Métaphysique et
philosophie Même
si on a une bonne discipline de vie et fait ce qu'il faut sur le plan physique
pour être en forme, on peut se sentir souvent fatigué et à
bout de ressource, sans ressort pour faire face à sa vie et à la
réalité. Pourquoi, et où va notre énergie ?
Certaines attitudes mentales viennent siphonner une très large part de
nos énergies, par exemple : -Ne pas s'accepter comme on est. Vouloir
être différent, être plus, être mieux, vouloir se changer.
Ces volontés ou désirs nous font forcer inutilement et grugent nos
énergies. -Vouloir toujours plus. Travailler fort pour acquérir
de nouveaux biens, de nouvelles fantaisies, de nouvelles aptitudes. Cela n'a pas
de fin, nous pollue et pollue notre environnement. Notre ego est insatiable.
-Se comparer. Si on se compare avec des gens que notre ego considèrent
supérieur à soi, plus intelligent, plus habile que soi, cela nous
coupe les ailes, nous éteint. C'est comme jeter de l'eau froide sur la
braise d'un feu. Se comparer avec des gens que notre ego considèrent moins
bien que soi peut nous faire sentir mieux momentanément, mais c'est un
jeu pervers qui nous coupe d'une relation vraie et qui éventuellement nous
culpabilisera. -Ne pas accepter ce qui est. Résister. Toute résistance
crée une friction, une augmentation de la chaleur et une perte énergétique.
Il faut dire oui à ce qui est, dans les plus petites choses comme les plus
importantes. -Les ruminements de notre mental sont à la source de
la plupart de nos émotions, ils détournent, utilisent et anéantissent
nos énergies. C'est dans la simplicité, le silence et l'amour que
notre énergie se renouvelle et que la vie se manifeste. -Plus fondamentalement
la peur de la mort, qui englobe toutes les autres peurs, nous paralyse et non
coupe de nos énergies. La peur nous maintient dans l'angoisse, la souffrance
et la culpabilité. Quand on ne peut y faire face, on fuit dans des compulsions
de toutes sortes qui drainent souvent une large part de nos énergies. La
recherche constante du plaisir fait partie de ce mouvement de fuite. Si
on ne peut mettre fin à nos déperditions énergétiques,
on ne pourra obtenir cette immense énergie requise pour voir notre réalité,
faire face à l'inconnu, et devenir vraiment vivant. L'énergie, c'est
la vie.
Emprisonné,
sans lumière et sans espace Mes
pensées ne cessent de me harceler et ne me laissent aucun répit.
Soit le passé me revient en tête avec son lot d'émotions presque
toujours négatives, soit je pense au futur, plein d'appréhension.
Mes pensées sont la source de toutes mes peurs et de tous mes désirs,
elles les créent même de toute pièce et ce, sans aucun lien
avec la réalité. Avec le temps, elles se sont complexifiées
et en sont venues à occuper tout mon temps et tout mon espace. Elles ont
tissé une toile si dense et si opaque tout autour de moi que je me retrouve
complètement ficelé, pris au piège, sans espace pour bouger,
sans lumière pour voir. Elles me possédent totalement. La moindre
brèche dans ce système de pensée, la moindre éclaircie
me permettrait pourtant de voir mon état actuel de 'non-être' quasi
total, de voir que toutes ces pensées ne sont pas moi, qu'elles m'empêchent
même d'être et qu'elles dévastent ma vie et mon environnement.
Mais mon ego ne veut surtout pas voir et il s'active en conséquence.
Il ne veut surtout pas voir que je détruis la vie en moi tout comme je
contribue à détruire les autres et la planéte. Il ne
veut pas voir toute la confusion, la contradiction qui
règne dans ma vie, entraînant désordre,
peur et culpabilité. Il ne veut pas voir que, malgré ma belle
facade, je suis au fond un être désespéré cherchant
à compenser par la rercherche perpétuelle de plaisirs. Il ne
veut pas voir, réaliser, que je n'ai pratiquement aucune compassion ou
amour envers moi-même, mes proches, les autres, les animaux, les fleurs,
la terre. Que les êtres qui me sont le plus cher
sont aussi des êtres que que je cherche à posséder, à
compétitionner ou à contrôler; et que ce que j'appelle l'amour
est tout le contraire de l'amour. Voir que tout le monde ou presque vit ainsi
et qu'on finit par penser que c'est un état normal.
Un peu de lumière suffirait pourtant à
abattre tout un pan du mur des illusions, mur fondamentalement fragile et instable.
Prendre conscience de mon état d'inconscience quasi perpétuel,
c'est le premier pas et le plus important. Il se produit alors un saut, un hyatus,
un changement d'état, plus rien ne sera dorénavant
pareil. Il me sera impossible de revenir en arrière.
L'homme,
un animal raisonnable ? Plus je m'observe,
plus j'observe autour de moi et plus je constate que l'homme est d'abord et avant
tout un animal qui raisonne. Le côté animal de l'homme est évident.
C'est d'ailleurs la partie la plus saine de l'homme car il y a énormément
d'intelligence et de sagesse dans l'animal, mais en autant qu'on sache être
à son écoute. Tant qu'à savoir s'il est raisonnable,
nul doute qu'il raisonne, c'est d'ailleurs là que le mât blesse,
le cerveau ne cessant de révolutionner, prenant toute la place,
nous emportant dans ses projets, ses ambitions, ses idéaux, ses religions,
ses peurs et ses milliers de désirs. Le fait d'être réellement
raisonnable impliquerait un comportement rationnel, mesuré, conforme au
bon sens, une certaine liberté de choix, une volonté opérationnelle
et une minimum de conscience, ce qui n'est pas évident. Qui est à
la barre, qui dirige nos vies au quotidien, quelles sont les forces prédominantes
en nous ? La raison, c'est-à-dire la capacité de voir et d'agir
avec discernement, jugement et sagesse ? Si je regarde ma vie et l'état
actuel de la planète, avec ses guerres et ses pollutions, j'en suis de
moins en moins certain. La capacité de raisonner de l'homme lui donne
le pouvoir de dominer sur toute la planète, du moins pour l'instant. Toutefois,
cet arme qu'est la raison constitue une épée de Damoclès
si l'homme ne réussit pas à vraiment devenir un 'animal raisonnable'.
Livre
de l'Ecclésiaste (La sainte bible)
( Ce texte corrrespond à mon adaptation et à
mon interprétation du Livre de l'Ecclésiaste.)
Vanité des vanités, tout n'est que vanité.
Vanité des plaisirs Je
tentai d'abord de trouver le bonheur dans les plaisirs de toutes sortes. Je ne
me suis privé de rien. Et pour quel profit ? Les désirs ne sont
jamais satisfaits, le plaisir ne rasssasie pas. Tout cela n'est que vanité
et poursuite de vent. Vanité du travail et
des possessions J'entrepris
ensuite de grandes oeuvres: je me bâtis des maisons, je pris des serviteurs,
je me plantai des vignes, je me fis des jardins et des vergers, je fis provision
d'argent. Tout cela m'apporta de durs labeurs, des préoccupations et
des souffrances. Même
la nuit mon coeur ne se reposait plus. Je
me suis retourné vers toutes les oeuvres que mes mains avaient faites et
vers la peine que j'avais prise à les faire: eh bien, tout n'est que vanité,
il n'y a pas de profit sous le soleil.
Quel profit nous revient-il d'avoir travaillé pour du vent ? Ce que j'ai
accumulé, je
le laisserai à l'homme qui viendra après moi et il en disposera.
L'homme, tel il est
sorti du sein de sa mère, nu, tel il s'en retournera, et il ne prélèvera
rien pour son travail qu'il puisse emporter dans sa tombe. Vanité
de la sagesse Alors
j'ai tourné mes regards vers la sagesse! Je me suis appliqué à
rechercher et à observer avec sagesse tout ce qui se fait sous le soleil.
Or la sagesse est inaccessible. Qui connaît l'explication d'une chose quelconque
? Personne, même le sage ne peut découvrir la profondeur du sens
des oeuvres divines qui se manifeste sous le soleil. Quelque peine que l'homme
se donne à chercher, il ne trouve pas. Même si le sage prétend
savoir, il ne peut savoir. J'ai dit: "Je veux être sage !"
Mais finalement j'en suis resté bien loin. Il n'y a pas de juste sur terre
qui fasse le bien sans jamais pécher. Et quel avantage à le
sage sur l'insensé ? J'ai reconnu qu'un même sort les attend. Alors,
à quoi bon la sagesse? Le sage meurt et est oublié comme le sot.
J'ai compris que cela aussi n'était que vanité et poursuite du vent.
Vanité de la vertu et de la religion
Je me suis donc réfugié
dans la vertu et la religion, pour finalement voir que la religion est tout aussi
vaine. Dieu met l'éternité dans le coeur de l'homme, mais elle lui
est inaccesssible. Personne n'est maître de son souffle et ne peut le retenir.
Et tout ce que Dieu fait subsiste à jamais: il n'y a rien à
ajouter, rien à retrancher. Regarde l'oeuvre de Dieu, qui peut redresser
ce qu'il a courbé ? Ce qui a été sera, ce
qui s'est fait se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil. Le
sort des fils de l'homme et le sort des bêtes sont identiques. La mort de
l'un est comme la mort de l'autre, ils ont tous deux le même souffle. Qui
sait si le souffle des fils de l'homme monte en haut alors que le souffle de la
bête descend en bas ? Tel juste périt malgré la justice,
tel méchant traîne une longue vie en dépit de sa méchanceté.
Tous ont le même sort, le juste et l'impie, le bon et le
méchant, le pur et l'impur, celui qui sacrifie et celui qui ne sacrifie
pas. Il en est du bon comme du pécheur, de celui qui jure comme de celui
qui craint de jurer. Le temps et l'adversité les atteignent tous.
Tout cela n'est que vanité. Malgré
tout, une vie de travail vaut mieux qu'une vie de paresse Dès
le matin sème ta semence, et le soir ne donne pas de repos à ta
main. Le sommeil du
travailleur est doux, qu'il ait mangé peu ou beaucoup; mais celui du riche
ne le laisse pas dormir. La paresse est cause que la charpente
cède; l'inertie des mains, que la maison ruisselle. J'ai reconnu
que rien n'était meilleur pour l'homme que de goûter le fruit de
son travail, de se réjouir dans ses oeuvres et de se procurer du bien-être
dans sa vie. On fait le pain pour le plaisir, et le vin égaie
la vie. L'argent répond à nos besoins. De
même, une vie de sagesse l'emporte sur une vie insensée
Mieux vaut la sagesse que
la bêtise, elle profite à qui vit sous le soleil. Mieux vaut écouter
les paroles du sage, ne pas s'irriter. La sagesse éclaire le visage
de l'homme, la rudesse de sa face en est changée. Les paroles
de la bouche du sage ne sont que calme et grâce, mais les lèvres
de l'insensé le perdent. Aussi, respectons
Dieu et ses lois si on veut le bonheur Ne
t'éloigne pas de la parole de Dieu, ne te crée pas une mauvaise
destinée. Observe ses commandements. Sois vertueux et charitable.
Dieu est souverain roi et tout puissant. Si on ne respecte ses lois, nul ne sait
quand le malheur frappera sur terre, car le mal qui menace l'homme est considérable.
Je sais que le bonheur est pour ceux qui respectent Dieu et ses lois. Le
bonheur n'est pas pour le méchant qui pareil à l'ombre, aura une
vie sombre et difficile. Le
bonheur dans la modération, le juste milieu.
Ne
mange et prend du plaisir qu'en son temps, de manière civile, non par débauche.
Aussi,
c'est un poison de trop travailler et de beaucoup fatiguer la chair.
Ne sois pas juste à l'extrême et ne te montre pas sage à l'excès:
pourquoi t'exposer à la ruine ? Ne sois pas méchant à
l'extrême ni insensé; pourquoi vouloir mourir
avant ton heure? Tu feras bien de t'attacher à l'une des méthodes
sans que ta main ne lâche l'autre. Conclusion,
tout bien entendu:
Qu'en
tout temps tu aies des vêtements blancs et que l'huile ne manque pas sur
ta tête. Jouis de la vie avec une femme que tu aimes tous les jours de ta
vie de vanité que Dieu te donne, car c'est là ta part dans la vie
et le travail auquel tu te livres sous le soleil. Tout ce que ta main trouve
à faire, fais-le durant ta vie, car il n'y a ni oeuvre ni raison, ni science
ni sagesse dans le monde qui t'attend après cette vie. Que ton coeur
goûte le bonheur à chaque jour. Marche dans les sentiers de ton coeur
et selon les regards de tes yeux. Écarte le chagrin de ton coeur et éloigne
le mal de ta chair. Profite de ta vie, prends ta part avant de mourir. Et
la lumière est douce et il est agréable à l'oeil de voir
sous le soleil. Même si l'homme vit de longues années, que l'homme
jouisse de toutes, et qu'il songe aux jours des ténèbres, car ils
seront nombreux.. Au
jour du bonheur, sois dans le bien-être; au jour du malheur, réfléchis.
Il convient de
manger, de boire et de goûter le bien-être et le fruit de son travail,
car c'est là un don de Dieu. Alors, ne t'en fait pas pour ta vie, car Dieu
l'occupe dans la joie de son coeur. Prend les choses telles qu'elles sont
et jouis de la vie. Va,
mange ton pain avec joie et bois ton vin d'un coeur content. Mais
respecte Dieu et observe ses commandements, car c'est là le tout de l'homme.
Et n'oublie pas que toutes tes oeuvres, Dieu les appellera en jugement.
Les
effets indésirables de la lecture Il est très
difficile de lire un texte, même les plus beaux textes spirituels, sans
se laisser impressionner, s'y laisser prendre et s'en faire un idéal.
Or, dès qu'on se laisse impressionner, on perd la distance
requise pour bien voir et comprendre. On se distancie alors de ce qu'on est pour
se coller à quelque chose qui n'est pas soi. Et si la lecture génère
le moindre désir idéaliste, il s'ensuivra nécessairement
malaise et culpabilité, tôt ou tard. Il faudrait lire en se disant,
oui c'est intéressant, c'est une façon de voir les choses, c'est
enrichissant de regarder la réalité sous cet angle et cela peut
m'aider.. mais sans plus, sans en faire une vérité. Simplement
lire avec curiosité, avec ouverture d'esprit mais sans y accorder tant
d'importance.
La
pierre philosophale En défrichant mon
sentier sur le bord de la rivière, dans un secteur abrupt et difficile,
je me suis heurté à une grosse pierre. Elle
s'est placé en plein milieu de mon tracé et m'a bloqué le
chemin. Bien déterminé à suivre mes plans, j'ai fait des
pieds et des mains pour la tasser, j'ai même sorti mes gros outils, ma colère
aussi, mais rien à faire, elle s'est imposé. Pourtant tout allait
si bien jusque là ! Elle est venu en trouble fête me contrarier et
me frustrer. Cette pierre maudite voulait me parler, à moi qui ne voulait
rien entendre et ne voulait qu'aller droit son chemin sans se faire déranger.
Mais compte tenu de son poids, je n'avais d'autre choix que de la considérer.
Je l'ai d'abord écouté distraitement, avec mauvaise humeur, puis
m'adoucissant un peu avec le temps, j'ai finalement entendu tant bien que mal
son message, à savoir: -Qu'il
nous faut parfois accepter de contourner un obstacle, avec intelligence et imagination,
plutôt que de s'épuiser à vouloir le vaincre à tout
prix. Si on l'accepte, cet obstacle devient un atout qui met de la couleur, du
relief et de la vie sur sa route. -Qu'il nous faut accepter la réalité
telle qu'elle se présente. Remercions le Seigneur quand tout ne marche
pas comme on veut, car c'est justement là que la vie peut devenir intéressante.
-Que ce qu'on juge comme un obstacle dans sa vie n'en est pas un en fait, c'est
plutôt une occasion pour nous de sortir de notre isolement ou individualisme
pour rejoindre un temps soit peu le mouvement de vie universel qui est en soi
et les autres. -Que la richesse, le confort, la sécurité et
même la santé ne font pas partie des valeurs procurant la joie de
vivre. La crainte de les perdre ne doit pas faire obstacle à notre démarche
évolutive. -Que tout est égal, que tout m'est égal. Ce
qui est en haut est de même nature que ce qui est en bas et vice versa.
Les événements ne sont ni bons ni mauvais en soi, ce ne sont que
des occasions d'apprentissage. Remercions le Seigneur de nous les faire vivre,
remercions aussi les acteurs sur la scène de notre vie pour les rôles
de bons ou mauvais qu'ils doivent jouer pour soutenir notre évolution.
Avec
le recul, je vois bien que cette pierre m'a finalement forcé à réaliser
une des plus belles courbes de mon sentier et que cette pierre maudite s'est transmutée
en pierre précieuse, tout comme en alchimie le vil métal se transformant
en or. C'est avec joie que je la croise maintenant sur mon sentier, fier de
ce qu'elle m'a permis de réaliser, content de m'arrêter pour m'y
reposer ou lui demander conseil car elle sait me rappeler la vraie nature des
choses.
'Tout
est pour le mieux dans le meilleur des mondes'
C'était mon dicton quand je faisais mon cours classique. C'était
ma façon de dédramatiser et de faire face positivement à
la réalité, en me disant que toute chose avait sa place et arrivait
pour le mieux. Mais avec le temps, j'ai oublié cette maxime, me laissant
submerger par les soucis, préoccupations, obligations et
idées négatives. Qu'est ce qu'on attend pour être heureux?
Si j'attends d'être évolués et bien dans ma peau, ou que les
êtres qui m'entourent et la planète se portent bien, aussi bien en
faire mon deuil. Le bonheur, maintenant, avec mes imperfections, est-ce possible
? Est-il possible par exemple d'être déprimé et d'être
heureux ? D'être malade, pauvre, compulsif, dépendant ou autre et
d'être heureux ? Oui, parfaitement ! La réponse
a de quoi surprendre, surtout pour l'ego qui aspire à tant de choses dans
le futur pour se sécuriser et assurer enfin son bonheur. Mais ce sont précisément
ces aspirations que m'empêchent d'être heureux dans le présent.
La bonne nouvelle, c'est que le bonheur est déjà en soi, en cet
instant, peu importe mes conditions de vie. Il ne se manifeste pas parce que l'ego
lui fait ombrage. Le bonheur se trouve précisément là où
je suis maintenant, sous mes pas, dans mes chaussures, pas ailleurs. Le bonheur
est dans le cheminement et non dans l'atteinte d'un but, ce qui fait qu'un être
qui part de loin a peut-être même un plus grand potentiel de bonheur
devant lui. Tout le plaisir est de s'accepter avec humour, de s'amuser à
s'observer, à observer toutes les forces obscures qui nous manipulent et
font de nous ce que nous sommes. Juste les observer et comprendre leurs modes
d'action les désarçonnent. Il n'y a rien
à changer à notre réalité, il n'y a rien à
ajouter pour être heureux... aussi, relaxons-nous, calmons-nous, respirons.
Il y a plutôt à se délester de tout ce qui est en trop, à
lâcher prise et à s'émerveiller de ce qui se passe en nous
et hors de nous.
Le
doute Le
doute me paralyse et m'empêche d'avancer. Trop souvent, le
doute me donne envie de renoncer ou même de détruire ce que j'ai
entrepris. Je me souviens étant jeune de mon cousin André. Il
était d'une grande habileté et construisait de très beaux
camions en bois. On était impressionné par son habileté et
on l'enviait tous beaucoup. Par contre, lui, ne trouvait jamais ses camions assez
beaux et les démolissait peu après à la hache. Il ne voulait
même pas nous les donner, les trouvant trop imparfaits. Il n'avait pas foi
en son talent, possédé qu'il était par le doute et par son
oeuvre destructrice. Et si on regarde dans nos propres vies, on se rendra
vite compte jusqu'à quel point le doute s'insère négativement
dans tous les aspects de nos vies et nous limite au plus petit dénominateur
commun. On est des lions, mais on en doute tellement qu'on en devient des moutons.
Le doute m'aiguillonne et me permet d'avancer.
Le doute, s'il ne me décourage pas ou ne m'éteint pas, m'incitera
par ailleurs à me remettre en question, à vouloir faire plus et
mieux, tout comme mon cousin qui voulait construire des camions toujours de plus
en plus beaux. Le doute est ce qui nous empêche de nous maintenir dans
nos pensées toutes faites, d'arriver avec nos grosses certitudes, d'être
celui qui sait, qui a trouvé ou encore qui a réponse à tout.
Le doute est ce qui nous permet de rester ouvert et à l'écoute,
de continuer à se poser des questions, à chercher et à apprendre.
Le doute et la foi sont deux formes paradoxales
et complémentaires de la sagesse. Parler
ou se taire, quelle importance ? Parler est
important, mais on pourrait tout aussi bien choisir de se taire, vu qu'on peut
très souvent affirmer le contraire de ce qu'on vient de dire et ce, avec
tout autant de justesse. Parler surtout pour soi car ce qui vaut pour soi
peut très bien ne pas correspondre à la réalité de
l'autre. Et si je parle parce que je me pense bon ou pense savoir la vérité
et pouvoir l'enseigner, mieux vaut me taire. Se taire pour ne pas risquer
d'ajouter aux nombreux stéréotypes ou croyances que nous avons tous
déjà en nous. Parler surtout pour aiguiser notre sens critique,
pour dénoncer nos préjugés et principes, pour ébranler
les fondations de nos belles connaissances et faire tomber toutes les inepties
inculquées par notre éducation et notre culture. Contentons nous
de nous libérer de tout ce qui sonne faux pour laisser fleurir la réalité
dans le nouveau, l'imprévu et l'émerveillement. Nous avons bien
plus à désapprendre qu'à apprendre. Parler pour entrer
en contact avec les autres, pour s'en rapprocher. Se taire pour les écouter,
pour leur faire de la place. Faire silence.. pour écouter ce qui se
passe en soi et autour de soi. L'ordre
et le chaos (2)
À chaque jour, il me faut recommencer ma vie à neuf.
Rien n'est jamais acquis. Ce que j'avais construit hier pour me sécuriser,
les balises que j'avais plantées pour me guider, la morale que je m'étais
établie, les résolutions que j'avais prises, les guides spirituels
que j'avais adoptés, tout cela est dépassé et ne me sert
plus à rien. Était-ce perte de temps? Est-ce une perte de temps
que de déjeuner ou de se refaire une tête chaque matin. C'est une
nécessité de la vie que de faire à chaque jour ce qui dois
être fait pour assurer sa continuité, autant physique que spirituelle,
du moins si on le désire. Je veux saisir la réalité,
l'appréhender, la fixer, lui donner un certain statut de permanence, mais
la réalité est par essence impermanence, pure changement, vent qui
emporte tout sur son passage. Elle se fait un malin plaisir de tout jeter par
terre pour m'obliger chaque jour à rebâtir
ma vie, à refaire ma vie et à lui redonner un sens. J'ai l'impression
de faire deux pas en avant, pour le lendemain faire deux pas en arrière,
ou encore de tourner en rond. Ce que j'ai construit de bien, le mal se charge
le lendemain de le défaire. Toujours le chaos me rappelle que tout est
éphémère et que malgré tous mes efforts pour me sécuriser,
me protéger, équilibrer ma vie, me stabiliser dans un chemin, tout
cela n'est que pure vent et que demain la mort m'attend, comme toute réalité
formelle. Ce que j'ai affirmé hier, pensant avoir compris ou saisi
une infime parcelle de réalité, aujourd'hui je serais prêt
à l'effacer, trouvant cela incomplet, ou puéril, sinon carrément
erroné. La réalité s'est chargé une fois de plus de
me défaire de mes illusions. C'est bien triste pour mon ego qui ne
voit que son nombril et aime tout contrôler, mais cela est rire et source
de joie pour la vie qui foisonne dans les prés.
L'homme existe à un certain
niveau primaire, c'est évident car on peut le voir et le toucher. Mais
il est encore à mille lieux de son potentiel divin. Bien que tout les éléments
de sa divinité soient déjà présents, ils ne se manifestent
que très peu pour l'instant. L'homme n'a pas été créé
par dieu à son image. L'homme est dieu, l'incréé, l'indéfini,
celui qui est cause de soi. Il est d'un potentiel illimité et infini. Il
transcende tout ce qui existe dans la manifestation. Il n'a pas de destin, de
mission prédéfinie. L'homme est libre et en voie de se créer
lui même, en fonction de ce qu'il voudra bien devenir. Il pourra soit se
détruire, et on pourrait croire qu'il est bien parti pour le faire, ou
soit changer radicalement pour évoluer vers sa divinité. De
gros chambardements sont d'ailleurs prévisibles, la planète ne pouvant
supporter encore longtemps les torts qu'on lui cause. Il est probable que ce ne
soit qu'après un cataclysme majeur, où des civilisations seront
détruites et où mourront des millions d'hommes, qu'une poignées
de survivants, ébranlés et conscientisés, décideront
de se reprendre en main pour alors vraiment réaliser leur potentiel divin.
Un progrès très rapide de la conscience est aussi possible, il est
d'ailleurs déjà entrepris par un petit nombre, mais pourra-t-il
se généraliser à temps ? Satan
n'est pas une divinité en soi, ce n'est qu'une création de Dieu
ou de l'homme lui-même pour l'aider dans son évolution. Même
si les forces du mal gagnent de grandes batailles, comme on le voit présentement,
toujours les forces de la vie sont appelés, en dernier recours, à
l'emporter sur les forces du mal et de la mort. L'homme, de par sa divinité,
n'est pas un phénomène passager. Malgré les grandes difficultés
qui l'attendent sur son parcours évolutif, il est appel vers l'éternité.
La
loi Si on suit un peu l'actualité, on
se rend vite compte des limites d'une loi fondé presque uniquement sur
l'épée de la peur. La loi, nécessaire protection dans
un monde inconscient, ne sera plus utile dans un monde évolué et
conscient. L'homme saura se diriger par sa propre lumière, en toute liberté,
et n'aura plus besoin de la loi pour lui dire quoi faire ou ne pas faire, pour
lui imposer le bien ou lui interdire le mal. Il n'y aura plus les bourgeois
bien pensant et les hors-la-loi. Il y aura seulement des êtres humains,
dont parfois certains seront en difficultés et qu'on soutiendra par notre
compréhension, notre aide et notre amour. On aura tout au plus besoin
de quelques règles pour faciliter notre vie sociale et nos échanges
commerciaux.
Le
lâcher prise Je
me sens prisonnier de ma petite vie et rêve d'une vie meilleure, d'une vie
où je pourrais me défaire de toutes ces souffrances inutiles. Je
voudrais un bonheur qui soit plus solide, un état de paix et de joie plus stable,
qui ne se laisserait pas charrier par mes pensées, mes désirs et mes peurs.
Je voudrais vivre dans ma force, à la limite me réaliser, atteindre la
sagesse ou l'éveil, peu importe le terme utilisé. L'éveil
est-elle une réalité accessible, ou n'est-elle qu'un rêve
utopique ou une illusion ? Percevoir l'éveil comme possible et réel comporte tout un défi, sinon beaucoup de naïveté,
vu que, pour la plupart, nous n'avons jamais rencontré un sage en chair
et en os. Toutefois, l'enjeu est de taille et suscite espoir et convoitise, car
juste le fait d'y tendre et de s'en approcher pourrait déjà se traduire
par une nette amélioration de nos conditions de vie. De toute évidence,
au niveau d'évolution actuel, l'état d'éveil est
extrêmement rare et semble très difficile à obtenir. Cependant,
l'évolution future devrait générer plus de spiritualité
et de sagesse sur terre. La preuve de l'existence possible de l'état
d'éveil existe déjà en chacun de nous. En effet, si j'étudie
mon passé, je découvrirai que j'ai déjà expérimenté
l'état d'éveil et qu'il existe en moi à un état embryonnaire.
Si je fouille mon passé, je retrouverai de rares et courts instants où
je me suis senti dans une énergie, une lucidité, une présence
et un bien-être tellement intenses qu'ils se sont imprégnés
profondément dans ma mémoire. Serait-il possible de recréer
des conditions dans ma vie qui favoriserait à nouveau son émergence
? Je serais porté à croire que oui, surtout si on a les dispositions intellectuelles
et spirituelles requises et que l'on a la chance de rencontrer un enseignement
approprié. Mais par où commencer ? Je constate que tous les
efforts déployés à ce jour pour me réaliser m'ont plutôt
conduit à un résultat contraire. Comme dit le dicton: "Qui
veut faire l'ange fait le singe". Aussi, je commencerai par me demander ce
qu'il faut surtout ne pas faire. Je sais d'expérience que la volonté est
inefficace, qu'elle ne fait qu'opposer une partie de moi à une autre partie
de moi, créant encore plus de tension, de lutte et de confusion intérieure.
Je l'ai déjà tenté mille fois, pour mille échecs, et autant de coups portés contre
l'estime de moi. J'ai épuisé tous mes recours et ressources sans
résultat probant. Je sais aussi que je ne pourrai atteindre l'éveil
sans une grande lucidité, et que cette lucidité s'enracine généralement
dans une grande force mentale et une forte énergie. Or, je constate
que suis précisément sans force, à bout de souffle la plupart du temps, et ce
depuis presque toujours. Ce n'est donc pas une question d'âge, je me sentais
ainsi à 20 ans. Je vis selon le principe de l'alternance. Lorsque je
me sens très fatigué, un mécanisme de survie se met en branle pour me permettre
de récupérer et de me refaire minimalement une santé. Mais dès que je recommence
à me sentir un peu mieux, le désir embraye à nouveau et m'active jusqu'à
ce que le peu d'énergie accumulé soit épuisé. Comme un pile qui
dès qu'elle est un peu rechargée, est remise en service pour se vider à nouveau
de toute son énergie. En fait, je ne sais trop comment gérer cette énergie
qui me brûle les veines en quelques sortes, je ne sais trop quoi faire avec.
Aussi je me sens comme forcé de la dépenser en buvant trop, mangeant trop,
en travaillant trop ou autrement; je semble prêt à tout faire pour tuer cette
énergie que je ne sais gérer et pour, à mon insu, me ramener
au plancher. Tout se passe comme si, inconsciemment, je me sentais incapable ou
indigne de m'élever. Plutôt que
de sans cesse flamber toute mon énergie,
le défi consiste donc à réussir à engranger un peu de cette énergie, énergie
qui deviendrait alors disponible pour ma réalisation. Mais comment éviter
la dispersion de mon énergie ? Mon réflexe habituel est de forcer
pour me discipliner en vue de faire le bien et d'éviter le mal, de vouloir
tout contrôler pour finalement glisser et tout échapper. Mais c'est d'une
démarche inverse dont j'ai plutôt besoin. Au lieu de chercher seulement
les choses que je juge bonnes et que j'aime tout en voulant m'interdire ou rejeter
celles que je juge mauvaises ou désagréables, je vais maintenant
tout m'autoriser, tout accueillir sur le même pied, sans chercher autre chose
que ce qui est. Au lieu de me concentrer, je me déconcentre, je m'ouvre et permet
à tout ce qui se présente en moi ou hors de moi d'être et
d'exister, sans rien privilégier. En fait, cela correspond au "lâcher
prise" dont en entend souvent parler. Je cesse de lutter, je ne mords plus
à rien de particulier, mais me nourris de tout se qui se présente, sans désir
et sans attente. En conséquence, les pensées et les émotions
perdent de leur emprise sur moi et de moins en moins de choses me troublent, me
dérangent ou me charrient de gauche à droite. Je me rends compte
que lorsque tout est autorisé, paradoxalement, rien ne se présente
ou presque, les choses ayant perdu de leur valeur et importance relative. Il se
passe moins de choses en moi, je me gaspille moins, je me calme progressivement
et mon énergie commence à s'engranger. Ma force s'accroît progressivement
et pourra éventuellement se manifester dans mon action. Toutefois,
si je désire m'imposer le lâcher prise par la force de ma volonté,
je n'y parviendrai pas. Il me faut plutôt m'inviter à le faire, dans
le plus grand respect de tout mon être. Il me faut tenir compte de mes dispositions
mentales, émotives et physiques au moment où je me propose de lâcher
prise et attendre qu'elles soient favorables pour m'y exercer. Il s'agit de faire
mon éducation en quelque sorte et de visualiser les avantages du lâcher
prise afin d'en venir à le désirer de tout coeur. La seule
discipline possible consiste seulement à me rappeler l'importance du lâcher
prise et de me le proposer le plus souvent possible, avec patience et compréhension.
La
force du regard Et si le regard des autres avait
le pouvoir de me créer ou de me détruire, et que mon propre regard
avait autant d'impact sur les autres ! Malgré ma prétention
à ne pas vouloir être affecté par ce qui est extérieur
à mon être, je ne suis pas différent des autres êtres
ou formes existants. Sur la terre et dans la nature, tout est en interdépendance
et tout s'interpénètre. La nature me crée à chaque
instant et je la crée ou la détruit par mon regard, ma perception
et mon action. Tous les êtres ne cessent de s'influencer et de se créer
réciproquement. De même dans mon enfance, le regard de mes parents
ou des personnes significatives pour moi m'ont créé et ont fait
de moi ce que je suis. Mes caractéristiques et qualités ont d'abord
été perçues par les autres, et c'est seulement grâce
à leur regard qui j'ai pu les reconnaître à mon tour et les
actualiser. Le regard qu'on reçoit comme celui que l'on porte est d'un
force et d'une importance capitale, beaucoup plus qu'on ne se l'imagine couramment.
Un mot, un regard peuvent construire ou détruire bien plus qu'on ne le
pense. On pressent d'ailleurs inconsciemment le pouvoir constructeur ou destructeur
de notre regard et on s'en sert allègrement, trop souvent pour faire mal
ou se venger, dans le couple, au bureau ou ailleurs. La vision qu'on a de quelqu'un
est un puissant agent de construction ou de destruction. On peut toujours
s'illusionner et se dire qu'on se fout de l'opinion ou du regard que les autres
portent sur soi, mais la réalité est que ce regard nous affecte
qu'on le veuille ou non, qu'on en soit conscient ou non. Si on a déjà
une bonne réserve de confiance en soi, on pourra tolérer plus longtemps
les regards négatifs, surtout s'ils sont compensés par les regards
positifs de gens qui nous aiment. Mais pour une personne démunie et privée
d'amour, un seul regard négatif pourrait détruire tout ce qu'il
lui reste d'amour propre, ou au contraire, s'il est positif, la sauver de la mort.
Par exemple, un regard empreint de confiance et d'amour peut faire toute la différence
pour une personne en difficultés et lui donner l'impulsion dont elle a
besoin pour se remettre sur les rails. C'est là tout le pouvoir de l'amour
et de la haine. Seul, on n'est rien. On est et existe seulement par et avec
les autres. Et les autres ont beaucoup plus de pouvoir sur nous qu'on ne le voudrait.
L'acte
de créer vs l'objet créé
C'est ce que je suis en train de faire
maintenant qui importe et non ce qui en résultera. C'est mon travail en
tant que tel qui compte et ce qu'il m'apprend et non pas le fruit de mon travail.
Cette idée me vient à l'esprit lorsque je regarde en arrière
pour voir mes réalisations passées. Je me rends bien compte que
toutes les réalisations pour lesquelles je me suis morfondu dans le passé
n'ont maintenant plus aucune importance pour moi. Partant de là, je me
dis que toutes celles pour lesquelles je me morfonds maintenant n'auront aussi
plus d'importance demain. Alors, pourquoi me prendre au sérieux, m'en faire,
tant forcer et tant désirer ? Par exemple, en début de carrière,
je m'étais construit une belle maison sur un grand domaine au Sagnenay.
Je le faisais avec énormément d'ardeur, avec l'impression que j'y
vivrais toute ma vie. Pourtant, quelques années plus tard, je vendais cette
propriété pour tout recommencer ailleurs. Et je pourrais citer nombres
d'exemples de ce genre. En général, quand je fais quelque chose,
je suis peu présent à ce que je fais, ce qui importe étant
d'en finir, de voir le résultat, de me satisfaire ou de faire plaisir ou
d'impressionner quelqu'un d'autre. Je ne vois pas que j'oublierai très
rapidement cette réalisation, et que les autres, pour qui je travaille
le cas échéant, l'oublieront encore dix fois plus vite. Ce qu'on
fait, du moins le résultat recherché, n'a pas toute l'importance
qu'on pense et rien ne sert de trop en faire et de s'user prématurément.
Rien ne presse, peu importe car tout sera oublié ou recouvert de poussière
sous peu. Toutefois, le paradoxe est que rien n'a aussi plus d'importance
que ce qu'on est en train de faire. Il faut donc y accorder toute son attention,
toute son énergie et s'y appliquer consciencieusement. Rien d'autre n'existe
que le moment présent, le passé est déjà oublié
et le futur n'existe que dans notre imagination. Lorsqu'on réalise
un travail, il faut donc rester tout aussi présent à notre corps
et à soi qu'au travail lui-même. Il faut s'observer, ne pas s'oublier
soi-même, sentir son corps, voir ses motivations, voir le plaisir qu'on
en tire et voir si cela sert bien sa vie et celle des autres. Ainsi, on risque
moins de se laisser emporter par l'orgueil ou le sentiment d'urgence. La
réflexion qui précède nous indique qu'il ne faut pas s'oublier
et se perdre dans l'action.
Toutefois,
une
vérité complémentaire nous rappelle qu'il faut aussi savoir
se perdre et s'oublier. C'est souvent quand on se perd qu'on trouve. Un facette
de la réalité nous indique que ce n'est pas tant l'objet de la création
qui importe que l'acte de création comme tel. Toutefois, une vérité
complémentaire nous rappelle qu'il faut aussi savoir aller jusqu'au bout
de ce qu'on entreprend.
Être
cause de soi ?
Sommes-nous des êtres
libres, c'est-à-dire des êtres de libre arbitre, ayant la capacité
d'être cause de soi, ou ne sommes-nous que des êtres programmés?
Si je m'observe objectivement, je constate que je n'ai pas grande emprise sur
ma vie. Le changement se fait tout seul en moi, sinon malgré moi, suite
à des relations ou à des événements qui se présentent
sur mon chemin, ou tout simplement quand le temps a fait son uvre et que
mes vieux schémas, à force de servir, finissent par s'user et mourir
par eux-mêmes, ou encore suite à la souffrance, à la maladie
ou au vieillissement. C'est ma situation de fait actuelle. Il m'apparaît
donc que je suis pour l'instant un être essentiellement programmés,
comme la plupart des gens. Par ailleurs, les sages de ce monde ne nous font-ils
pas la démonstration qu'il est possible de se libérer de ses programmations
et d'accéder à la liberté ? S'ils ont réussi, pourquoi
pas nous ? Et quel chemin ont-ils empruntés ? Lorsque j'étudie
le cheminement des sages, j'en viens toutefois à me demander s'il se pourrait
que la sagesse ait germé en eux en raison du fait que les conditions propices
à son enracinement y étaient déjà présentes
? Je pense à des conditions pouvant par exemple être liées
à des traits de caractère, à la famille, à l'éducation,
à l'environnement, à la société, à des événements
impromptus, au hasard même ou autres conditions hors du contrôle de
ces derniers. En d'autres termes, le sage pourrait-il être devenu sage bien
malgré lui, la sagesse s'étant implanté en lui sans qu'il
n'y soit pour rien personnellement, simplement parce que le milieu était
propice ? Dans de telles circonstances, le sage ne serait pas cause de sa
propre sagesse, aussi ne pourrait-il connaître le chemin de la sagesse et
nous l'enseigner. Il ne pourrait que connaître son histoire personnelle,
laquelle par son essence n'est ni imitable ni reproductible. Et s'il en était
ainsi, ce serait un dur choc pour l'enseignement du sage qui s'en trouverait en
grande partie invalidé. Je ne remets pas ici en cause la sagesse elle-même,
qui est un fait réel en soi, mais plutôt notre perception du chemin
à emprunter pour y accéder. Maître Eckhart Tolle raconte
lui-même dans un de ses livres comment sa vie s'est totalement transformée
en une seule nuit, frappé soudainement par une intense révélation.
La vie de Hubert Benoît s'est aussi radicalement transformée suite
à un grave accident; cloué au lit, il est devenu un grand sage d'inspiration
zen. Si Krisnamurti n'était pas né en Inde, dans un milieu d'intense
questionnement spirituel, et n'avait pas été éduqué
en vue de devenir un prince spirituel, il ne serait pas devenu Krisnamurti. Dans
chaque cas, il y eu plusieurs conditions préalables favorables à
l'avènement de la sagesse, conditions ne dépendant aucunement des
personnes concernées. La sagesse n'a donc absolument rien à
voir avec l'ego, la volonté, le désir ou les résolutions.
Elle ne dépend pas de nous. Si les conditions sont présentes, si
le sol est fertile, elle pourra germer et croître, sinon, notre vie se poursuivra
dans l'inconscience habituelle. L'important devient donc de discerner les
conditions qui sont favorables à l'esprit et de leur faire de la place
dans sa vie. Et les conditions qui favorisent l'esprit sont les mêmes que
celles qui favorisent la vie, car l'esprit n'est qu'une forme de vie plus subtile.
Je reviendrai plus tard sur ce sujet afin de se rappeler les conditions qui favorisent
la vie, conditions déjà assez bien connues même si de pratique
limité. Présentement, il y a beaucoup de semences spirituelles
dans l'air provenant de sources de plus en plus nombreuses. Des graines de spiritualité
sont déjà certainement présentes en nous, mais, sauf pour
quelques exceptions, elle sont à un état dormant ou latent. Elles
sont même déjà présente chez les enfants, et leurs
questions existentielles si désarmantes en font foi. Cependant, le milieu
se prête guère pour l'instant à l'enracinement et à
au développement de notre spiritualité. Tout comme on ne peut
faire pousser une plante en tirant dessus, on ne peut donc faire naître
et faire croître l'esprit en soi. Et tout comme on peut favoriser l'implantation
et la croissance d'une plante en lui fournissant les conditions qui lui sont favorables,
on peut faire de même avec l'esprit. On ne peut que préparer le terrain,
sans but, sans désir et sans attente. Et si Dieu le veut, l'esprit pourra
un jour se manifester et se développer naturellement en soi et autour de
soi. Dans l'histoire
du temps, il y a eu l'avènement de la matière, puis de la vie, puis
plus tard de l'intelligence. Le dernier et plus récent saut évolutif
fut celui de l'esprit. Si les siècles passés furent surtout
voués à la vie et à l'intelligence, le siècle à
venir sera celui du rayonnement de l'esprit. Et lorsque l'esprit se sera implanté
et développé à large échelle, rien n'exclut qu'advienne
alors un autre saut évolutif encore inimaginable pour l'homme d'aujourd'hui.
Pourquoi
j'écris
J'écris d'abord pour moi-même, pour
prendre le temps de me pencher sur la réalité et mieux l'appréhender.
Et si je juge l'arbre à ses fruits, je sais que le fait d'écrire
m'aide. J'écris pour être lu. C'est un genre de travail, comme
ma participation à l'évolution de la communauté des hommes;
cela m'aide à me sentir partie prenante à la grande aventure humaine.
Écrire, c'est une façon d'échanger ou de partager mon énergie
spirituelle. Je cherche aussi à être utile et pense naïvement
pouvoir l'être, sinon je ne le ferais pas. J'écris
également parce que différentes circonstances m'y obligent et que
je ne peux faire autrement. Bientôt les circonstances seront différentes
et mes activités s'orienteront aussi différemment.
Vivre
des expériences Dans
sa jeunesse, on a besoin de vivre des expériences, de bouger, de voyager,
de faire des choses pour apprendre à se connaître, à connaître
les autres, le monde et son environnement. On s'expérimente et on expérimente.
Il doit se passer quelque chose dans notre vie, il nous faut du matériel
à expérimenter car nous avons un grand besoin d'apprendre. C'est
bien naturel. Mais en prenant de l'âge, ce besoin diminue progressivement.
Le désir d'une expérience nous vient-il encore à l'esprit
qu'on s'entend répondre: "À quoi bon!" vu qu'on en connaît
déjà les résultats probables. On entre alors lentement dans
le non faire. On a de moins en moins besoin qu'il se passe quelque chose de particulier
dans notre vie. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne bouge plus, qu'on ne fait plus
rien. Tout au contraire, la force de notre action s'en trouve même amplifiée.
Mais on provoque de moins en moins de choses. On a de moins en moins le goût
de lancer des cailloux sur la surface du lac pour faire des vagues. On se contente
d'observer ce qui se passe sur le lac et si besoin de faire face au vent quand
il se présente. On a de moins en moins besoin de se prouver, de prouver
et d'éprouver. Et viendra peut-être un jour où il ne se
passera pratiquement plus rien dans ma vie, et ce jour ne sera pas le jour de
ma mort mais plutôt le commencement de la vie. Il ne se passera plus rien
dans le sens égoïste du terme, mon ego n'étant plus là
pour ainsi dire. Plus de vagues. Plus d'accumulation de karma. Plus de pollution.
Plus de gaspillage énergétique. Ce sera calme parfait, retour à
l'informel. Je me coulerai alors naturellement dans la vie, en ferai partie. Comme
une goutte d'eau qui se contente de suivre le cours de la rivière sans
forcer pour se démarquer, se faire remarquer. Et paradoxalement, se manifestera
alors une énergie que plus rien ne pourra troubler et qui n'aura rien à
voir avec les pauvres limites imposées par mon ego. Une énergie
qui n'aura rien de personnel et qui se transformera spontanément et instantanément
en action totale. Le
mot 'métaphysique'
En cherchant des sites web traitant de métaphysique, je constate que ce
terme est utilisé à toutes les sauces, souvent pour impressionner
la galerie, faire de la promotion ou vendre un service. Moi de même,
je l'utilise à ma propre sauce. Mais le mot en soi n'a pas d'importance,
ce qui importe c'est la réalité qu'on tente de désigner en
l'utilisant. Le préfixe "méta" signifie ce qui englobe,
ce qui chapeaute, ce qui est au dessus de, ce qui est au-delà du physique.
J'utilise ce terme parce que je tente de voir au-delà des apparences, de
voir la réalité qui se cache sous une perception le plus souvent
fragmentaire et déformée. Je parle sur ce site web tout autant
de philosophie ou de psychologie, mais le terme métaphysique m'apparaît
plus englobant, plus général, moins limitant. Mon site se nomme
"metajardin" parce que je parle du jardinage comme tel, mais tout autant,
et sinon plus, de tout ce que j'apprends au contact de mon jardin et de la nature.
Ce n'est jamais
au fond ce qu'on fait qui a de l'importance, mais ce qu'on apprend en le faisant.
Mouvement
vs rigidité
Observez un corps vivant. Il est mouvement, changement, souplesse et chaleur.
Observez un corps mort. Il est immobilité, rigidité et froideur.
Les caractéristiques qui précèdent, lesquelles correspondent
à l'état de vie ou de mort, peuvent s'appliquer tout aussi bien
à nos attitudes intellectuelles et spirituelles.
Un
os pour se faire les dents
J'ai constamment besoin d'un os pour me faire les dents, quand je ne mords pas
dans la métaphysique, je me laisse prendre par l'horticulture, ou par une
quelconque autre activité. Ou je me laisse emporter par le rêve et
le désir, ou m'invente des mélodrames. C'est quasi impossible
de rester au neutre à ne rien faire, juste quelques minutes pour voir,
pour goûter un peu à l'oisiveté, à la liberté,
à la vie qui coule dans mes veines, à l'inconnu. Simplement rester
dans le présent, plutôt qu'être dans les projets ou les regrets.
L'ego veut tellement toujours plus qu'il ne ne me laisse pas une minute pour respirer.
Mes journées sont remplies à 100%. Je regarde ma grande épinette.
Elle ne s'énerve pas les aiguilles des branches pour rien, elle profite
du soleil à 100% et se contente de faire face au vent quand il y en a,
sans en rajouter. Elle ne sent pas le besoin de s'inventer du vent pour se sentir
vibrer.
Le
plaisir
Que représente le plaisir dans ma vie, au delà de ce que je connais
sur le sujet? Le plaisir est un moteur de mon organisme vivant. C'est un
pilier de la passion, du bonheur et de la joie de vivre. C'est le carburant qui
me maintient en vie, me motive et soutien ma création. Le plaisir me donne
de l'énergie et la fait circuler en moi. Il me détend et me régénère.
Le plaisir est d'une importance capitale pour mon équilibre. En cet
instant, si par exemple je n'éprouverais pas de plaisir à écrire
ce texte, je ne le ferais pas. Avoir du plaisir, avoir du 'fun', partir en
vacances, s'éclater, rire, rien de meilleur pour le moral et l'organisme.
Le plaisir nous allège de bien des fardeaux et peut même nous guérir.
Il vient faire contrepoids au sens du devoir, à la volonté, à
la vertu et finalement à l'ego. Il nous donne un peu d'air frais dans une
vie trop souvent axée essentiellement sur le travail et les responsabilités.
Ce qui surprend, c'est que le plaisir, source évidente de bien-être,
puisse aussi être généralement reconnu comme source de mal-être.
Pourquoi? -
On peut souffrir de déficience du plaisir. On ne s'amuse pas autant que
l'on pense dans notre monde pourtant axé sur le plaisir. On n'a pas appris
et on ne sait pas s'amuser. On s'amuse trop peu, trop emporté par l'ambition,
le travail et les devoirs à faire. - Ou peut aussi ressentir de la
culpabilité lié au plaisir, résultante de la culture catholique
janséniste de notre enfance. Mais quand la pression ou l'urgent besoin
de plaisir fait éclater la vertu, alors on ne sait plus se limiter et c'est
le débordement. La déficience mène à l'excès.
-
On peut aussi être trop stressé pour vraiment goûter aux plaisirs
de la vie. Rien de pire que le stress, la peur ou l'angoisse peut nous aveugler
ou nous couper de tout plaisir de vivre. - On souffre assez généralement
de nos excès dans le plaisir. Le plaisir, c'est tellement bon qu'on en
a jamais assez. On en fait l'assise, le centre de sa vie, et on devient hédoniste
ou épicurien. On l'utilise comme une drogue. On le convoite, l'exploite
et en abuse. À la limite, on se rend malade et se détruit par excès.
On mange trop, boit trop, joue trop, consomme trop, etc. - Notre plaisir,
nos fantasmes deviennent tellement importants qu'on est prêt à tout
pour se les procurer. Seul notre plaisir personnel égoïste importe.
Il devient plus important que le respect de soi, des autres et de l'environnement.
On en perd sa sensibilité et son sens du discernement, on devient aveugle,
on se durcit et on peut même tomber dans la violence psychologique ou physique.
Dans sa phase extrême, on verse dans le fétichisme, le masochisme,
le sadisme, la pédophilie ou autres déviations. - Le plaisir
peut prendre toute la place dans notre vie, accaparant tout notre argent, temps
et énergies. On y investit tout ne laissant peu ou pas de place aux autres
aspects de nos vies, soit à l'amour, aux relations, à la famille,
aux responsabilités, au travail et autres. On y investit tout et on perd
tout à la longue. - On ne veut plus voir que l'aspect plaisant de la
vie, soit ce qui est beau, bien ou bon, tout en se coupant de ce qui cause du
déplaisir. Ainsi on perd pied, on perd contact avec la réalité.
On s'isole, on crée un mur autour de soi. Or, on ne peut percevoir la réalité
qu'avec l'Amour et l'amour véritable ne privilégie pas, ne choisit
pas. Il accueille tout ce qui est sans désir et sans attente. Ainsi, en
voulant fuir ce qui n'est pas plaisant, on se coupe de l'Amour, se sépare
de la vie, s'illusionne et se prépare inconsciemment à souffrir.
Bien que l'excès dans le plaisir
puisse contribuer à créer ou amplifier
nos problèmes, le plaisir comme tel n'est jamais la source réelle
de nos problèmes. Le fait d'abuser ou de pervertir le plaisir nous révèle
plutôt que nous avons des problèmes, problèmes que nous cherchons
à oublier ou à noyer dans le plaisir. Plutôt que de fuir ainsi,
nous devrions y faire face, sinon notre vie risque fort de se briser un jour ou
l'autre. Le plaisir pour le plaisir ne mène
jamais au bonheur et ne peut à lui seul donner un sens à notre vie.
Le plaisir sain résulte plutôt d'une vie qui a du sens, d'une vie
axée sur l'amour et non l'inverse. Et le plaisir issu de l'amour est bien
plus grand et satisfaisant qu'on aurait pu l'imaginer. Aucune culpabilité
ne l'accompagne. Au contraire, il nous valorise et souffle de la joie de vivre
dans nos voiles. La voie du juste milieu, c'est de savoir user de ce grand
bien qu'est le plaisir sans se laisser abuser par lui.
Tout
a déjà été dit ou écrit Alors
pourquoi se répéter ? Pourquoi dire la même chose ou presque
en d'autres mots ? Est-ce une perte de temps ? Est-ce justifié ? En
fait, il ne s'agit pas vraiment d'une répétition, mais plutôt
d'une vision complémentaire d'une même réalité. La
réalité est d'une telle complexité, qu'elle ne peut être
décrite dans sa totalité, même si nous devrions y travailler
tous ensemble toute notre vie. En observant et en décrivant la réalité
selon mon point de vue personnel, je m'aide personnellement à mieux l'appréhender
tout en contribuant à enrichir son portrait global. Chaque fois qu'une
personne la regarde de son point de vue particulier, elle vient également
enrichir le tableau, et toutes nos visions rassemblées finissent par tisser
une trame ou une toile toujours plus précise et plus fiable de cette réalité.
Mais pour que l'apport soit valable, il doit nécessairement prendre racine
dans son vécu personnel, dans ses tripes. On doit parler de soi, de ce
qu'on vit. Sinon, c'est un simple exercice intellectuel désincarné
ou du plagiat sans intérêt.
Plaçons-nous
dans la peau d'un criminel. Savons-nous que si nous avions exactement le même
bagage physique et psychologique que lui, nous serions alors exactement comme
lui ? Cela saisit n'est-ce pas ! Ce criminel n'est que le simple fruit de
la société, de son éducation déficiente, de ses relations
manquées, de l'amour qu'il n'a pas reçu, de nos jugements, de notre
dureté. Certains diront que c'est trop facile, que c'est un cliché.
Mais c'est pourtant bien la réalité toute crue. C'est une évidence,
ouvrons nos yeux. Et notre dureté continue à former des criminels
à tous les jours. Alors, comment les juger, comment faire leur procès,
comment les haïr et ajouter encore de la haine au poids de haine qu'ils portent
déjà ? J'ai vu des êtres inconscients, profondément
malheureux, désabusé, frustrés, mais je n'ai jamais rencontrés
d'êtres consciemment méchants. Sous la dure carapace que revêt
le motard, pour faire son fort, pour se protéger, il y a un humain faible
et rempli de peurs qui s'ignore. Un humain qu'on peut encore rejoindre par l'amour,
pour la plupart. Le meilleur moyen de lutter contre la criminalité
est de s'observer et d'éliminer la haine de son propre cur. Ce
qui ne veut pas dire ne pas se protéger au besoin contre l'inconscience
et la brutalité. Mais la seule protection valable et durable à long
terme demeure toujours et encore l'AMOUR.
Être
chanceux ou malchanceux On dira que certaines
personnes sont nées sur une bonne étoile, sont de bonnes familles,
ont de l'argent, sont beaux et en plus sont intelligents. Des chanceux qui ont
tout, alors que d'autres, pauvres, malades et miséreux n'ont rien. Bien
que ce tableau de la réalité puisse sembler vrai à première
vue, il s'agit pourtant d'un faux. Il est dessiné par l'ego qui constamment
juge, compare et évalue. Mieux vaut être riche et en santé que pauvre
et malade, dit le proverbe. C'est bien certain, et on vise tous une vie forte
et de qualité. Mais la capacité d'être heureux n'est aucunement
lié au fait d'être riche ou pauvre, en santé ou malade. D'ailleurs,
j'ai vu plus de bonheur chez les gens pauvres et simples que chez les gens riches
et célèbres. Aussi, la souffrance est bien souvent la seule
ressource dont dispose le démiurge pour nous faire évoluer, du moins
la plus efficace, et vu sous l'angle évolutif, elle devrait être
perçue positivement. Si on ne se comparait pas en fonction de valeurs
préétablies, on se rendrait vite compte qu'on a tous beaucoup de
talents, des talents la plupart du temps non découverts, non manifestés
et différents d'une personne à l'autre. Si on était
plus humble, on n'aurait pas peur de se reconnaître vulnérable sous
certains aspects, ou à certains moments de notre vie, et de puiser au besoin
dans les ressources disponibles un peu partout, que ce soit sur le plan matériel
ou spirituel. Si on est riche, on éprouve de la joie à donner, si
on est pauvre, à recevoir. Le sentiment d'injustice n'aurait pas sa
raison d'être. Par exemple, pour une très jolie fille, dont l'ego
est gonflé à bloc par tout l'intérêt et les éloges
qu'elle reçoit, il lui sera très difficile de gérer cette
qualité sans s'y perdre, d'autant plus que bien des forces graviteront
autour d'elle, tentant de l'entraîner dans leurs girons. Une fille ordinaire
sera moins sollicitée et il lui sera plus facile de se réaliser.
On pourrait donc croire que cette dernière est privilégiée
sous cet aspect. Vu dans sa globalité, la beauté physique d'un
être est une qualité qui ne lui appartient pas personnellement, comme
toute autre qualité d'ailleurs, cette qualité appartient à
la communauté des hommes, et si cet être est bien relié à
sa communauté, il le vivra d'ailleurs ainsi naturellement, rayonnant de
toute sa beauté, semant joie et plaisir de vivre autour de lui, mais sans
orgueil et sans prétention. Tout comme une rose dans un jardin. La
justice ou l'injustice, cela n'existe pas, sauf en superficie de notre monde égoïste.
La
mort J'ai
de l'aversion pour ce sujet. Il me rebute, j'hésite à l'aborder.
Bien des gens seront peut-être aussi hésitants à le lire.
Pourquoi en parler ? Aurais-je peur de la mort ? En surface, je penserais
que non, que c'est normal de mourir, qu'il n'y a pas lieu de s'en faire. Mais
je ne le sais pas vraiment, car je n'y pense jamais. Et si pour une fois je décide
de la regarder en face, je me rends bien compte que j'en ai infiniment plus peur
que je ne le pensais; une peur intense, inconsciente, permanente. J'en ai tellement
peur que je ne veux même pas en entendre parler et que je l'occulte totalement
de ma vie. De plus, je me sens révolté par le fait de devoir mourir
un jour. Est-il plus sage de ne pas s'en occuper, de vivre sans y penser,
d'en rire ? Ou encore vaut-il mieux en prendre conscience et sentir sa présence
dans son quotidien ? Il est certain qu'en vieillissant, qu'on le veuille ou non,
on sent notre forme se ramollir et la mort se rapprocher. Sur le plan physique,
notre force diminue progressivement et il nous faut renoncer à bien choses,
ce qui nous amène à s'ouvrir à des choses plus subtiles.
On vit quotidiennement de petites morts. On change. La mort au quotidien est le
plus grand facteur de changement. Vivre conscient de la mort ne veut pas dire
se sentir lourd et triste, perdre son sens de l'humour. Tout au contraire, on
vit plus légèrement, on se prend moins au sérieux, mais d'une
certaine façon on est plus sérieux face à la vie. On diffère
moins. J'ai vu des cancéreux plus joyeux et plus légers que des
personnes en pleine santé. La mort est un mystère qui nous dépasse
et sur laquelle on n'a aucune emprise. Cette réalité est très
angoissante pour l'ego, car il sait bien qu'il s'en trouvera anéanti un
jour. La sagesse populaire nous dit qu'il faut vivre chaque jour comme si
c'était le dernier jour. On est bien d'accord intellectuellement, mais
on ne réalise pas vraiment le sens de cette parole. C'est parce que
nous sommes si peu conscient de la mort, de notre mort prochaine, que nous sommes
si peu vivants. Autrement, nous aurions beaucoup plus d'intensité, nous
serions beaucoup plus ardents, plus vrais, plus passionnés, plus présents,
plus chaleureux, plus généreux et plus émerveillés
par la vie. Nous sentirions le besoin pressant et impératif de faire ce
qu'on aime, de pardonner, d'aimer, de sortir de notre solitude pour se rapprocher
des gens, pas demain mais maintenant. Prenons l'exemple de quelqu'un qui vient
d'apprendre qu'il a un cancer et qu'il ne lui reste que quelques mois à
vivre. Sa vie prend une couleur totalement différente, il dira qu'enfin
il commence à vivre, qu'il arrête de ne penser qu'à sa survie.
Notre société, la publicité, le cinéma cherche à
faire de nous des êtres immortels, des robots tout puissants, des êtres
insensibles, égoïstes et durs. On vit comme si on était éternel,
on cherche à se bâtir une sécurité à toute épreuve.
Pourtant, nous sommes tous des mourants, ce n'est qu'une question de mois, ou
tout au plus de quelques années, voire de quelques décennies. La
vie est très courte et passe comme un coup de vent. Les gens âgés
diront que leur vie s'est évaporée sans qu'ils aient eu le temps
de rien faire ou presque. Et 6 mois, 6 ans, 60 ans, ce sont tous des riens par
rapport à l'éternité du temps, c'est du pareil au même.
Dans le zen, on dit que la vie est aussi éphémère qu'une
goutte d'eau sur le bec d'un canard. La mort fait partie de la vie. Il n'y
a pas lieu de s'en attrister. Dans la nature elle est constamment présente.
C'est de l'énergie qui se transforme, c'est la fin d'une forme, c'est créer
de l'espace pour une autre forme et ainsi permettre à la vie de se renouveler.
Réaliser vraiment notre état de mortel, c'est se donner la vie.
Vivre l'instant présent, conscient de sa fragilité et de sa fugacité,
c'est cela l'éternité. La vie est à la fois éphémère
et éternelle. Éphémère dans les formes temporelles
qu'elle revêt mais éternelle dans son processus.
La
masse vs quelques illuminés
Cela
se peut-il que la masse vivent dans l'illusion, alors que seulement quelques illuminés
perçoivent la réalité ? À première vue, je
serais porté à croire que ces illuminés sont justement des
illuminés et que c'est impossible que la masse puissent ainsi errer. En
y regardant de plus près, c'est pourtant bien ce qui se passe. Pendant
les dernières décennies, nous nous sommes concentré sur la
révolution technologique, mais nous avons fort peu avancé sur le
plan spirituel, à l'exception de quelques êtres conscients. Sur le
plan spirituel global, nous en sommes presque au même point que dans le
temps du Christ, à peu de choses près. Le phénomène
s'inversera dans les prochaines décennies, les progrès technologiques
seront moins éclatants, et ce sera surtout la révolution spirituelle
qui fera oeuvre dans nos sociétés. La spiritualité viendra
rejoindre la grande majorité des gens et même colorer la technologie
de plus de douceur et d'humanisme. Nous pouvons d'ores et déjà
sentir les germes de cette évolution spirituelle. Elle est à sa
phase de démarrage ou de semis, mais une forte poussée de croissance
pourrait survenir bientôt. Lentement mais sûrement, la masse viendra
prendre le pas avec les illuminés.
Les
hautes sphères spirituelles
Je sais beaucoup de choses. J'étudie depuis
longtemps déjà les écrits de ceux que je considère
comme des sages. J'ai consommé beaucoup de livres. Alors, pourquoi
ma vie demeure-elle toujours aussi petite, pourquoi suis-je toujours aussi coincé
dans ma misère. Pourquoi la connaissance ne devient-elle pas une connaissance
appliquée, une pratique ? Je sais beaucoup, mais ne pratique rien.
Je vogue dans les hautes sphères de la spiritualité, je collectionne
les belles idées comme on collectionne les belles images. J'en veux toujours
plus, toujours des nouvelles, en oubliant très vite celles que j'ai déjà,
dans l'espoir illusoire de rencontrer un jour les mots qui me sauveront de tous
les maux. Cela me donne un "feeling", cela m'amuse et me divertit, cela
me donne l'impression de bien vivre, de m'élever au dessus de la masse,
de voler bien haut pour ne pas voir les misères de mon quotidien. Ainsi,
n'ai-je plus de temps de me regarder vivre, ce qui au fond fait bien mon affaire.
Je me fuis dans la spiritualité. Je suis atteint du virus de la compulsion
spirituelle. Pendant ce temps, sur terre, dans mon quotidien, je suis impatient,
je suis colérique. Je m'irrite contre tout et contre rien, me fâche,
me scandalise ou me révolte. J'ai des opinions sur tout. Je tranche, je
juge et je prends parti. Je déprime si tout ne se passe pas comme je veux.
Je ne suis pas disponible pour rien, trop occupé, entre autres, à
mes plaisirs spirituels. Je suis égoïste et ne pense qu'à mes
petits plaisirs ou à ma sécurité, et ne ressens que rarement
de la compassion et de l'amour. Or, comment pourrais-je véritablement connaître
quoi que ce soit sans amour ? Redescendre sur terre, c'est par là qu'il
me faut commencer. Rester sur terre avec ce que je suis, pour apprendre à
me connaître, pour voir ce qui m'habite et ce qui m'anime, c'est tout ce
qui importe. Et faire de courtes et légères incursions dans
les hautes sphères spirituelles pour me ressourcer ou pour m'inspirer,
cela suffit. Je
traverse la rivière sur la glace, avec précaution, évaluant
mon risque à chaque pas, pour accéder à une forêt pratiquement
jamais foulé par l'homme. Mon intention est d'y méditer quelques
instants. J'emprunte les sentiers battus par les chevreuils, sous de grandes épinettes
et feuillus. Dans le ciel, des fenêtres d'un bleu foncé viennent
contraster les nombreux nuages blancs lumineux. J'en profite pour prendre un peu
de vitamine soleil malgré la fraîcheur du jour. L'air y est d'une
grande pureté, d'une grande fraîcheur, délicieuse à
respirer. Un oiseau prend son envol, une grâce indéfinie, un
instant d'éternité. Un écureuil s'amuse non loin de moi en
toute indifférence. Pas une seule épinette ne semble troublée
ou impressionnée par ma présence, par celui qui pourtant se prend
pour le roi de la terre. Je fais simplement partie du paysage, au même titre
que le cèdre, l'if, le sapin ou l'épinette, tous égaux. Mon
regard les fait naître et être, leur présence en fait tout
autant pour moi, nous nous interpénétrons et nous créons
en toute égalité dans l'instant. Si je tourne mon objectif vers
les montagnes, vers le ciel, je me sens minuscule dans cette immensité.
Je me sens seul, presque abandonné. C'est le silence. Personne ne répond
à mes questions. Est-ce qu'un dieu quelque part dans cet univers se préoccupe
de moi, de ma destinée? Si je ne me prends pas en main, je sens bien qu'on
me laissera crever ici. Je visualise ces millions d'étoiles dans un
univers infini où même notre système solaire n'est rien comparé
à l'immensité du tout. J'en ai le vertige. Comment croire que ma
petite planète soit privilégiée, ou puisse jouir d'un statut,
d'une protection ou d'une vocation particulière? Pourtant, moi, homme,
dans mon petit coin de terre, je me prends au sérieux, je me donne de l'importance,
je me donne des droits, je me prends pour le nombril du monde ! Quelle inconscience!
Tout
est égal
Vouloir en finir avec ce qu'on fait pour pouvoir passer à autre chose.
Vouloir être ailleurs. Vouloir en faire plus. Être pressé.
Avoir un sentiment d'urgence quasi permanent. Vouloir se prouver, vouloir
s'améliorer, vouloir être autre chose que ce que l'on est, vouloir
changer les choses, le cours du temps, notre destinée. Tous ces sentiments
nous sont familiers. Aussi ne pouvons-nous trouver la paix, ou tout simplement
nous sentir bien. Viendra un jour où nous réaliserons enfin
que rien n'a d'importance en soi, que rien ne presse, que tout est égal.
Faire une chose à la fois, une chose après l'autre, ou ne rien faire
parfois, dans une totale présence. C'est trouver la paix, l'éternité.
Je suis riche, je suis riche. Je suis pauvre, je suis pauvre. Cela n'a aucun rapport
avec ma capacité de trouver le bonheur. Aucune importance. Ce qui importe,
c'est de bien vivre avec ce que je suis. Je lave la vaisselle, je lave la
vaisselle, je suis au cinéma, je suis au cinéma. Je travaille ou
je suis en vacances, peu importe. L'activité présente est la seule
qui importe, rien d'autre n'existe. Rien n'a d'importance, ou aucune chose n'a
plus d'importance qu'une autre, ou encore tout est important. Je suis avec
Marie, je suis avec Marie. Peu importe l'être avec qui je suis; ce qui importe
c'est d'être avec l'être avec qui je suis. Et si j'avais été
avec Pauline, ma vie aurait-elle pu être plus belle? La question ne mériterait
pas d'être posée. Ma vie aurait été différente
au niveau de l'esthétique seulement, l'essentiel n'en aurait pas été
affecté d'un iota. Remonter dans le temps pour y changer une virgule,
un coup de téléphone par exemple, pourrait venir modifier totalement
les circonstances entourant ma vie présente. Mon cadre d'évolution
pourrait donc être fort différent de ce qu'il est, mais mon processus
d'évolution, vu dans sa globalité espace-temps, n'en serait aucunement
affecté.
Il
est bien évident que l'émotion peut facilement avoir raison de la
raison. Il n'est pas nécessaire de le démontrer, on le constate
tous à tous les jours. Mais la raison peut-elle avoir raison de l'émotion
? C'est moins évident. Le plus souvent, c'est le contraire qui se passe,
la raison venant amplifier l'émotion. Un cercle vicieux s'engendre, l'émotion
stimulant le cerveau qui se met à révolutionner, qui se met en émoi,
en rajoute et vient accroître l'émotion. Le cerveau, travaillant
principalement au passé et au futur, est même à l'origine
de la plupart de nos émotions, émotions qui n'ont le plus souvent
aucun rapport avec la réalité. L'émotion, c'est comme
tirer un caillou sur un lac calme. Un réseau d'ondes ou de vagues s'ensuit,
ondes que seulement le temps peut calmer si on n'en rajoute pas. La raison peut
seulement agir au niveau "ne pas en rajouter", le plus souvent en n'intervenant
pas, en n'étant pas. Tenter de vouloir régler son problème
avec son cerveau demeure généralement vain, s'il ne l'amplifie pas.
Je constate parfois que le seul moyen de calmer mon cerveau, vu qu'il est quasi
impossible de le faire taire, est de le "court-circuiter" en
l'occupant à des jeux qui requièrent toute son attention, ou en
me laissant emporter par des rêves ou des fantasmes, donc en fuyant.
Faire face, affronter la réalité demande pourtant toute la vigilance
et l'intelligence du cerveau. Le cerveau demeure le plus bel outil, mais il n'est
pas facile de bien s'en servir. Il peut même causer notre perte. Le cerveau
doit apprendre à travailler au présent. Le problème n'est
jamais aussi grave au présent qu'on ne l'imagine, si on ne se laisse pas
emporter par le passé (regrets et culpabilité) ou par le futur (inquiétudes
et anxiété). Seulement regarder, observer, étudier les forces
en jeux, sans espoir et sans attente de solution, comme si on n'était pas
concerné, comme un biologiste étudie une grenouille. Comprendre
et prendre conscience sont deux choses qui vont dans le même sens, mais
il y a un hiatus entre les deux. La raison et l'intelligence sont deux choses
qui vont dans le même sens, mais il y a un hiatus entre les deux. L'intelligence
et l'esprit sont deux choses qui vont dans le même sens, mais il y a un
hiatus entre les deux. Cet hiatus, bien que se présentant sous une
mince différence, constitue en fait un large fossé qu'il n'est pas
facile de franchir.
Le
bonheur au conditionnel Le bonheur
au conditionnel n'est pas le bonheur. Un bonheur conditionné par ce qui
est extérieur à soi, soit entre autres par la reconnaissance, l'appréciation
ou l'amour des autres, par sa réussite matérielle, par ses possessions,
par la réussite ou le bonheur de ses proches, ce n'est pas le bonheur.
Il est pour le moins excessivement fragile. C'est comme un bonheur lié
à la température extérieure, s'il fait beau, je vais bien,
sinon je suis malheureux. Si la bourse et mes placements vont bien, je suis heureux,
sinon cela va mal. Mon bonheur est ainsi lié à de multiples
facteurs sur lesquels je n'ai aucune prise. Intellectuellement, je comprends
bien que je n'ai pas à me laisser troubler par ce qui ne dépends
pas de moi. L'expérience me montre bien d'ailleurs que ce n'est pas la
réalité comme telle qui m'afflige mais plutôt les jugements
que je porte sur une prétendu réalité qui, dans les faits,
ne se concrétise pratiquement jamais. Mais émotivement, ce n'est
pas aussi simple, et qu'un malheur touche mes proches et je risque de virer sur
le top. Un petit remède est la lecture du "Manuel
d'Épictète" dont j'ai tiré des extraits sur mon
site web.
La
métaphysique, est-ce utile ?La
métaphysique, la philosophie et les connaissances en général
peuvent-elles nous aider à mieux vivre ? Oui
et non, cela n'est pas évident. Elles vont généralement nous
aider, mais elles peuvent parfois nous nuire. Ce sont des outils limités
qui ne nous aident pas autant que l'on voudrait. Elles peuvent nous donner
de la perspective, soit un autre façon de voir et percevoir les choses
et ainsi nous aider à s'améliorer, mais jusqu'à une certaine
limite. Pourquoi ? 1-
Parce qu'en fait on ne sait rien, ou presque. Nos connaissances sont très
fragmentaires, très sommaires et vouloir leur accorder trop d'importance
peut nous mettre sur une fausse piste ou nous donner de faux espoirs. 2- Nos
mots et nos phrases peuvent bien tenter de cerner la réalité, mais
rien n'est aussi simple, la réalité est mille fois plus complexe.
Même le fait d'y mettre des mots est une façon de l'étiqueter
qui nous limite dans notre appréhension directe de celle-ci, c'est-à-dire
qui nous empêcher de la percevoir sans aucun préjugé, dans
un esprit neuf, totalement présent et ouvert. 3- L'on constate avec
le temps que tout est relatif, et que lorsque je viens d'affirmer une vérité,
je ne dois pas oublier que je peux également affirmer la vérité
contraire. 4- On en vient avec l'expérience à désirer
cesser de se poser des questions, de s'en faire inutilement, d'arrêter de
chercher à vouloir comprendre, parce que la réalité est d'une
telle complexité qu'il n'y a rien à y comprendre. Pourquoi alors
ne pas se contenter de simplement vivre, profiter de la vie et faire ce que dois
à chaque instant ? 5- Entre posséder des connaissances et les
mettre en pratique, il y a aussi une marge très difficile à franchir.
Cette question à elle seule mériterait une réflexion particulière.
Tous les fumeurs savent que fumer est néfaste, mais ils continuent de fumer.
Et cela est vrai dans tout. 6- Notre cerveau est limité et ne peut
percevoir à lui seul toute la réalité. Il faut utiliser aussi
tous nos sens et tout notre corps. Souvent, la meilleur façon de régler
un problème est de ne plus y penser, de faire taire notre cerveau en d'entrer
dans nos sens. On écoute, on touche, on goûte, on jardine et tout
à coup, comme par magie, une solution nouvelle et adaptée nous apparaît.
7- La connaissance intuitive amène un vision plus globale et est plus apte
à bien saisir la réalité. Notre cerveau procède par
déduction et ses longs raisonnements peuvent nous embourber. Quand c'est
trop long, trop songé, trop rationnel, il faut se méfier. 8-
L'expérience directe est nettement plus efficace que les connaissances
pour nous changer. On a beau enseigner à un enfant les risque du feu, il
comprendra vraiment seulement lorsqu'il se sera brûlé. 9- Selon
les circonstances, on peut à un certain moment avoir davantage besoin d'un
outil ou d'une discipline que d'un autre. Un outil peut également être
bon pour une personne et d'aucun intérêt pour une autre. Et
juste regarder nos comportements compulsifs et l'inefficacité de nos connaissances
à les juguler nous aide à rester humble devant les moyens dont on
dispose. Et quoi qu'on sache, un jour arrive un événement,
une émotion, une maladie, la proximité de la mort, où on
est emporté par quelque chose de trop fort et où plus rien n'y fait.
On se retrouve alors seul, sans aide, sans aucun recours possible devant les forces
de la vie et de la mort. Mais, malgré tout, il m'apparaît essentiel
de se questionner sur qui on est, ce qu'on fait ici et vers
où on s'en va. Et c'est pourquoi je continue, mais avec légèreté
de touche, sans me prendre au sérieux et sans oublier
le moment présent. La métaphysique et
le jardinage ne m'empêcheront pas un jour d'être malade et de mourir,
mais entre temps ce sont des moyens complémentaires qui contribuent à
améliorer ma qualité de vie active, des moyens parmi d'autres.
L'ego,
un frein à la création Pour notre
ego, rien n'est jamais assez beau, assez bon, assez parfait. Il ne cesse de critiquer,
d'évaluer et de comparer. Et il craint le jugement des autres par dessus
tout. S'il fallait que je sois dans l'erreur, que je sois pris en faute, je le
prendrais fort mal. Il oublie qu'on apprend principalement par essais erreurs,
soit en s'expérimentant. Notre ego, d'où origine la plupart
des peurs, nous paralyse et nous empêche d'être réellement
créatif. Il nous pousse dans le faire pour se prouver ou se sécuriser,
mais empêche notre imagination et notre esprit créatif naturel de
vraiment se manifester. Notre ego cherche la stabilité et la sécurité
alors que la vie est changement et création.
Un
soleil ou un satellite ?
On se sent mal, insécure, déprimé, désespéré
ou encore perdu. C'est bien ce qui pourrait nous arriver de mieux si on était
paré à faire face à cet inconfort ou souffrance et à
profiter de ce riche enseignement pour grandir. Mais on va plutôt rapidement
chercher des solutions hors soi pour en calmer les symptômes. C'est bien
naturel et justifié de vouloir accéder au bonheur, au paradis terrestre
ou céleste. On cherche alors la potion, le guide, le chemin, le livre
ou la religion en vue de s'y accrocher, un chemin déjà tout tracé
qu'on aurait qu'à emprunter pour trouver le nirvana. On se met alors à
tourner ou graviter autour d'une idée, d'un maître, d'une technique,
d'une philosophie ou d'une religion, comme un satellite en orbite. On devient
un adepte, un partisan ou un disciple. On se tourne vers les autres, s'y colle
pour se réconforter, marche dans leur ombre. Et souvent un aveugle guide
un autre aveugle. Malgré tous ces efforts, on finit toujours un jour
ou l'autre par se retrouver confronté à sa solitude, face à
soi-même, à ses souffrances et à sa mort éventuelle.
On peut fuir dans diverses compulsions de type spirituel ou autre, mais toujours
la vie et la mort nous rattrapent. Marcher dans l'inconnu avec sa seule lumière
pour guider ses pas nous fait bien trop peur; bien que ce serait pourtant la seule
façon de se connaître et de trouver son chemin. Un jour, parfois
sur le tard de sa vie, on finira par faire ce constat d'évidence: il n'y
a pas de guide ni de chemin extérieur à soi-même. On a à
trouver sa propre vérité et à rayonner sa propre lumière.
On est soleil. Aucune autre issue possible que de se tourner vers soi, de
regarder en soi et de se relier à la source universelle et divine d'énergie
et de lumière auquel tous les êtres vivants sont reliés.
Il est bien sûr capital de visiter d'autres planètes pour apprendre,
s'enrichir et s'ouvrir l'esprit, comme le Petit Prince l'a fait, mais sans s'y
installer, sans se laisser impressionner ni commencer à graviter autour.
Voyager, s'ouvrir sur le monde, pour mieux revenir chez soi, en soi afin de développer
sa propre identité, sa propre vision du monde. Pour
l'épinette, pas de problème J'ai abattu
une immense épinette. En étudiant les cercles de croissance, je
constate qu'elle a plus de 100 ans. La largeur des cercles de croissance m'indique
qu'elle était à l'ombre et a poussé très lentement
pendant les 30 premières années de sa vie, atteignant alors à
peine 10 cm de diamètre. Est survenu ensuite un événement
qui lui a permis d'entreprendre une croissance phénoménale dans
les 50 années suivantes, passant à plus de 50 cm de diamètre.
Probablement la chute ou la mort d'arbres avoisinants lui ont alors permis de
prendre sa place au soleil. À 80 ans, la croissance s'est de nouveau mise
à ralentir progressivement jusqu'à presque s'annihiler avec le temps.
L'âge et un attaque de fourmis gâte-bois à sa base en sont
des causes probables. Pour une épinette, pas de problème. Si
les conditions lui sont favorables, elle pousse. S'ils lui sont moins favorables
ou défavorables, elle pousse au ralenti ou encore disparaît pour
laisser la place à d'autres végétaux mieux adaptés.
Elle accepte totalement ses conditions de vie. Elle sait vivre et mourir sans
faire de la vie et de la mort un problème. Pas de mélodrame
du genre: Pauvre de moi ! Je n'ai pas de chance ! Pas d'orgueil du genre: Je veux
être grande et belle ! Pas de désir d'impressionner. Elle est ce
qu'elle est. Pourtant, qu'elle soit grande ou petite, au soleil ou à
l'ombre, forte ou faible, ou même morte, elle est toujours en parfaite harmonie
avec son environnement et pure beauté. Les épinettes sont des
êtres de grande sagesse que j'aurais avantage à côtoyer plus
souvent. Je
vis rarement au présent
Et c'est pourquoi je ne me sens rarement bien.
Mes pensées me ramènent constamment dans le passé, faisant
l'évaluation ou le procès de mes faits et gestes. La plupart du
temps, je suis insatisfait de moi et ressens de l'insatisfaction ou de la culpabilité.
Dans le cas contraire, je verse dans l'orgueil. Ce malaise intérieur,
cette insatisfaction par rapport à mon passé va m'amener à
vouloir changer, à désirer m'améliorer, à faire des
projets et à rêver d'un futur meilleur. Je vais aussi développer
des inquiétudes, préoccupations et angoisses par rapport à
ce qui pourrait survenir dans le futur. Ma vie se passe donc en alternance
entre le passé et le futur et, en conséquence, je suis presque continuellement
habité par un certain malaise intérieur et de la tension nerveuse.
Et ainsi mon présent file sans que je le vois, le sentent. J'existe mais
ne vis pas, ne suis pas présent ici ou si peu. Pourtant rien d'autre
n'existe que l'instant présent. On peut rien faire par rapport au passé
et au futur. On ne peut agir que sur ce qu'on vit dans l'instant présent.
Et dans le présent, le plus souvent, il n'y a pas vraiment de problème
auquel on ne peut faire face. Souvent même, si on est attentif à
ce qui se passe en nous et à l'extérieur, le présent se révélera
d'une grande beauté.
On
est ce qu'on écoute, voit ou fait Si
on jardine, on est jardinier, on est dans l'esprit de la nature. Si on contemple
un arbre, on devient imprégné par son calme, sa force et sa beauté,
on devient arbre. Si on est sensible à la sagesse de la nature, attentif
à son environnement et à ses leçons, on devient métaphysicien.
Si on se laisse emporter par ses pensées, ses désirs et ses inquiétudes,
tout notre être finira par refléter les tensions qui en découlent,
l'organisme réagissant tout autant à une pensée qu'à
une perception réelle. Si on regarde une jolie fille avec concupiscence,
ce désir s'imprégnera dans toutes les dimensions de notre être.
Il ne s'agit surtout pas de s'en culpabiliser, il n'y a rien de bien ou de mal
en soit, mais seulement un présent à observer et à accueillir
tel qu'il est. Un être conscient de ce qui se passe ne crée pas de
souffrance en lui et autour de lui.
La
discipline
Une bonne discipline consisterait à observer
ce qui est bon pour soi et à 'choisir' d'y être attentif et
de s'y investir, ce qui signifie simplement de savoir tirer parti de son expérience
pour apprendre et évoluer. Mais la plupart de temps, on répètera
plutôt indéfiniment les mêmes scénarios souvent destructeurs.
Pourquoi ? Parce qu'il est généralement impossible de vraiment 'choisir'
ce qui est bon pour soi et de s'y maintenir. Seulement un être conscient
et lib
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