussi, évitons les attitudes ou positions trop idéalistes, soyons
plutôt vertueux avec modération, sans excès et sans se prendre
trop au sérieux. *Livre de l'Ecclésiaste Patience,
tolérance et endurance Ce sont là
trois vertus fondamentales pour se préparer un bon karma ou un bon avenir
à moyen et long terme. Elles sont essentielles à tout bon jardinier,
mais tout autant pour maintenir de bonnes relations avec les autres et son environnement.
Ce sont entre autres des outils essentiels pour qu'un couple dure et passe à
travers les différentes crises qui surviendront inévitablement.
Si on les oublie trop souvent, réagit avec colère ou frustration,
ou qu'on lance tout en l'air à la première crise, on risque fort
de se retrouver de plus en plus souvent seul. Par exemple, si une femme aime
vraiment son mari, elle l'acceptera tel qu'il est et même l'accompagnera
dans les diverses crises évolutives qu'il vivra dans le temps, même
au risque de déstabiliser leur couple à court terme. Si celle-ci
sait être patiente et tolérante, elle permettra ainsi à son
couple de durer et de passer à travers les crises. Et un jour, leur couple
se retrouvera encore plus fort, plus beau et plus stable. Patience, tolérance
et endurance, des vertus qu'on oublie et qui ne sont plus très à
la mode, mais combien importante pour des relations vraies et durables. Elles
sont partie intégrante de l'Amour.
Fonte
de la couche de glace Ces jours-ci, j'observe
la couche de glace en train de fondre et de se dissoudre progressivement sur la
rivière. Tout un spectacle ! Bientôt, dans quelques jours à
peine, la rivière recommencera à couler et à chanter, et
les canards suivront peu après. En prenant de l'âge, je me sens
moi aussi comme un bloc de glace en train de fondre et de se liquéfier.
Plus je vieillis, plus ma forme perd de sa force, plus son contour devient flou.
Je ramollit sur tous les plans, sur le plan physique, c'est visible et évident,
mais tout autant sur les plans émotif, caractériel, intellectuel
et spirituel. J'étais auparavant un être très structuré,
or je me déstructure, me désorganise. J'avais du caractère,
or il se perd. J'avais beaucoup de volonté et de discipline, or ma
volonté fond comme neige au soleil. Je suis devenu incapable de faire autre
chose que ce que j'aime et m'attire, ou que ce qui s'impose dans l'instant. La
discipline et les contrôles sont devenus inopérants. Je perds progressivement
tout contrôle sur mon être. Si je regarde ma situation par le
lorgnon de mon ego, c'est évident qu'elle se détériore.
On pense souvent que seul le corps vieillît pendant qu'en parallèle
on se renforce sur les plans moraux et spirituels, mais cela aussi n'est que croyance.
Les barrières maintenues par la volonté et la discipline se volatilisant
en prenant de l'âge, les pulsions longtemps refoulées se manifestent
parfois avec plus de force. Aussi, les croyances spirituelles et les idéologies
ne résiste plus à l'expérience de la réalité
et s'envolent les unes après les autres. Tout s'en va, jusqu'à
ce qu'il ne me reste plus rien, que je ne me sente plus soutenu par rien, par
rien d'autre que l'instant présent et sa réalité toute nue.
Vu sous l'angle de la sagesse, c'est le lâcher prise qui prend place peu
à peu, sans que mon ego n'y soit pour rien. Plus
rien n'a autant d'importance qu'avant, j'ai de moins en moins le goût d'avoir
raison, d'acquérir tel bien, telle qualité ou vertu, d'avoir une
bonne image, de faire ma marque ou de laisser quelque chose pour la postérité,
tout cela me semble bien vain. Par ailleurs, je deviens plus sensible, plus chaleureux,
plus présent et disponible pour moi-même, les autres et mon environnement.
J'étais solide, dur, et froid comme la glace. Je deviens aussi indécis,
instable, changeant et insaisissable que l'eau de rivière. Je passe lentement
de l'état solide à l'état fluide, tout comme l'eau qui coule
et épouse la forme que lui dicte son environnement. Toute forme a
un commencement et une fin. Un jour, plus tard, ce qui restera de mon être
se volatisera dans l'univers. Ce sera le retours au néant, à l'informel,
c'est-à-dire à l'état divin, qui par définition est
vacuité et omniprésence. Un
grain de colère, un champ de misère Encore un petit grain
de colère qui s'est inséré subtilement dans ma vie, une fois
de plus. En prenant de l'âge, je les tolère moins bien; ma carapace
s'étant ramolli, ils me font de plus en plus souffrir. J'ai bien senti
ce petit soupçon de colère germer en moi, avec son odeur de jalousie
et de frustation, mais l'ai laissé entrer en me disant que je saurais contrôler
sa croissance en temps et lieux. Je me suis leurré. Je devrais pourtant
savoir par expérience qu'il en découlerait nécessairement
de la souffrance pour moi et les autres. Mais il semble que la mémoire
soit courte en ce domaine, les même scénarios se répétant
inlassablement, tout étant toujours à recommencer. Peut-être
qu'un jour, à force d'en souffrir, si je n'en meurs pas avant, je finirai
par comprendre. Par comprendre quoi ? Que la colère nous ronge et est
source de souffrance et de mort. Que le moindre grain de colère, si je
le laisse germer, grandira rapidement jusqu'à envahir tout mon espace.
Il émettra rapidement des rhyzomes qui se feront sentir dans tout mon environnement,
au détriment des autres et de moi-même. Il génèrera
de la souffrance et des problèmes pour une longue période, même
que ses traces ne disparaîtront jamais totalement. C'est pourquoi il est
si important d'être vigilant afin d'éradiquer dès le départ
le moindre germe de colère en soi, et de ne jamais oublier que ce sont
les petites choses qui sont le plus importantes et font toute la différence.
Il faut savoir que la colère ne peut pousser dans un champ ou prélomine
les différents cultivars de l'amour que sont la tendresse, la patience,
la compréhension, la compassion et l'empathie. L'amour est l'antidote de
ce poison qu'est la colère. N'hésitons pas à semer de
l'amour sous toutes ses formes si on veut vivre longtemps et vivre dans la joie.
L'amour est aussi fait de toutes ces petites attentions que sont la gentillesse,
le respect, la tendresse, l'écoute et la présence à soi et
aux autres. Toutes ces petites attentions, que je qualifiais auparavant de 'memérages'
inutiles, de pertes de temps ou de signes de faiblesse, je commence maintenant
à en percevoir tout leur sens et leur importance. Elles sont en fait l'expression
de l'amour au quotidien. Je perçois mieux maintenant
toute la sagesse des personnes attentionnées et pleines de gentillesses
envers les autres. En s'occupant des autres, on s'occupe de soi. En semant
de l'amour en soi et autour de soi, on récolte de la joie et du bonheur. À
la fois si proche et si loin Ils forment un jeune couple,
mais il est parti au bout du monde pour une mission militaire pendant qu'elle
reste seule au pays à s'occuper des enfants. Il lui manque beaucoup, elle
pense à lui constamment et prie pour qu'il revienne le plus vite possible.
Lui s'ennuie à mourir et ne pense qu'au jour où il rentrera au pays
retrouver sa famille. Ils se portent dans leurs coeurs. À la fois
si loin et si proche. Ils ont pris leur retraite et vivent à demeure
dans la même demeure. Le plus souvent, lui est dehors, elle en dedans, ou
lui en bas, elle en haut, ou elle écoute la TV pendant qu'il navigue sur
internet, ou il bricole pendant qu'elle fait autre chose. Leurs activités
et centres d'intérêts sont bien différents. Ils se croisent
à l'heure des repas mais ne se parlent plus que de la pluie et du beau
temps. Ils ne font plus de projets ensemble, ou si peu. Ils se tombent souvent
sur les nerfs. Seulement un pas à faire pour se rapprocher mais ce pas
semble infranchissable. On s'est perdu de vue dans la même maison. À
la fois si proche et si loin. Usé par le temps, il décède
subitement, emporté par une crise côté coeur. Elle reste seule,
pleure son départ et le porte aux nues. Il suffisait donc qu'il s'éloigne
pour attiser à nouveau la flamme de l'amour et que l'on puisse redire:
À la fois si loin et si proche. 'Les
coeurs les plus proches ne sont pas ceux qui se touchent' (proverbe
chinois) L'important,
c'est la rose Comme il
faut en avoir fait de chemin et de détours avant de se rendre compte que
le bonheur ne résidait pas si loin, qu'il était à portée
de main, sous ses pieds. Comme
il me faudra m'en avoir imposé de souffrances avant de me rendre compte
que l'important n'est ni la carrière, ni l'argent, ni le pouvoir, ni le
plaisir. Ces biens ont leur place, mais si on en fait un but en soi, elles seront
éventuellement sources de souffrances et de désillusions. Or,
ce n'est malheureusement que sur le tard de sa vie, alors qu'on s'est déjà
rendu malade, ou qu'on a perdu sa femme et ses enfants et se retrouve seul, ou
qu'on est simplement usé par la vie, qu'on prend conscience que l'on a
négligé l'important pour se laisser attirer par des miroirs aux
allouettes. Le bonheur ne s'achète pas, il est tout simple, tout près,
on le bâtit au jour le jour dans l'amour, l'attention et le respect de soi
et de ses proches, dans le pardon, dans la tendresse. Comme une rose qu'on aime
et qu'on arrose à tous les jours, même si elle pique parfois.
J'aurai beau avoir acquis la notoriété, la richesse et être
capable de me payer tout ce que je désire, si je n'ai pas l'amour, je n'ai
rien et ressentirai le vide sous mes pieds. Tomber
en vacances Je me rappelle mon enfance, les sentiments de joie et de
liberté qui m'envahissait au dernier jour d'école... Mais cela
ne durait jamais longtemps, mon père me récupérait rapidement,
il fallait bien entretenir les immenses propriétés de la Fabrique
de St-Honoré, les plus prospères de la paroisse. Et nous passions
le reste de l'été dans le champ de bleuets à se faire des
sous pour pouvoir s'acheter des vêtements et des fournitures scolaires.
Je n'ai pas appris à m'amuser, mais j'ai appris à travailler. On
ne valorisait alors que le travail et disait de l'oisiveté qu'elle était
la mère de tous les vices. Se sentir léger, en vacances, être
enjoué, être heureux, profiter de la vie, c'est à la fois
si simple et si difficile. Être détendu, de bonne humeur, se sentir
libre, ressentir la joie de vivre, tellement de choses s'y opposent. En général,
nous nous sentons plutôt lourd, lourd de responsabilités,
d'engagements, d'habitudes, d'acquis, de biens et connaissances accumulés.
Tout cela nous pèse et nous alourdit. Notre vie est si compliquée.
Nos têtes sont pleines de projets, de désirs, d'ambitions, et aussi
de tracas, d'inquiétudes, de peurs et de besoins de toutes sortes, besoins
qui sont d'ailleurs le plus souvent de faux besoins. Notre quotidien est tissé
d'attentes, petites et grandes, d'où originent nombre de frustrations,
petites et grandes. Prenons vacances de tout cela, de nos rôles, des
personnages qui nous habitent, oublions ce que nous sommes et perdons-nous dans
la vie. Donnons-nous des permissions, disons oui à tout ce qui se présente,
sans attente ou désir. Partons en vacances. Pas nécessaire de
se saouler ou de se doper pour fuir quoi que ce soit, plutôt se saouler
d'oxygène, de beauté et d'émerveillement. Pas nécessaire
de quitter qui ou quoi que ce soit, pas besoin de partir au loin, plutôt
prendre conscience de la beauté de la vie qui nous entoure déjà
et des personnes que nous côtoyons quotidiennement. Profitons de l'abondance
qui nous entoure de partout sans vouloir posséder. Rien ne sert de changer
de cadre, il s'agit plutôt de changer d'attitude, de s'ouvrir les yeux.
Changer d'attitude dans son cadre de vie. Le plus beau voyage,
c'est lorsque le quotidien devient source de joie et d'émerveillement,
et il ne coûte rien. Renonçons à nos mélodrames,
aux coups d'éclats, aux grands voyages et décidons d'aimer simplement
ce que nous avons et ce que l'on côtoie, avec bonne humeur. Soyons soleil
et réchauffons le cur de tout ce qui nous entoure. Optons pour la
tranquillité, la sérénité, la quiétude dans
l'instant. Reposons-nous dans la présence à l'instant, l'ici maintenant.
Jouons, oublions nos montres, profitons de la vie, respirons à plein poumons.
Retombons en enfance.
Les pinsons et les
moineaux Dans nos relations quotidiennes, on rencontre généralement
deux types de personnalités, l'une s'apparente aux pinsons tandis que l'autre
s'apparente aux moineaux. Les pinsons ou les pincés se donnent de l'importance
et veulent s'élever au-dessus de la masse. Ils volent haut et regardent
les autres de haut. Les moineaux quant à eux se voient petits, volent bas
et se pensent nés pour un petit pain. Les pinsons font tout ce qu'ils peuvent
pour impressionner les moineaux, et les moineaux le sont parce qu'ils se laissent
impressionner par les pinsons. Si on est né moineaux, on a très
peu de chance de se muter en pinson et vice versa. C'est
un gène héréditaire qui se transmet de génération
en génération. Toutefois, le même volatil peut se prendre
pour un pinson dans une situation et par ailleurs se sentir moineau dans un autre
contexte. Les pinsons qui se donnent un genre supérieur ne sont souvent
ni plus riches, ni plus brillants et ni plus sûrs d'eux que les autres,
ils prennent cette attitude inconsciente pour se sécuriser et cacher leur
insécurité. Ils peuvent parfois être durs et froids envers
les moineaux, et ne voulant rien avoir de commun avec les moineaux, ils s'isolent
dans leurs nids qu'ils veulent le plus dorés possible.
Les timides moineaux ne sont ni moins talentueux ni moins intelligents que
les autres. Toutefois, ils ne le savent pas, manque de confiance en eux, ont souvent
honte et cherchent à se terrer dans leur petit nid. Ces rôles
se jouent sur la scène d'un théâtre comique, presque loufoque,
ou les deux espèces, en même temps qu'ils cohabitent difficilement,
sont fort dépendantes pour soutenir leurs jeux. Quand on perçoit
le ridicule de la comédie, cela donne envie de sourire et même d'en
rire. Mais cela donne aussi envie de rire jaune tellement le spectacle fait
triste à voir, cause des souffrances inutiles tout en faisant obstacle
aux vraies relations. Quelques spécimens d'une
nouvelle espèce commencent à émerger de la nuit des temps,
soit ceux qui se perçoivent et perçoivent les autres tels qu'ils
sont, mais ce sont encore des oiseaux rares.
Épisode
143 du roman-feuilleton L'épouse va faire du ménage
dans l'atelier de son mari, elle jette quelques objets qu'elle juge sans intérêt,
sans lui demander son avis. Son intention originale était de lui faire
une surprise agréable, mais celui-ci le prends très mal, choqué
qu'elle soit venu jouer dans ses plates-bandes sans sa permission. La colère
monte progressivement en lui et l'importance accordée à cet événement
prend de l'ampleur et s'enfle avec le temps. Un mélodrame s'amorce. "Comment
a-t-elle pu faire une telle chose ? Il n'y a plus de place pour moi dans cette
maison !" Il s'emballe de plus en plus, dramatise
et finit par tirer de grandes conclusions du genre: "Cette femme est un monstre
qui prend toujours toute la place et ne me considère pas! Je ne peux plus
vivre avec elle! ..." Il profite de l'erreur de l'épouse pour
construire un bel épisode de télé-roman où il pourra
se sentir vibrer et vivre. Peu importe s'ils en souffrent ! C'est quand même
mieux qu'une petite vie plate et monotone, non ! "Pauvre de moi, je souffre
à cause d'elle, elle est la cause de mes malheurs!" Et pendant ce
temps, je n'ai pas besoin de regarder le nombril pour comprendre ce qui se passe
en moi et y changer quoi que ce soit, car ce n'est pas de ma faute... et ce scénario
se répétera sûrement dans le temps. Pourquoi est-il si
difficile de s'en tenir au fait ? "Elle est venu faire du ménage dans
mon atelier. Elle a jeté deux vieux outils que j'utilise rarement, mais
qui aurait pu me servir éventuellement. Je peux la remercier pour le beau
ménage tout en l'informant que je n'accepte pas qu'elle jette des choses
qui m'appartiennent sans me consulter. Je peux m'en tenir là comme je peux
lui demander de réparer son erreur si cela est possible. Ainsi, je m'affirme,
définit mon territoire et permet à l'autre de connaître mes
limites. On peut se servir de tout ce qui arrive dans nos relations pour
apprendre et enseigner, mais on aime bien mieux les romans-feuilleton.
Forces
et vulnérabilités Certaines plantes sont solides et résistent
aux vents et aux intempéries. D'autres s'écrasent au moindre coup
de vent et s'en relèvent difficilement. Ces dernières ont besoin
de tuteurs ou encore d'être bien entouré et supporté par les
plantes environnantes pour s'épanouir. Une plante résistante
au vent peut s'avérer sensible aux maladies alors que celle sensible au
vent peut se montrer résistante aux maladies. Chaque plante a ses forces
et vulnérabilités. Comme le chêne fort qui peut pourtant se
casser sous le vent alors que le roseau ploiera sans jamais se casser. Il
en va de même des humains. Certains résistent à la critique
et vont droit leur chemin, quoi qu'il advienne. D'autres ont besoin d'être
entouré de personnes attentionnés et affectueuses pour bien fonctionner.
Plutôt que de vouloir nous changer, apprenons à nous connaître,
acceptons-nous tel que nous sommes et plaçons-nous dans la mesure du possible
dans des conditions qui nous sont favorables. (N.B.: Le texte
"Notre habitat" porte sur ce même thème)
On
s'ambitionne J'aime les fleurs, j'aime jardiner. Je commence par me
faire une petite plate-bande en bordure de la maison. Cela me procure beaucoup
de plaisir. L'année suivante, j'en veux plus. Aussi, je développe
un autre secteur de mon terrain et m'achète d'autres fleurs, bien plus
qu'il ne m'en faut. Et d'années en années,
j'en veux toujours plus, ne cessant de tasser la nature afin de développer
d'autres plates-bandes. Je m'ambitionne et prend de
l'expansion jusqu'à ce que je ne sache plus où donner de la tête.
La mauvaise herbe commence à prendre le dessus, je deviens impatient
et débordé. Je n'ai plus de temps pour moi et ma famille. Je perds
le contrôle. Ce qui était un grand plaisir au début, devient
progressivement source de préoccupations, de fatigues, voire de déception
et de frustration. Pourquoi est-il si difficile de se contenter, de rester
dans ses limites ? Petite
question liée aux grandes questions relatives à l'orgueil, au plaisir
compulsif et autres. Tout est lié, la plus petite question peut nous mener
à la grande question fondamentale du sens de la vie.
Les
éclopés de l'amour Nous le sommes tous, ce n'est
qu'une question de degré. C'est notre état d'être habituel,
nous ne connaissons pas autre chose, aussi ne le remarquons-nous plus, à
moins d'être en crise. Que voulez-vous, personne n'a eu de parents parfaits
ou n'a vécu dans un environnement idéal. Et celui qui aurait vécu
dans un monde idéal ne comprendrait peut-être rien à la vie.
Je regardais l'autre jour une émission de TV ou des filles cherchaient
à vendre le service de conversations téléphoniques érotiques
en se trémoussant devant l'écran, avec pour objectif ultime de vider
le portefeuille d'hommes esseulés. Peut-être que certaines filles
peuvent y trouver du plaisir et leur compte, mais pas celles que j'observais.
Elles dansaient de façon malhabile, sans motivation, sans intérêt
et sans présence. On aurait dit des pantins sans âmes. Et ce qui
me frappa le plus, ce fut leur regard vide et triste. On sentait leur désolation
à faire un travail qui au fond leur répugnait. C'était des
filles qui avaient un grand potentiel de beauté, mais qui l'avaient perdu
par leur façon d'être déconnectée de leur nature, avec
leur seins gonflés, leur masque de maquillage et leurs habits de vinyle.
Il faut être sérieusement éclopés pour en venir à
se perdre ainsi pour de l'argent, ou par désir de charmer ou de plaire
aux autres. Et je pourrais en dire tout autant de nous les hommes qui utilisons
leurs services, car ces filles ne sont que le miroir de nos désirs.
Mais pas besoin de regarder la TV pour voir des éclopés de l'amour,
juste à se regarder le nombril ou pas bien loin autour
de soi. Nous y trouverons facilement des êtres décentrés,
perdus ou à la remorque des autres; des êtres se conformant aux désirs
et aux quatre volontés des autres ou de la société. On
est tellement dépendant et vulnérable qu'on place son pouvoir, sa
vie, entre les mains des autres et on se laisse manipuler et façonner comme
des marionnettes. On est tellement sensible à l'opinion des autres qu'un
rien peut nous frustrer ou nous jeter par terre. On est prêt à
tout pour plaire, se faire remarquer, faire plaisir, se faire aimer et accepter,
même à se faire violence, à se percer la langue s'il le faut
ou encore à prendre des risques inconsidérés. On se durcit,
se fait une carapace pour résister à un tel régime, et l'on
devient tout aussi dur pour les autres que pour soi. Sans compter que le manque
d'amour est responsable de la plupart de nos maladies, autant physiques que psychologiques,
de même que la plupart des problèmes sociaux. En réalité,
on se fait mal, on se fait soi-même mal, se rend soi-même malade,
en toute inconscience. Et tous ces éclopés de l'amour, ne pouvant
donner ce qu'ils n'ont pas reçus, continuent à faire prospérer
le règne des éclopés autour d'eux. On ne s'en rend pas
compte, mais au fond, on est sérieusement en manque, et on cherche à
combler ce manque de façons mésadaptées. On est en manque
d'amour, pas d'amour passion mais d'amour vrai, une denrée si essentielle
et pourtant plus rare que l'or, la seule pourtant capable d'étancher le
grand vide, le grand trou qui est au coeur de soi. L'amour, toujours l'amour,
l'amour de soi, des autres et de tous les êtres demeure la seule thérapie
possible. Rien ni personne, à jamais, ne pourra réparer le tort
qui nous fut causé par le manque d'amour, faisons-en notre deuil et acceptons
de continuer à vivre comme des êtres tordus. Mais si nous en sommes
conscients, cela pourra nous aider à comprendre et à progresser
dans la vie. Et ne parlons pas de tort et ne faisons pas de recours collectif,
parlons plutôt d'un nécessaire processus d'évolution.
Il faudra du temps pour briser le cycle infernal du manque d'amour, mais entre
temps, voyons comme il nous mine et nous brise et mettons un peu de patience,
de tolérance et de tendresse dans nos curs. Nous, les grands
éclopés de l'amour, pensons nos plaies et soyons davantage sensible
à soi et aux autres. On
ne se parle plus Je vois
souvent des gens qui ne se parlent plus ou même ne se regardent plus, des
êtres pourtant proches comme des parents, des voisins ou des confrères
de travail. Et c'est très courant. Cela me surprend toujours qu'on
puisse cesser de parler à son frère, à sa mère, à
son fils ou par exemple à un confrère de travail qu'on croise plusieurs
fois par jour. Et cette situation peut perdurer des semaines, des mois, des années,
voire presque toute une vie dans certains cas. Vous comprendrez qu'un tel
comportement comporte une forte dose de violence psychologique. Si je discute
avec ces gens, ce sont pourtant des gens informés, intelligents et structurés;
on pourrait même dire des gens évolués ou comme on dit des
gens très bien. Alors, pourquoi et comment en sont-ils venus à adopter
un tel comportement ? C'est toujours parce qu'une personne m'a frustré
ou blessé dans mon orgueil que j'en viens à la bouder. Et je suis
bien déterminé à ne pas faire les premiers pas car, bien
entendu, ce n'est pas de ma faute. Je voudrais bien que l'autre reconnaisse ses
torts, viennent s'excuser ou encore change de comportement. Moi, je n'y suis pour
rien, je suis correct, je suis normal. Et c'est ainsi que nos egos, bien gonflés
d'orgueil, continuent à s'entrechoquer durement. Ne plus se parler
est une situation extrême, il existe bien d'autres formes de violence psychologique
dans les relations de couple, de travail ou autres. On n'y est tellement habitué
qu'on ne les voit pas, on pense que c'est normal; mais si on était très
près de son cur et de ses émotions, on verrait leurs effets
dévastateurs. La violence psychologique n'est pas moins dommageable que
la violence physique, elle est plus insidieuse, plus difficile à percevoir
et on sait déjà que c'est tout ce qu'on ne voit pas qui fait le
plus de ravages. Chaque fois que je me sens frustré par le comportement
ou les paroles d'un de mes proches, ma colère fait uvre destructrice
et je manifeste une certaine forme de violence, souvent de manière très
subtiles et inconscientes, ne serait-ce que par les ondes que je dégage.
La frustration survient quant l'autre ne réponds plus à mes
attentes, à ce que je désire qu'il soit ou qu'il fasse ou encore
à l'image que je m'en fais. Mon ego veut toujours tout contrôler,
moi d'abord, les autres bien sûr et souvent ses enfants qu'on perçoit
comme le prolongement de son propre ego. Quand on ne parle plus à l'un
de ses fils par exemple, c'est bien évident qu'on se fait tout autant de
mal qu'on en fait au fils qu'on boude. Tout l'entourage et même l'atmosphère
en sont affectés. Quand le bonheur de retrouver l'un de ses fils ne
se retrouve qu'à portée du téléphone mais qu'on choisit
malgré tout de s'entêter dans son malheur et sa souffrance, je me
dis que l'orgueil est d'une force incroyable ! Nous sommes vraiment curieux, nous,
les êtres qu'on dit 'humains'. On en vient là parce qu'en fait
on ne sait pas aimer. Aimer, c'est accueillir et accepter l'autre tel qu'il est
sans vouloir le changer ou le posséder d'aucune façon. Si on savait
aimer, l'autre n'aurait jamais le pouvoir de nous frustrer. Nous n'attendrions
rien de lui et le voudrions libre, nous contentant de l'épauler au besoin
dans sa démarche. Facile à dire, mais combien difficile à
mettre en pratique.
Faire
le vide autour de soi Comment se fait-il qu'on soit si peu relié
aux autres, du moins pour beaucoup d'entre nous ? C'est
qu'on a peur des autres. On craint d'abord pour sa propre sécurité
ou pour celle de ses possessions, possessions composées de biens ou d'êtres.
On a un grand sens de la propriété voyez-vous, et ne venez surtout
pas mettre le pied sur mon terrain ! Aussi, on est égoïste et on recherche
constamment le plaisir personnel; on ne veut pas être embêté
ou dérangé par personne. On étiquette
les gens et les rejette du revers de la main. On accepte bien mal tout ce qui
est différent de soi. Et on pose des gestes ou porte des jugements qui
font que les gens se sentent mal à l'aise, sinon blessés, et finissent
par s'éloigner. Avec le temps, on s'isole en élevant des barrières
de plus en plus hautes autour de soi. Et on souffre de cette situation sans trop
comprendre ce qui se passe, pensant bien sûr que ce sont les autres qui
sont de travers. Et un jour un voisin ne nous parle plus, et puis un autre,
et un ami s'en va, et bientôt nos frères et surs ne viennent
plus nous voir et on est juste pour appeler sa vieille mère
deux fois par année. La peur, le désir de sécurité
et la recherche du plaisir ont gagné une fois de plus la partie. On conserve
parfois des relations polies, mais sans chaleur. Et avec le départ
de ces personnes qu'on a jugés indignes de soi, s'est aussi envolé
la joie de les découvrir, d'apprendre à les connaître et de
grandir avec eux. Il ne nous restera bientôt que la solitude et, son inséparable
compagnon, la souffrance. On peut bien vivre dans un beau château ou
une tour de verre bien gardée, mais s'il n'y a pas l'amour, il n'y a que
désolation. Et je ne parle pas ici de l'amour sélectif, conditionnel
ou possessif qui n'est pas Amour. S'oublier,
la pire chose (1) On ne rend service à
personne en s'oubliant pour se dévouer pour les autres. On ne se rend pas
service, c'est évident, mais on ne rend pas plus service aux autres comme
nous le verrons. Notre ego, par désir d'être quelqu'un de bien ou
de se faire aimer, nous incite constamment à s'oublier pour faire plaisir
aux autres. C'est aussi ce qu'on nous a appris étant jeune.
Mais, avec cette attitude, on risque fort de trop en faire et d'affecter
sa santé physique et morale et même, à la limite, de se ruiner
physiquement et financièrement. À la longue, on en vient à
ne plus savoir qui on est et quelles sont nos limites, à ne plus se sentir,
à ne plus exister. On devient fatalement malheureux,
fatigué, harassé, de mauvaise humeur ou malade et cela déteint
sur toutes nos relations et tout notre environnement. Et si on est malheureux
dans ce qu'on fait, on ne pourra jamais être aidant, malgré nos bonnes
intentions, tout au contraire. Penser
à soi, se respecter, respecter ses limites, c'est une clé du bien-être.
Observons le comportement des autres à notre égard car il est le
parfait miroir de notre propre comportement envers nous-même. Si les autres
ne me respectent pas, c'est que je ne me respecte pas. Si je me respecte, les
autres me respecteront, cela se fait tout seul, naturellement, en fonction des
ondes que je dégage. Gabrielle, une jeune femme,
me racontait un jour son histoire. Cinq ans auparavant, elle s'était amouraché
de Pierre, un jeune étudiant en première année de médecine.
Elle l'aimait aveuglément, comme on le fait tous à cet âge.
Ils décidèrent de vivre ensemble et, comme elle travaillait, elle
le prit en charge, allant jusqu'à payer ses études, le nourrir,
le laver et prendre un peu pas mal la place de sa mère. Plus tard, ils
firent aussi deux enfants dont elle s'occupait. Elle s'oublia et se perdit de
vue dans cette relation, cherchant par son comportement inconscient à se
l'attacher, à sécuriser sa relation. Aujourd'hui, elle m'exprime
sa tristesse et son malheur, car Pierre vient de la quitter. Il est tombé
amoureux d'une consur de travail et l'a plaqué là pour partir
avec elle, la laissant ainsi seule avec les enfants, face à sa solitude.
Notre ego se leurre quand il pense que l'autre nous manifestera
de la reconnaissance, cela ne se passe pas ainsi dans la réalité.
Si on cherche la reconnaissance de l'autre, on place son pouvoir entre ses mains
et on court le risque qu'il s'en serve à nos dépens. Ce qui ne veut
pas dire que la reconnaissance ne se manifeste jamais, elle se manifestera le
plus souvent au moment où on ne fait rien pour la rechercher, sinon en
étant soi et en étant bien avec soi. Je ne veux pas prêcher
ici pour l'égoïsme, le narcissisme ou le nombrilisme. Je ne dis pas
de ne pas aider les autres ou de ne pas faire de bénévolat, je dis
d'aider les autres en se respectant, dans les limites de ses capacités
et surtout aider seulement si on a le goût de le faire et qu'on y trouve
une certaine forme de plaisir ou de joie de vivre. Sinon, il y aura nécessairement
un effet pernicieux sur moi et sur l'autre. N'oublions
pas toutefois la vérité paradoxale complémentaire qui nous
dit que savoir s'oublier est tout aussi important. Savoir prendre des risques,
savoir oublier ses limites et ses misères pour foncer dans la vie avec
amour et courage.
S'oublier,
la pire chose (2) (Réf:
"Châtelaine" de juin 2004 et "Quand le corps dit non"
du Dr G.Maté) Je viens
de lire un texte de Lucie Dumoulin dans "Châtelaine" qui complète
bien mon texte précédent sur le même sujet.
Je vous en donne quelques extraits:
"Quand nous sommes incapables de dire non, notre corps le fait à notre
place. Résultat: une maladie. C'est la thèse du docteur Gabor Maté."
"Les gens qui tombent gravement malades ont des points en commun: -
Difficulté à exprimer la colère d'une manière saine,
ou même à la ressentir. - Difficulté
à dire non aux demandes émotionnelles de l'entourage. -
Tendance compulsive à prendre soin des autres. -
Tendance à préserver l'harmonie à tout prix.
- Sens du devoir si poussé qu'il dépasse le sens du respect de soi."
"Les personnes qui étouffent de gentillesse se sentent
souvent impuissantes et frustrées parce qu'elles n'osent pas s'affirmer,
risquer de déplaire, prendre leur place ou remettre l'autre à sa
place." "Ce sont en quelques sortes des trahisons envers nous-mêmes.
Notre intelligence et notre coeur nous suggèrent qu'il serait préférable
d'agir d'une certaine manière : être en désaccord, nous fâcher,
dire notre façon de penser : "C'est assez !", dire : "Non,
je ne peux pas", etc. Mais quelque chose, au fond de nous, nous oblige contre
toute logique à céder, à abdiquer, à laisser la place
à l'autre, à dire : "Non, non, ça ne me dérange
pas du tout de faire ça pour toi..." Nous sommes incapables de renoncer
aux obligations que nous nous imposons." Quand la personne ne sait pas
où trouver ses limites, quand elle ne sait pas établir la frontière
de son territoire privé, cette incapacité psychologique à
distinguer le soi du non-soi s'étend aussi à ses fonctions physiologiques.
Le système immunitaire lui-même devient trop confus pour distinguer
le soi du non-soi..." Le système immunitaire
peut alors se retourner contre son hôte et attaquer ses propres cellules.
Et il peut se développer des maladies comme le cancer (cancer
de la prostate chez l'homme dépendant), l'asthme,
l'arthrite rhumatoïde, la colite ulcéreuse, le syndrome du colon irritable,
la sclérose en plaques et autres.
Le docteur Maté le démontre, preuve
scientifique à l'appui. Il est possible de changer de comportement
selon lui, mais ce n'est pas nécessairement facile. "Une fois qu'on
a pris conscience de sa situation, on peut décider de se respecter davantage,
à partir de maintenant. Ça s'appelle prendre la responsabilité
de sa vie." Le
courage
Tout comme la volonté, le courage n'est pas quelque
chose qu'on acquiert en travaillant et en forçant. Ce n'est pas une plume
de plus qu'on accroche au chapeau de son ego. C'est une qualité qui un
jour nous sera donné si on est prêt à la recevoir et si on
a suffisamment confiance en soi. Entre temps, on peut bien faire son fort,
se faire un carapace et parler fort, mais cela ne correspond nullement au vrai
courage. Plus notre carapace est épaisse, plus elle cache de peurs. La
vraie force est ouverture, sensibilité et vulnérabilité. Vouloir
rejeter ses peurs et être courageux est un désir qui risque plutôt
de nous maintenir dans la culpabilité et l'impuissance. Il faut plutôt
commencer par accueillir ses peurs, les observer en action, apprendre à
les connaître et voir comment elles nous amènent à nous renier
et à souffrir. Et faire face à ses peurs demande déjà
une bonne dose de courage. La peur est ce qui fait obstacle au courage. Elle
nous freine, nous paralyse et nous empêche d'être ce qu'on est tous
fondamentalement, soit des êtres de courage et de force. Mais si on affronte
la peur, on se rendra vite compte qu'elle n'est qu'une ombre ou une illusion qui
se dissout sous le regard conscient. La peur nous incite à faire ce
qu'il faut pour se faire accepter et aimer, soit et à se conformer au regard
des autres, à choisir les autres plutôt que de se choisir soi-même.
Nous avons appris à être gentil et à agir en fonction des
autres, mais nous n'avons pas appris à nous connaître, à nous
accepter et à nous aimer. Le courage, c'est aimer sans désirer être
aimé. C'est apprendre à se faire confiance et à s'aimer suffisamment
pour agir en fonction de ce qu'on est et pense profondément. C'est la cohérence
entre ce qu'on ressens, ce qu'on dit et ce qu'on fait. L'amour est le carburant
du courage. L'amour est élan du cur qui nous propulse dans l'action.
Il nous donne le courage de se surpasser, d'aller de l'avant malgré la
peur. Être courageux, c'est toujours agir en fonction de ce que notre cur
nous dicte, de l'amour et de la vie qu'on porte en soi. Être courageux,
c'est aussi continuer son chemin malgré le doute ou le découragement
qui souvent nous assaillent. Le courage, c'est choisir et décider.
Et décider nous oblige souvent à mourir au connu et à l'acquis,
soit à renoncer à la sécurité pour pour aller vers
l'inconnu et naître au nouveau. Le courage se manifeste dans de petites
choses comme dans de grandes choses. Mais il nous amènera un jour à
faire un grand saut, soit un virage à 180º, pour vraiment décider
de prioriser l'être sur l'avoir, la vie sur la survie. Il y a le vrai
courage et le faux courage. Le faux courage origine de l'orgueil, orgueil qui
n'est jamais satisfait et nous demande toujours plus pour impressionner la galerie.
Le fait de vouloir gagner un championnat quelconque ou de performer sont des exemples
de faux courage. Or ce faux courage nous demande énormément d'efforts
et de renoncement. Il nous demande de s'oublier, de négliger sa famille
et d'agir aux dépens de sa santé et parfois même de sa vie.
Par ailleurs, le vrai courage est sain, naturel et facile. Il ne demande pas d'efforts,
il correspond plutôt au lâcher prise. Il n'y a rien de spécial
à faire, sinon laisser s'exprimer la force qui est déjà en
soi, lorsque la peur n'y fait plus obstacle. Nous sommes tous des êtres
de courage, des êtres divins, mais nous en somme inconscients. Nous l'avons
oublié, distrait que nous sommes par ce qui se passe autour de nous, anesthésié
par nos habitudes, la publicité, nos relations, nos pensées toutes
faites, nos connaissances et références et tout le tourbillon de
la vie quotidienne. Lorsque notre vraie force se manifestera, nous oserons
alors avancer vers ce qu'on est et ce qu'on est en droit d'espérer de la
vie. Nous nous tiendrons debout pour faire valoir nos opinions et faire ce qui
s'impose dans l'instant. Il ne s'agit surtout pas de partir en guerre contre quelqu'un
ou quoi que ce soit, mais simplement de s'affirmer, de se dire, de prendre sa
place, d'être fidèle à soi, de sentir la passion et la vie
qui coule en soi. Un
monde problématique Arrêtons-nous
un instant pour regarder en nous, autour de nous, ou pour simplement écouter
les nouvelles. L'on se rendra vite compte que notre façon d'être
et de vivre sont problématiques, tout comme notre monde. Si je regarde
autour de moi, j'y vois nombre d'abus et d'irrespect envers la nature et les êtres.
J'y vois la pollution, l'orgueil en action et la violence, parfois très
subtile et le plus souvent inconsciente, mais non moins pernicieuse. J'y vois
la peur, le manque d'amour, les carences affectives et les dépendances.
J'y vois la misère sous toutes ses formes et toutes nos tentatives de la
fuir sous diverses diversions, déviations et compulsions. Si je regarde
en moi, j'y vois tout cela. J'y vois tout ce dont je parle dans ces pages, car
je suis ce monde, je le porte en moi. Tant d'inconscience
dont résultent tant de souffrances. En parallèle, il y a aussi,
heureusement, toutes les merveilles de la nature, des perles infinies en nombre
et en beauté. Et c'est ce qui fait circuler la vie
en moi. Comme par exemple les premiers canards sur ma rivière ce printemps
ou encore mon petit fils qui aujourd'hui faisait ses premiers pas sur la planète
des hommes. Si on n'y prend garde, toutes ces merveilles risquent toutefois
de s'éteindre sous les feux de l'orgueil, du désir et de l'ambition
des hommes. Mon petit-fils apprend à marcher,
mais je me dis que nous aussi, tout comme lui, nous aurions à nous lever
et à apprendre à marcher, comme des hommes, capables de se tenir
debout et de faire face. J'aurais bien aimé pouvoir laisser un plus
bel héritage d'amour et une planète en santé à tous
nos petits-fils.
Tout
être sensible et intelligent n'échappe pas à la souffrance,
à moins de s'être fait une carapace pour ne pas souffrir.
Tout être sensible et intelligent n'échappe pas à la joie
de vivre, à moins de s'être fait une carapace pour ne pas souffrir.
En
compagnie des épinettes Je me demande pourquoi la compagnie
des hommes me fatigue souvent alors que la compagnie des épinettes me repose
et me régénère. Les hommes sont pourtant des êtres
tout aussi naturels que les épinettes ou les écureuils. Mais, à
l'exception des jeunes enfants, les hommes ont des ego fastidieux et épuisants,
des ego qui se comparent, se confrontent et s'entrechoquent constamment. Et
ce n'est jamais l'ego de l'autre qui est en cause, mais toujours mon propre ego;
car s'il n'était pas si gros, celui des autres ne m'affecterait aucunement.
Par ailleurs, autant certaines relations
peuvent m'épuiser, autant d'autres peuvent me ressourcer, me faire du bien
et m'aider. C'est dans mes relations que se font
et se défont toutes mes tensions. Je rêve de relations
entre hommes qui soient aussi pures, simples et fraîches que
celles qu'on peut avoir avec des épinettes ou des écureuils.
Notre
habitat Chaque plante se développe dans un habitat
qui lui est particulier, dans lequel elle se sent bien et peut prospérer.
Certaines plantes poussent en sols acides, d'autres en sols alcalins, certaines
exigent un sol humide, d'autres un milieu sec. Certaines aiment être exposés
au soleil, d'autres ne poussent qu'à l'ombre, ou sur les caps, ou dans
les tourbières, ou sur le bord des rivières, ou dans le sable, ou
dans l'argile, et je pourrais continuer ainsi pendant des pages. Les types d'habitats
sont multiples et les espèces diffèrent d'un milieu à l'autre.
C'est ce qui fait la richesse, la diversité et l'infinie beauté
de la nature. L'important pour le jardinier est de découvrir
l'habitat qui convient le mieux à une plante particulière et, dans
la mesure du possible, de lui donner un habitat comparable, ou, ce qui est encore
plus simple, de choisir des plantes en fonction de l'habitat disponible. Si on
place une plante constituée pour vivre dans un sous-bois humide dans un
endroit sec et ensoleillé, elle dégénérera rapidement.
Chaque plante a bien sûr une certaine capacité de s'adapter et le
jardinier en tient généralement compte. Mais cette capacité
d'adaptation à ses limites et il faut apprendre à bien les connaître,
car plus on s'approche de la limite de sa zone d'adaptation, plus elle devient
fragile, moins elle fleurit, moins elle prospère. La capacité d'adaptation
est aussi très variable d'une plante à l'autre, certaine plante
pouvant s'adapter à plusieurs milieux, alors que d'autres sont très
exclusives. Il en va de même pour chacun de nous. Nous avons à
apprendre à nous connaître et à trouver les milieux de vie
qui nous conviennent le mieux, milieux qui peuvent être très différents
d'une personne à l'autre. On s'acharne trop souvent à vouloir
se conformer à une image, à son ego ambitieux, aux désirs
des autres ou à ne je sais quoi d'autre, ce qui nous amène à
faire des choses ou à vivre dans des milieux qui ne nous conviennent pas.
Et on se sent mal et dégénère, sans trop comprendre pourquoi.
Il faut s'observer dans toutes sortes de situations, voir comment on s'y sent,
afin de privilégier les situations et milieux dans lesquels on se sent
le mieux. Et savoir dire non à ce qui ne nous convient pas demeure
le défi la plus difficile. La
mise en objets (Réf.: 'La personne en écho'
de J.-C. Crombez, psychiatre) Je vais parler ici d'une technique qui
m'a été inspirée en 1998 par Jean-Charles Crombez, psychiatre
à l'Hôpital Notre-Dame de Montréal, par son livre "La
personne en écho". Je ne saurais trop recommander ce livre à
tous, mais surtout à toute personne souffrant d'une maladie grave, vu qu'il
traite principalement du processus de guérison. (Il a aussi
écrit "La guérison en écho" mais ce livre s'adresse
aux instructeurs travaillant auprès des malades). "La
personne en écho" est un livre d'une richesse incroyable, je ne peux
exprimer toute sa valeur en quelques mots, mais je sais que son approche vous
surprendra et vous aidera. "La
mise en objets" ne constitue qu'un petit aspect de ce livre. Je n'ai pas
l'intention de décrire la technique telle que conçue par le docteur
Crombez, on pourra consulter le livre à cet effet. Il ne me reste d'ailleurs
qu'une vague idée de la technique originale, et peut-être bien que
ce dont je vais vous parler n'y correspond plus très bien. Mon intention
est plutôt d'exprimer comment moi je l'ai comprise, l'ai adapté à
mon besoin et l'ai mise en pratique au cours des dernières années.
Même si je ne comprends pas tous les processus cérébraux
qui supportent cette technique, je sais qu'elle est efficace pour l'avoir pratiqué,
bien qu'elle ait ses limites comme toute chose. Dans mon cas, j'ai surtout
pratiqué cette technique au coucher ou la nuit, vu que je souffrais souvent
d'insomnie. Elle m'aidait à me calmer et à m'endormir. Elle m'a
aussi aidé à gérer de grands moments de stress. Cette
méthode va précisément nous aider dans les situations où
on se sent submergé par un malaise ou un mal-être qui nous emporte.
Ces situations sont le plus souvent causées par le stress, par des émotions
fortes ou par notre cerveau qui s'emballe. On peut par exemple se sentir perdu,
dépassé, découragé, désespéré
ou encore envahi par la culpabilité, la peur ou autre. On étouffe
alors sous ce poids et on a plus d'espace pour respirer. On est trop pris dedans,
trop embourbé et on ne voit plus rien. C'est comme si on était emporté
par une vague trop forte et qu'on perde pied, qu'on perde contact avec le réel.
Cette technique nous aidera alors à se sortir la tête de l'eau et
à créer un peu d'espace en soi. Il s'agit en fait de simplement
devenir le témoin de tout ce qui se passe en soi, de nommer ce qui nous
vient à l'esprit ou ce qu'on ressent à cet instant même, ce
qui aura pour effet de le transformer en objet, de le concrétiser, de le
sortir de l'inconscience pour le mettre sur la table et en faire une chose différente
de soi. Il ne s'agit pas d'être rationnel, objectif ou précis, mais
plutôt de nommer la chose telle qu'on la perçoit subjectivement,
parfois seulement à partir d'une vague impression. Le processus doit s'opérer
sans aucun but, sans aucune attente d'aucune sorte. On
se laisse aller en toute liberté, sans aucun contrôle ou censure.
Il ne s'agit pas de vouloir entrer profondément en soi-même, ou de
se forcer pour atteindre un état quelconque, ni de vouloir se diriger dans
une direction précise, on laisse plutôt venir tout ce qui se présente
et on le note sans rien changer à quoi que ce soit. On peut noter la perception
d'un bruit extérieur, d'une réaction ou sensation physique, d'un
changement dans sa respiration, d'une émotion, d'un sentiment, d'une pensée
ou autre. On observe comment les choses se passent en soi, comment tout est interrelié
et comment, par exemple, la moindre pensée fait écho sur le corps
émotif et physique. Il n'y a rien à faire, sinon laisser être
ce qui est. Il ne faut pas chercher à comprendre, à expliquer, à
se justifier ou à faire des liens, et que cela ait du sens ou non, ou soit
réel ou non n'a aucune importance. Il faut oublier tout ce qu'on sais
ou connais. On fait simplement confiance et on s'abandonne au pouvoir de notre
intelligence naturelle spontanée qui saura nous faire cheminer vers ce
qui est bon pour soi ou faire survenir ce qui saura nous aider. On laisse travailler
son imagination créatrice sans intervenir. Les objets perçus pourront
prendre des formes imprévisibles qu'il nous sera possible de visualiser.
Je vais donner un exemple de cette pratique, mais comme elle est totalement
imprévisible, elle sera différente d'une fois à l'autre,
et encore plus d'un individu à l'autre. J'aime parfois en faire un jeux
et décide de nommer 5, 10 ou 25 objets qui m'habiteront dans les prochains
instants en les comptant avec mes doigts ou autrement dans le but de faire participer
minimalement mon corps. Par exemple, 1: Je note une léger tiraillement
dans le centre du genou droit. 2: Je baille et cela me fait du bien. 3: Oh, la
gratte vient de passer, est-ce qu'il neige? 4: Je pense à mon fils et ressens
une inquiétude .. 5: Il ne faut pas que j'oublie de dire cela à
Marie. 6: Je me demande bien ce que le patron a pu en penser. 7: J'ai la tête
qui bouille. 8: Je vais encore passer une nuit sur la corde à linge. 9:
Mon cur tire de la patte. Etc. Certains seront plus factuels, d'autres
y mettront plus d'imagination, mais on laisse les choses prendre la forme qu'ils
voudront bien prendre en fonction de ce qu'on est. Le fait de mettre en
objet tout ce qui se passe en soi aide à dédramatiser. Il y a soi,
et il y a des choses qui se passe en soi. Par exemple, je ne suis plus un asthmatique
et ne me définis plus comme tel, mais j'éprouve de la difficulté
à respirer en ce moment, et je l'observe. Je ne suis plus possédé
par une maladie, je la possède en moi, c'est tout. Je m'identifie moins
aux choses qui se passe en moi, je m'en distancie un peu et cela m'aide à
reprendre mon souffle, à revenir sur terre et à me 'grounder'. Les
choses qui me troublent perdent de leur emprise sur moi. Conditionnement
du cerveau Ma visite au salon de l'auto m'a sensibilisé à
un phénomène captivant, soit le phénomène du conditionnement
de notre cerveau. Dans les jours, voire les semaines précédent
ma visite à ce salon, je n'avais aucun intérêt pour les autos.
Mais cet intérêt s'est développé de façon surprenante
pendant ma visite et dans les jours qui ont suivis. Le lendemain, j'ai passé
la journée à faire des recherches sur internet pour trouver l'auto
correspondant le mieux à mes besoins, j'ai planifié des visites
chez les concessionnaires et mon désir de changer d'auto à pris
progressivement de l'ampleur. Alors qu'auparavant je ne remarquais aucunement
les autos que je croisais sur ma route, maintenant je les observe avec attention
et en parle régulièrement. J'ai soudainement développé
un intérêt majeur pour les autos. Le phénomène
de conditionnement et de renforcement cérébral est déjà
bien connu des agences de publicité. Elles s'en servent couramment pour
nous exploiter, c'est bien connu. Ils sont passé maîtres dans l'art
de créer de l'intérêt et des besoins pour promouvoir la vente
de produits. Et ce n'est pas pour rien qu'on tient des événements
comme le salon de l'auto, on connaît leur efficacité. Par ailleurs,
le fait de bien comprendre le processus de conditionnement cérébral
pourrait me permettre de l'exploiter à mon avantage et ainsi m'ouvrir à
de nouvelles possibilités. Je pourrais entre autres m'en servir pour favoriser
chez moi l'adoption d'un comportement positif ou d'une bonne habitude.
Par exemple, je sais bien qu'il me faut faire plus d'exercices physiques, mais
rien ne me dit rien en particulier. Mais il me faut faire quelque chose et il
me faut me décider; je choisis finalement de bouger en jardinant et en
faisant de la bicyclette. Au départ, il me faudra y mettre un minimum d'efforts,
c'est certain. Mais je constate rapidement que plus je jardine, plus je me conditionne
à jardiner, plus j'aime le jardinage et plus le jardinage prend de la place
dans ma vie. De même, plus je pédale et plus j'ai le goût de
pédaler. Il se peut toutefois que je développe un aversion pour
une activité qui ira en s'amplifiant avec la pratique, mais cela est plus
rare. On parlera alors d'un conditionnement négatif. De la même
façon, plus je vis avec une même personne, plus je me conditionne
à vivre avec elle, jusqu'à ce que j'en vienne à penser ne
plus être capable de m'en passer. Dans le sens contraire, plus je déteste
quelqu'un, plus le cerveau en rajoute et plus je le déteste. Le cerveau
est comme un éponge qui s'imprègne de ses pensées et de son
environnement. Si je jardine, il s'imprègne de jardinage. Si je vis dans
un environnement très politisé, j'ai des chances de faire de la
politique. Si j'écoute des films violents je deviens violent. Si je magasine,
je m'imprègne de produits de consommation. Si je lis des romans Harlequin,
mon cerveau s'imprègne de romantisme. Je peux même entrer dans un
cercle vicieux, me concentrant de plus en plus sur un intérêt particulier
jusqu'à en devenir prisonnier. Le fait d'être attentif et de
prendre conscience de ce puissant processus de conditionnement cérébral
nous aidera à préserver notre liberté. On pourrait aussi
s'en servir comme d'un outil, d'un levier pour implanter des changements positifs
en soi.
Syntoniser
le bon poste C'est
un vieux monsieur de 81 ans, au physique usé mais à l'esprit vif,
qui m'a sensibilisé à la réalité que je vais tenter
d'exprimer dans les lignes qui suivent.
Dans mon quotidien, sans trop m'en rendre compte, tout se passe comme si je vivais
sous différentes longueurs d'ondes, sous différentes fréquences
qui fluctuent dans le cours de ma journée. Chaque fois que je change de
centre d'intérêt, il en découle un changement vibratoire,
un changement de longueur d'onde. Pour faire image, on peut comparer cela au fait
de changer de poste de radio ou de télévision ; l'atmosphère,
le sujet, les couleurs, l'esprit, tout peut être fort différent d'un
poste à l'autre. Quelques
exemples nous éclaireront davantage: 1: Ce matin, je jardine,
je suis très centré sur mon travail manuel et ne vis que pour mes
plantes et mes fleurs. Vers 10 heures, je reçois à l'improviste
un ancien ami. J'éprouve alors beaucoup plaisir à le revoir, je
prends une bière avec lui et nous évoquons la nostalgie de nos 20
ans. Il se produit alors un changement évident de longueur d'onde; je viens
de syntoniser un nouveau poste. Après le départ de mon ami, je n'aurai
plus le goût de revenir au jardinage et je me brancherai probablement sur
un tout autre poste. Cet exemple de changement de poste est assez flagrant, mais
il y en existe de nombreux autres plus ténus et plus subtils, mais tout
aussi réels. 2: Aujourd'hui, j'ai la vibration pour écrire
des textes métaphysiques, la vibration est là sans trop que je sache
pourquoi. Demain, mes centres d'intérêt seront probablement tout
autre. 3: Quand j'entre dans une phase compulsive, de magasinage,
de jeux de loterie, de collection d'objets ou autre, je me place sur une longueur
d'onde très stable et qui sera difficile à déloger. Je peux
par exemple être sur le poste "désir sexuel compulsif"
pendant un bout de temps, pour tomber ensuite sur le poste "ressourcement
spirituel". Je peux être sur le poste "joie de la vie familiale"
pour plus tard me retrouver sur le poste "plaisirs de la liberté individuelle". Il
y a des milliers d'états d'être pouvant exister en nous. Ils peuvent
être à prédominance physiques (ex: passion
pour un sport), ou émotifs (ex: se sentir frustré),
ou intellectuels (ex: l'informatique), ou encore spirituels.
Mais, en pratique, ils seront généralement composé d'un mélange
des éléments précités. On aura aussi tendance
à sélectionner certains postes ou fréquences ondulatoires
en fonction de son âge, des jours de la semaine, des heures du jour, des
événements extérieurs ou autres. Il y a des longueurs
d'ondes de basses fréquences, plus liés aux rythmes du corps physique,
et des longueurs d'ondes de hautes fréquences, plus liés à
la vie intellectuelle et spirituelle. Mais les basses fréquences ne sont
pas moins nobles que les hautes fréquences. Si je regarde dans ma vie,
j'y retrouverai assez facilement les principaux postes que j'ai normalement tendance
à syntoniser et qui reviennent régulièrement prendre l'antenne.
Dans l'inconscience, les postes se sélectionnent ou se changent d'eux-même,
sans qu'on n'y peuvent rien et sans même qu'on s'en rendent compte. Un événement,
la fin d'une activité, la fatigue, une exigence, le sens du devoir ou différentes
dispositions intérieures ou extérieures vont nous amener malgré
nous à se placer sur un certain poste. De même, nos émotions,
nos pensées et nos désirs nous charrient et nous imposent généralement
nos états d'âme et les postes sur lesquels on se stationnera.
Il n'y a pas nécessairement de bon poste ou de mauvais poste en soi. Il
faut privilégier les postes qui sont bons pour soi, qui nous font du bien,
et aussi diversifier le menu. Être toujours branché sur le même
poste, ou ne désirer ou n'aimer qu'un ou deux postes nous indiquent que
nous avons un problème, que nous sommes en déséquilibre.
Est-ce possible d'en venir un jour à pouvoir syntoniser consciemment les
bons postes pour soi ? Cela ne va pas de soi et demande beaucoup de vigilance.
Il faut beaucoup d'attention et de présence pour sentir venir une onde
vibratoire et décider consciemment de l'accueillir ou de la rejeter pour
lui privilégier un autre poste. Il faut agir en tout début du processus,
dans les premiers instants, car une fois le poste sélectionné il
pourra m'être très difficile sinon impossible de faire marche arrière.
Il sera comme trop tard, le processus sera enclenché jusqu'à épuisement,
un peu comme un balancier qui, une fois lancé, va devoir faire son cycle.
Par exemple, dès que je sens poindre en moi le moindre soupçon de
frustration, je peux immédiatement agir et choisir de réfuter ce
poste de frustrés pour le remplacer par un poste humoristique ou un autre
plus positif. Cela se fait, je l'ai déjà testé quelques fois.
Pouvoir vraiment sélectionner les bons postes en toute conscience serait
fort valable, mais nous n'en sommes pas là, sauf exception. Pour l'instant,
l'important est plutôt de prendre conscience des postes qui occupent nos
ondes la plupart de temps, surtout de ceux qui viennent polluer nos antennes et
des limites et désagréments qu'ils nous causent. Les voir, les observer,
les étudier leur fera perdre peu à peu de leur emprise sur soi,
les relativisera en attendant qu'un jour se développe en contrepartie le
goût pour autre chose, soit le goût de s'ouvrir à de nouvelles
réalités encore inexplorées en soi. Trouver
un coupable J'ai des opinions, je tranche et je
juge. J'écoute les nouvelles, on y parle de meurtres, de pédophilie,
de scandales et autres faits croustillants dont je suis inconsciemment friands,
malgré mes airs de vierges offensées, sinon je ferais autre chose.
Je fais le procès de tous et chacun, en condamne certains, en élève
d'autres au rang de héros. Au fond, je ne vois
rien, sauf ce qui se passe en superficie. La réalité est bien plus
complexe que ce que j'en comprends par mon regard superficiel. Je ne vois pas
que les meurtres, déviations et scandales qu'on me montre ne sont que des
conséquences de problèmes personnels et sociaux beaucoup plus vastes
et profonds. On ne touche que rarement aux vraies problèmes, on ne parle
que de symptômes qu'on prend pour le problème. Et en trouvant
un coupable, cela me donne bonne conscience, me permet de ne pas me sentir concerné,
de m'élever au dessus de tout cela. Et, pendant ce temps, le problème
continue d'exister, voire de s'amplifier. Se
faire prendre en charge
Je
me demande parfois si nous finirons un jour par sortir de l'enfance ou de l'adolescence,
tellement nous demeurons d'éternels enfants ou ados au fond de nous-mêmes.
Nous venons au monde totalement dépendant, mais tout notre apprentissage
et développement devrait tendre normalement à nous
amener progressivement vers l'autonomie et la liberté. Mais,
même si nous faisons tous un certain cheminement en ce sens, il n'en
reste pas moins que nous demeurons presque tous des êtres très dépendants.
Je ne parle pas ici de la nécessaire interdépendance, mais plutôt
d'une dépendance malsaine.
Dès que nous lâchons notre mère, c'est pour chercher à
la remplacer et se coller à quelqu'un d'autre. Nous nous trouvons alors
un conjoint et lui demandons de nous prendre en charge. Et nous attendrons de
lui qu'il s'occupe de nous, nous comble à souhait, et même devine
nos besoins et désirs; sinon, nous lui retirerons notre amour et le remplacerons
par une autre personne avec qui nous répéterons les mêmes
scénarios. Il
en va de même lorsqu'on vit un problème personnel quelconque. On
n'hésitera pas alors à remettre sa vie entre les mains des autres,
professionnels de la santé, médecins, psychologues, associations
ou autres. Je
ne dis pas que les services professionnels ne soient pas parfois nécessaire,
mais c'est une question de degré; il y
a une différence entre se faire aider et s'en remettre totalement aux autres.
Nous demandons également à l'état de nous prendre en
main et de s'occuper de nous, de nos enfants, de nos aînés et de
la société en général. Nous rendons l'état
responsable de notre santé, de notre éducation, de notre sécurité,
de l'ordre et même de la morale. Encore une fois, ce n'est pas que l'état
ne soit pas nécessaire, le problème vient plutôt du fait que
nous n'en avons jamais assez, que nous en voulons toujours plus pour un minimum
d'effort. Dès que nous vivons un problème, nous sortons nos pancartes
et exigeons que l'état s'en occupe. Et
c'est ainsi que l'état en vient à s'ingérer subrepticement
dans tous les domaines de nos vies. Nous ne cessons de crier après
l'état qui, élu par nous et à notre image, croule sous les
déficits. Même un état riche comme la Californie se retrouve
sous des milliards de déficits ! Et nous n'agissons pas différemment
avec l'entreprise qui nous embauche ou dans les autres secteurs de nos vies.
Rares sont les êtres qui se prennent en main, réellement, fondamentalement
et qui accepte de faire face à leur réalité. Au lieu
d'en pelleter de plus en plus dans la cour des autres et de l'état, faisons
donc un effort pour nous prendre en main, pour nous responsabiliser, et nous gagnerons
en estime de soi et joie de vivre. Le
miroir de moi-même
Je pense mon cas unique, et cela m'intimide, me rend honteux, ou me glorifie selon
le cas. Je me pense seul à vivre telle expérience, à
ressentir telle émotion ou tel sentiment. Pourtant, si je décide
de m'ouvrir aux autres, j'ai la surprise de constater que l'autre n'est pas différent
de moi, qu'il passe par le même chemin que moi. Et si j'écoute les
autres qui s'ouvrent à leur tour, je me rends compte qu'ils sont comme
moi. Je me reconnais en tous et chacun, et tous et chacun se reconnaissent en
moi. Les autres sont le miroir de moi-même et vice versa. Un
tel me dira qu'il n'a rien de commun avec cette personne ou ce comportement qu'il
ne peut sentir ou tolérer. Mais si certaines choses nous dérangent
chez les autres, c'est parce qu'elles nous reflètent quelque chose de nous-même,
quelque chose qui nous appartient et que nous ne voulons voir, accepter ou reconnaître.
Cela peut par exemple être une partie de moi qui est bien vivante mais que
je contrôle et ne permet pas d'exister, ou quelque chose ou une qualité
que je n'ai pas et qu'au fond j'aimerais bien posséder. Si je ne me sentais
pas concerné personnellement, ou si cela ne réveillait pas en moi
quelques réminiscences, ce serait l'indifférence. Après
avoir fait le constat que nous sommes tous semblables, je n'oublie pas qu'il y
a aussi un monde de différences entre chacun de nous et que chacun vit
sur une planète unique.
Sur
un piédestal
Nous avons tendance à tout voir en noir et blanc. D'un côté
il y a les gens que nous aimons et de l'autre ceux qu'on ignore ou qu'on déteste.
Les "IN" et les "OUT". On catalogue et étiquette les
gens rapidement et très cruellement. On place certaines gens sur un
piédestal et puis on se sent inférieur ou petit à côté
d'eux. On se laisse alors facilement impressionner par ces derniers et leur accorde
toute notre admiration. Par ailleurs, on juge d'autres gens petits ou stupides
et on les regarde de haut. On se sent cette fois supérieur à eux
et cela vient conforter notre orgueil. Pourtant, ce n'est qu'une question
de perception car on est tous sur le même pied. On
est tous égaux. Chaque personne a ses zones de grandeurs et de misères,
ou ses forces et ses vulnérabilités. Et si nous percevons la réalité
en noir et blanc, c'est simplement parce que notre regard est partiel et fragmenté.
On ne juge qu'à partir d'un seul aspect qui nous semble important et non
à partir d'une vision globale. Ainsi, il n'est pas rare que, suite
à un scandale, la fragile auréole de nos idoles se brisent tout
d'un coup, qu'ils tombent de leur piédestal et passent
instantanément du ciel à l'enfer. De même, si je me regarde
personnellement, objectivement, je verrai bien que moi aussi je suis capable de
grandeurs et de bassesses et ce, parfois dans une même journée.
Ce sont les circonstances ou mon conditionnement qui font que je me retrouve d'un
côté ou l'autre de la clôture du bien et du mal, bien plus
que mon système de valeur ou ma conscience. Ce qui me scandalise, je pourrais
très bien le faire moi-même si j'étais issu d'un autre milieu
ou en d'autres lieux, en d'autres temps, en d'autres circonstances ou sous une
autre culture.
Filer
sur l'autoroute Je file à 140
km/hr sur l'autoroute de la vie. À une telle vitesse, je ne vois presque
rien autour de moi. Et je n'ai pas le temps de regarder les mouches s'écraser
dans mon pare-brise, j'ai plutôt le goût d'écraser tout ce
qui se met en travers de ma route. Ne venez surtout pas ralentir mon air d'aller.
Cela me donne le feeling de vivre, d'être important, d'avoir un certain
pouvoir. Or pour voir, il faut ralentir, il faut s'arrêter.
Dans le domaine psychologique, on ne peut faire l'économie du temps. Pour
l'adepte de la gestion efficace qui décide de se prendre en main sur le
plan psychologique et qui pense pouvoir régler ses problèmes comme
on règle un problème matériel, soit avec rapidité
et avec efficacité, ce sera une grande déception. Cela ne marche
pas sur le plan psychologique. Tout au contraire, il faut y mettre du temps,
beaucoup de temps.
Parfaite
indifférence et infinie tendresse
Il est très difficile de bien aimer ses enfants, ses proches, car on se
sent trop concerné. C'est comme s'ils étaient le prolongement de
nous-même. Ce qui leur arrive nous affecte, nous rend heureux ou nous afflige
selon les circonstances. L'émotion qui en découle nous aveugle.
Ma voisine, ayant perdu récemment son mari, vit seule
avec ses enfants. Je trouve sa situation pénible sous plusieurs aspects.
Selon mon point de vue partial, je juge que cette famille vit de toute évidence
des difficultés nettement supérieures aux nôtres. Pourtant,
je ne me sens aucunement concerné par ce qui leur arrive. Par ailleurs,
quand je les rencontre, j'éprouve beaucoup de plaisir, de chaleur, de présence
et ressent une infinie tendresse à leur égard. Je n'hésite
jamais à leur donner un coup de main au besoin. Dès qu'ils se retrouvent
hors de ma perception, ils n'existent plus dans mon cerveau, qui demeure libre
de toute préoccupation à leur égard. C'est au fond un amour
d'une grande pureté, d'une grande légèreté, ne laissant
aucune scories dans mon être. Par contre, quand il s'agit de ma famille,
tout se complique. Je me laisse facilement emporter dans un mouvement émotif
qui me fatigue, m'use prématurément et qui parfois même me
porte à l'ingérence. Pourquoi? La question est difficile, elle se
rapporte aussi à soi-même. Comment prendre ses responsabilités
face à ses proches et à soi-même sans se laisser emporter
par les événements qui arrivent nécessairement? Le défi
est de taille, soit de rester froid et indifférent face aux événements
afin de conserver l'énergie et la lucidité requise pour pouvoir
vraiment être aidant, pour pouvoir rester présent et disponible à
l'égard des autres et de soi-même. Sinon, l'inquiétude, la
colère et autres émotions viennent m'aveugler et me durcir.
L'infinie tendresse dont il est ici question est accueil, acceptation, pardon
et lâcher prise face aux événements de la vie. Infinie tendresse
qui n'est autre que l'Amour. S'il m'est plus facile de bien aimer mes voisins
que de bien aimer mes proches ou moi-même, c'est que dans l'amour de mes
proches et de moi-même il y a un plus, un plus qui en fait est un trop,
et ce trop est le trop fort intérêt que je leur porte et me porte.
Avec mon voisin, c'est le désintéressement, voir le détachement
qui me sert bien et me garde présent, énergique et lucide pour agir
et faire ce qui doit être fait dans l'immédiat.
Parfaite indifférence et infinie tendresse sont deux forces paradoxales
nécessaires à l'existence de l'Amour véritable.
La
dépression Contrairement aux désirs
de notre ego, la vie n'est pas une ligne droite ascendante. La vie est plutôt
une courbe sinueuse faite de hauts et de bas. Quoi qu'on veuille et quoi qu'on
fasse, malgré tous nos efforts pour croître et s'améliorer,
on se dirige tous vers une mort certaine. On recherche le plaisir, la joie
de vivre, le confort, et c'est bien naturel. Mais que se présente un sentiment
de tristesse, de faiblesse ou de fatigue, et on le prends mal. On fera tout pour
dissimuler à soi et aux autres ces sentiments qu'on dit et juge négatifs,
on fera tout pour s'en défaire. On se laisse dire ou ou se dit: Sois
positif, ne te laisse pas submerger pas le négatif, prends toi en main,
brasse toi un peu. Or tous ces conseils sont loin d'être aidants. La
dépression est liée à une grande fatigue dont nous sommes
souvent inconscients tellement on s'y est habituée.
Il y a la marée haute et la marée basse. Il y a le soleil et les
nuages, parfois même de gros nuages sombres et lourds qui s'installent pour
un temps. Même si on désire le soleil, on n'y peut rien. Les nuages
sont aussi essentiels à la vie que le soleil. Il faut accueillir les
sentiments de tristesse et de déprime et non les refouler. Les laisser
être et les vivre, les laisser nous dire ce qu'ils ont à nous dire
car ils nous envoient des messages importants à écouter.
Et toute l'énergie qu'on ne gaspillera plus pour lutter contre les sentiments
dits négatifs sera alors récupéré pour notre régénération.
Si on accueille ces sentiments de tristesse, on se rend compte qu'ils sont moins
souffrants que l'on pense, qu'ils ont même leurs couleurs et leur lumière.
Ils nous révèlent de nouvelles perspectives et nous aide à
voir et changer ce qui ne va pas en soi. C'est en général une
période intense de changement et de remise en question. Il faut en profiter
pour communiquer, s'ouvrir aux autres, et ne pas hésiter à se faire
aider au besoin. Ne pas s'apposer le qualificatif de "dépressif",
ne pas en faire un mélodrame. Il y a moi et il y a en ce moment un sentiment
de tristesse qui est en moi. Je l'accepte et m'y laisse flotter doucement, sans
attente. Et, un jour ou l'autre, au moment où je m'y attends le moins,
le soleil reviendra enjoliver ma vie. N.B.
: - Il existe différentes formes de dépression
dont certaines sont sans rapport avec ce que j'exprime ici et qui requièrent
un traitement médical, hormonal ou autres. -
Le jardinage constitue, entre autres, un excellent remède
contre la dépression. Je
suis possédé À
la naissance, nous sommes des êtres de pure
spontanéité, d'imagination, d'expérimentation et de création.
Nous sommes totalement ouvert et présent. Et grâce à cette
présence, nous avons alors une capacité incroyable d'apprentissage
et de développement. Le moi occupe
alors toute la place. Pour
fin de discussion, appelons cet état "l'enfant
créatif" en soi. Mais
assez rapidement, au contact de mon environnement,
se mettra en place une autre partie du moi. Il s'agit d'un genre de mécanisme
d'adaptation et de survie qui entre en fonction, prend forme et se développe
pour devenir ce que nous appellerons "la personnalité".
C'est comme si une deuxième personne, formé et adapté selon
les goûts des parents ou personnes significatives de mon enfance, ou encore
en réaction à ces derniers, prenait forme en moi. Que je me conforme
et m'adapte pour me faire aimer, ou que je sois en réaction contre, c'est
du pareil au même, mon milieu original étant dans les deux cas à
la racine même de ma programmation. Il y a donc comme deux entités
en moi, mon moi réel (l'enfant créatif), et mon surmoi adaptatif
et programmé (ma personnalité). Plus le milieu dans lequel je
suis né et ai grandi dans mon enfance aura été évolué
et m'aura fourni un amour inconditionnel (ce qui ne veut pas dire permissif)
et un bon cadre de référence, plus la partie "enfant créatif"
restera présente et pourra se manifester plus tard dans l'âge adulte.
Mais au niveau d'évolution où nous en sommes, la personnalité
risque fort de prendre beaucoup de place, sinon toute la place aux dépens
du moi réel. Si, par exemple, je suis une personne sur adaptée,
rationnelle, structurée, disciplinée ou ambitieuse, cette forte
personnalité va avec le temps éteindre ou presque l'enfant créatif
en moi, du moins pour de nombreuses années. Les
types de personnalité sont
multiples bien qu'on puisse les catégoriser. Je peux
posséder une belle personnalité positive et structurée qui
me permet de me faire apprécier, je peux aussi avoir une personnalité
sombre et triste, voir détestable. Elle peut être fondée sur
un excès de confiance en moi, ou sur la timidité (le timide
n'a pas moins de personnalité qu'un autre, la timidité n'est pas
humilité, elle origine de l'orgueil). Chaque personnalité
est complexe et peut cacher plusieurs visages. Elle présentera le plus
souvent une façade joyeuse. Mais si je creuse et regarde de très
près ce qui se passe en moi, j'y découvrirai aussi probablement
une sorte de grosse masse sombre, un amas de souffrances qui, selon les circonstances,
sera très présent, ou encore sera masqué et ne se manifestera
que lors d'un contretemps. D'ailleurs, je m'agite, consomme et me divertit énormément
pour ne pas la sentir et ne pas avoir à y faire face. Je m'identifie
souvent inconsciemment à ma souffrance (ex: je suis un faible, un
cardiaque, un malade, un pauvre..) souffrance qui n'a pourtant
absolument rien à voir avec ce que je suis profondément. L'orgueil
peut m'amener momentanément à me sentir fort et puissant, mais l'orgueil
n'est qu'une prétention sans assise qui me fera planter au prochain détour
pour mieux me remettre le nez dans ma souffrance. La personnalité peut
me posséder presque complètement et prendre possession de mon corps,
de mon coeur et de mon esprit. Je deviens à la limite totalement à
son service. Elle me fait marcher, travailler, me presser, m'énerver, suer,
gesticuler, me fâcher,.. Elle occupe mon cerveau, contrôle mes pensées
et dirige la barque. Elle me mène comme un pantin. Pourtant, même
si j'ai tendance à m'y identifier, elle n'est pas moi. C'est une structure
inconsciente qui me vient de l'extérieur et qui d'une certaine façon
a été placé en moi lors de mes relations passées.
Si je plonge en moi, j'y verrai peut-être assez facilement la super structure
de ma personnalité, si je suis prêt pour cela. En y regardant encore
de plus près. je pourrai peut-être aussi découvrir ce qui
reste en moi de l'enfant créatif. Tout tassé et écrasé
qu'il soit par la personnalité, il est pourtant toujours vivant, oui bien
vivant. Car s'il n'était plus là, je serais devenu un être
totalement cynique, ou désespéré, ou violent ou encore suicidaire.
Cet enfant en moi, même écrasé, est tout ce qu'il me reste
d'humanité. Il est bon de faire l'exercice de regarder en arrière,
pour voir et comprendre les mécanismes de formation de sa propre personnalité
et ce qui l'a amené dans mon cas à prendre telle forme particulière.
Mais il n'y a pas lieu de trop creuser, restons dans les grandes lignes, car cet
exercice peut être sans fin. Juste comprendre le mécanisme est suffisant.
Il ne s'agit pas de vouloir évacuer de moi mon ego ou ma personnalité.
Ce serait peine perdu, ce vouloir ou ce désir serait encore l'ego qui revient
subtilement par la porte d'en arrière. Il faut l'accepter, l'accueillir,
car sa mise en place fut nécessaire pour assurer ma survie dans le monde
inconscient et imparfait dans lequel j'ai grandi et évolué. Et elle
va rester présente tant que j'en sentirai le besoin pour me sécuriser,
pour me sentir exister et tant que je m'identifierai à elle comme étant
moi. C'est un lent cheminement, on ne sort pas facilement de soi une structure
qu'on a pris 30 ou 50 ans à former. Il faut mainte fois la regarder, l'observer
en action et voir ses effets parfois dévastateurs sur son corps, ses émotions,
ses sentiments et sa créativité. Il faut surtout reprendre contact
avec l'enfant créatif en soi, lentement lui redonner un peu d'air, lui
refaire un peu de place, lui permettre de grandir pour un jour, peut-être,
si dieu le veut, il puisse redevenir l'être créatif original et parfait
qu'il a toujours été et qui malgré son vécu difficile
demeure intact. La
culpabilité
La culpabilité est-elle
un force qui nous motive à améliorer ce qui ne va pas chez soi ?
On serait porté à répondre positivement à cette question,
mais, paradoxalement,
plutôt que de nous aider à nous sortir de nos scénarios
destructeurs, la culpabilité nous y maintient.
La culpabilité
origine d'un jugement négatif que l'on porte sur soi. Le juge en soi nous
déclare 'coupable'. Ce jugement vient colorer la réalité
d'une connotation négative en l'étiquetant de mauvaise. Pourtant,
la réalité en soi n'est ni bonne ni mauvaise, elle est ce qu'elle
est. Ce jugement vient obstruer notre vision et nous empêche de vraiment
voir et comprendre ce qui se passe. Une fois un phénomène reconnu
mauvais par notre ego, ce dernier va tout mettre en oeuvre pour le juguler, sans
chercher à en comprendre le fondement et la raison d'être. Aussi
le comportement jugé néfaste reviendra-t-il en force à la
prochaine occasion, possiblement même avec plus de force, craignant pour
son existence. Comme dit le dicton, chassez le naturel, il revient au galop.
On ne comprends pas que ce comportement n'est pas là pour rien, qu'il a
ses raisons d'être et qu'il peut même à la limite être
nécessaire à notre survie compte tenu de l'état actuel de
notre évolution. L'attitude juste serait plutôt de laisser être
ce qui est et de l'observer sous toutes ses coutures, de prendre conscience de
ses origines et de la souffrance qu'il cause en soi et autour de soi. Il ne
fondra que sous l'éclairage de la conscience, jamais autrement. La
compulsion vs compensation
La compulsion est un phénomène
qui prend beaucoup de place dans nos vies.
Elle se traduit par un comportement qu'on dit plus fort que soi, ou qui nous dépasse
ou sur lequel l'ego n'a aucune prise malgré nos efforts, nos résolutions
et notre volonté. Certaines
compulsions sont bien acceptées socialement, voir même valorisées,
alors que d'autres sont mal perçues. Elles originent pourtant toutes de
la même source et sont de même nature.
Ses formes les plus courantes sont la compulsion alimentaire, la compulsion sexuelle,
la compulsion aux jeux, le travail compulsif et la compulsion spirituelle. Je
reviendrai un jour sur cette dernière, la plus subtile mais non la moins
pernicieuse. Une compulsion
pourrait se définir comme un excès dans la satisfaction de besoins
par ailleurs essentiels et fondamentaux. On
utilise, entre autres, les aliments, le sexe, le jeux, l'argent ou la spiritualité
pour compenser de manière non appropriée des besoins inconscients,
non satisfaits ou non pris en considération dans nos vies.
Or, les besoins de s'exprimer et de créer,
de participer à une communauté et d'avoir un idéal transcendant
seraient parmi les plus négligés et les plus compensés.
Mais la compulsion
est un phénomène complexe qui prend assise en soi pour bien d'autres
raisons. Elle peut aussi chercher à
venir combler un vide ressenti, un
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