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Métaphysique et philosophie

Dispersion énergétique
Même si on a une bonne discipline de vie et fait ce qu'il faut sur le plan physique pour être en forme, on peut se sentir souvent fatigué et à bout de ressource, sans ressort pour faire face à sa vie et à la réalité.
Pourquoi, et où va notre énergie ?
Certaines attitudes mentales viennent siphonner une très large part de nos énergies, par exemple :
-Ne pas s'accepter comme on est. Vouloir être différent, être plus, être mieux, vouloir se changer. Ces volontés ou désirs nous font forcer inutilement et grugent nos énergies.
-Vouloir toujours plus. Travailler fort pour acquérir de nouveaux biens, de nouvelles fantaisies, de nouvelles aptitudes. Cela n'a pas de fin, nous pollue et pollue notre environnement. Notre ego est insatiable.
-Se comparer. Si on se compare avec des gens que notre ego considèrent supérieur à soi, plus intelligent, plus habile que soi, cela nous coupe les ailes, nous éteint. C'est comme jeter de l'eau froide sur la braise d'un feu. Se comparer avec des gens que notre ego considèrent moins bien que soi peut nous faire sentir mieux momentanément, mais c'est un jeu pervers qui nous coupe d'une relation vraie et qui éventuellement nous culpabilisera.
-Ne pas accepter ce qui est. Résister. Toute résistance crée une friction, une augmentation de la chaleur et une perte énergétique. Il faut dire oui à ce qui est, dans les plus petites choses comme les plus importantes.
-Les ruminements de notre mental sont à la source de la plupart de nos émotions, ils détournent, utilisent et anéantissent nos énergies. C'est dans la simplicité, le silence et l'amour que notre énergie se renouvelle et que la vie se manifeste.
-Plus fondamentalement la peur de la mort, qui englobe toutes les autres peurs, nous paralyse et non coupe de nos énergies. La peur nous maintient dans l'angoisse, la souffrance et la culpabilité. Quand on ne peut y faire face, on fuit dans des compulsions de toutes sortes qui drainent souvent une large part de nos énergies. La recherche constante du plaisir fait partie de ce mouvement de fuite.
Si on ne peut mettre fin à nos déperditions énergétiques, on ne pourra obtenir cette immense énergie requise pour voir notre réalité, faire face à l'inconnu, et devenir vraiment vivant. L'énergie, c'est la vie.


Emprisonné, sans lumière et sans espace
Mes pensées ne cessent de me harceler et ne me laissent aucun répit. Soit le passé me revient en tête avec son lot d'émotions presque toujours négatives, soit je pense au futur, plein d'appréhension. Mes pensées sont la source de toutes mes peurs et de tous mes désirs, elles les créent même de toute pièce et ce, sans aucun lien avec la réalité.
Avec le temps, elles se sont complexifiées et en sont venues à occuper tout mon temps et tout mon espace. Elles ont tissé une toile si dense et si opaque tout autour de moi que je me retrouve complètement ficelé, pris au piège, sans espace pour bouger, sans lumière pour voir. Elles me possédent totalement.
La moindre brèche dans ce système de pensée, la moindre éclaircie me permettrait pourtant de voir mon état actuel de 'non-être' quasi total, de voir que toutes ces pensées ne sont pas moi, qu'elles m'empêchent même d'être et qu'elles dévastent ma vie et mon environnement. Mais mon ego ne veut surtout pas voir et il s'active en conséquence.
Il ne veut surtout pas voir que je détruis la vie en moi tout comme je contribue à détruire les autres et la planéte.
Il ne veut pas voir
toute la confusion, la contradiction qui règne dans ma vie, entraînant désordre, peur et culpabilité.
Il ne veut pas voir que, malgré ma belle facade, je suis au fond un être désespéré cherchant à compenser par la rercherche perpétuelle de plaisirs.
Il ne veut pas voir, réaliser, que je n'ai pratiquement aucune compassion ou amour envers moi-même, mes proches, les autres, les animaux, les fleurs, la terre.
Que les êtres qui me sont le plus cher sont aussi des êtres que que je cherche à posséder, à compétitionner ou à contrôler; et que ce que j'appelle l'amour est tout le contraire de l'amour.
Voir que tout le monde ou presque vit ainsi et
qu'on finit par penser que c'est un état normal.
Un peu de lumière suffirait pourtant à abattre tout un pan du mur des illusions, mur fondamentalement fragile et instable.
Prendre conscience de mon état d'inconscience quasi perpétuel, c'est le premier pas et le plus important. Il se produit alors un saut, un hyatus, un changement d'état, pl
us rien ne sera dorénavant pareil. Il me sera impossible de revenir en arrière.

L'homme, un animal raisonnable ?
Plus je m'observe, plus j'observe autour de moi et plus je constate que l'homme est d'abord et avant tout un animal qui raisonne.
Le côté animal de l'homme est évident. C'est d'ailleurs la partie la plus saine de l'homme car il y a énormément d'intelligence et de sagesse dans l'animal, mais en autant qu'on sache être à son écoute.
Tant qu'à savoir s'il est raisonnable, nul doute qu'il raisonne, c'est d'ailleurs là que le mât blesse, le cerveau ne cessant de révolutionner, prenant toute la place
, nous emportant dans ses projets, ses ambitions, ses idéaux, ses religions, ses peurs et ses milliers de désirs.
Le fait d'être réellement raisonnable impliquerait un comportement rationnel, mesuré, conforme au bon sens, une certaine liberté de choix, une volonté opérationnelle et une minimum de conscience, ce qui n'est pas évident.
Qui est à la barre, qui dirige nos vies au quotidien, quelles sont les forces prédominantes en nous ? La raison, c'est-à-dire la capacité de voir et d'agir avec discernement, jugement et sagesse ? Si je regarde ma vie et l'état actuel de la planète, avec ses guerres et ses pollutions, j'en suis de moins en moins certain.
La capacité de raisonner de l'homme lui donne le pouvoir de dominer sur toute la planète, du moins pour l'instant. Toutefois, cet arme qu'est la raison constitue une épée de Damoclès si l'homme ne réussit pas à vraiment devenir un 'animal raisonnable'.

Livre de l'Ecclésiaste (La sainte bible)
( Ce texte corrrespond à mon adaptation et à mon interprétation du Livre de l'Ecclésiaste.
)
Vanité des vanités, tout n'est que vanité.
Vanité des plaisirs

Je tentai d'abord de trouver le bonheur dans les plaisirs de toutes sortes. Je ne me suis privé de rien.
Et pour quel profit ? Les désirs ne sont jamais satisfaits, le plaisir ne rasssasie pas. Tout cela n'est que vanité et poursuite de vent.

Vanité du travail et des possessions
J'entrepris ensuite de grandes oeuvres: je me bâtis des maisons, je pris des serviteurs, je me plantai des vignes, je me fis des jardins et des vergers, je fis provision d'argent.
Tout cela m'apporta de durs labeurs, des préoccupations et des souffrances.
Même la nuit mon coeur ne se reposait plus. Je me suis retourné vers toutes les oeuvres que mes mains avaient faites et vers la peine que j'avais prise à les faire: eh bien, tout n'est que vanité, il n'y a pas de profit sous le soleil. Quel profit nous revient-il d'avoir travaillé pour du vent ? Ce que j'ai accumulé, je le laisserai à l'homme qui viendra après moi et il en disposera.
L'homme, tel il est sorti du sein de sa mère, nu, tel il s'en retournera, et il ne prélèvera rien pour son travail qu'il puisse emporter dans sa tombe.
Vanité de la sagesse
Alors j'ai tourné mes regards vers la sagesse! Je me suis appliqué à rechercher et à observer avec sagesse tout ce qui se fait sous le soleil.
Or la sagesse est inaccessible. Qui connaît l'explication d'une chose quelconque ? Personne, même le sage ne peut découvrir la profondeur du sens des oeuvres divines qui se manifeste sous le soleil. Quelque peine que l'homme se donne à chercher, il ne trouve pas. Même si le sage prétend savoir, il ne peut savoir.
J'ai dit: "Je veux être sage !" Mais finalement j'en suis resté bien loin. Il n'y a pas de juste sur terre qui fasse le bien sans jamais pécher.
Et quel avantage à le sage sur l'insensé ? J'ai reconnu qu'un même sort les attend. Alors, à quoi bon la sagesse? Le sage meurt et est oublié comme le sot. J'ai compris que cela aussi n'était que vanité et poursuite du vent.

Vanité de la vertu et de la religion
Je me suis donc réfugié dans la vertu et la religion, pour finalement voir que la religion est tout aussi vaine. Dieu met l'éternité dans le coeur de l'homme, mais elle lui est inaccesssible. Personne n'est maître de son souffle et ne peut le retenir.
Et tout ce que Dieu fait subsiste à jamais: il n'y a rien à ajouter, rien à retrancher. Regarde l'oeuvre de Dieu, qui peut redresser ce qu'il a courbé ? Ce qui a été sera, ce qui s'est fait se fera, il n'y a rien de nouveau sous le soleil.
Le sort des fils de l'homme et le sort des bêtes sont identiques. La mort de l'un est comme la mort de l'autre, ils ont tous deux le même souffle. Qui sait si le souffle des fils de l'homme monte en haut alors que le souffle de la bête descend en bas ?
Tel juste périt malgré la justice, tel méchant traîne une longue vie en dépit de sa méchanceté. Tous ont le même sort, le juste et l'impie, le bon et le méchant, le pur et l'impur, celui qui sacrifie et celui qui ne sacrifie pas. Il en est du bon comme du pécheur, de celui qui jure comme de celui qui craint de jurer. Le temps et l'adversité les atteignent tous.
Tout cela n'est que vanité.
Malgré tout, une vie de travail vaut mieux qu'une vie de paresse
Dès le matin sème ta semence, et le soir ne donne pas de repos à ta main. Le sommeil du travailleur est doux, qu'il ait mangé peu ou beaucoup; mais celui du riche ne le laisse pas dormir. La paresse est cause que la charpente cède; l'inertie des mains, que la maison ruisselle.
J'ai reconnu que rien n'était meilleur pour l'homme que de goûter le fruit de son travail, de se réjouir dans ses oeuvres et de se procurer du bien-être dans sa vie. On fait le pain pour le plaisir, et le vin égaie la vie. L'argent répond à nos besoins.

De même, une vie de sagesse l'emporte sur une vie insensée
Mieux vaut la sagesse que la bêtise, elle profite à qui vit sous le soleil. Mieux vaut écouter les paroles du sage, ne pas s'irriter.
La sagesse éclaire le visage de l'homme, la rudesse de sa face en est changée. Les paroles de la bouche du sage ne sont que calme et grâce, mais les lèvres de l'insensé le perdent.

Aussi, respectons Dieu et ses lois si on veut le bonheur
Ne t'éloigne pas de la parole de Dieu, ne te crée pas une mauvaise destinée. Observe ses commandements. Sois vertueux et charitable.
Dieu est souverain roi et tout puissant. Si on ne respecte ses lois, nul ne sait quand le malheur frappera sur terre, car le mal qui menace l'homme est considérable.
Je sais que le bonheur est pour ceux qui respectent Dieu et ses lois. Le bonheur n'est pas pour le méchant qui pareil à l'ombre, aura une vie sombre et difficile.

Le bonheur dans la modération, le juste milieu.
Ne mange et prend du plaisir qu'en son temps, de manière civile, non par débauche. Aussi, c'est un poison de trop travailler et de beaucoup fatiguer la chair.
Ne sois pas juste à l'extrême et ne te montre pas sage à l'excès: pourquoi t'exposer à la ruine ?
Ne sois pas méchant à l'extrême ni insensé; pourquoi vouloir m
ourir avant ton heure?
Tu feras bien de t'attacher à l'une des méthodes sans que ta main ne lâche l'autre.

Conclusion, tout bien entendu:

Qu'en tout temps tu aies des vêtements blancs et que l'huile ne manque pas sur ta tête. Jouis de la vie avec une femme que tu aimes tous les jours de ta vie de vanité que Dieu te donne, car c'est là ta part dans la vie et le travail auquel tu te livres sous le soleil.
Tout ce que ta main trouve à faire, fais-le durant ta vie, car il n'y a ni oeuvre ni raison, ni science ni sagesse dans le monde qui t'attend après cette vie.
Que ton coeur goûte le bonheur à chaque jour. Marche dans les sentiers de ton coeur et selon les regards de tes yeux. Écarte le chagrin de ton coeur et éloigne le mal de ta chair.
Profite de ta vie, prends ta part avant de mourir. Et la lumière est douce et il est agréable à l'oeil de voir sous le soleil. Même si l'homme vit de longues années, que l'homme jouisse de toutes, et qu'il songe aux jours des ténèbres, car ils seront nombreux..

Au jour du bonheur, sois dans le bien-être; au jour du malheur, réfléchis.
Il convient de manger, de boire et de goûter le bien-être et le fruit de son travail, car c'est là un don de Dieu. Alors, ne t'en fait pas pour ta vie, car Dieu l'occupe dans la joie de son coeur.
Prend les choses telles qu'elles sont et jouis de la vie.
Va, mange ton pain avec joie et bois ton vin d'un coeur content.
Mais respecte Dieu et observe ses commandements, car c'est là le tout de l'homme.
Et n'oublie pas que toutes tes oeuvres, Dieu les appellera en jugement.
Les effets indésirables de la lecture
Il est très difficile de lire un texte, même les plus beaux textes spirituels, sans se laisser impressionner, s'y laisser prendre et s'en faire un idéal.
Or, dès qu'on se laisse impressionner, on perd la dis
tance requise pour bien voir et comprendre. On se distancie alors de ce qu'on est pour se coller à quelque chose qui n'est pas soi.
Et si la lecture génère le moindre désir idéaliste, il s'ensuivra nécessairement malaise et culpabilité, tôt ou tard.
Il faudrait lire en se disant, oui c'est intéressant, c'est une façon de voir les choses, c'est enrichissant de regarder la réalité sous cet angle et cela peut m'aider.. mais sans plus, sans en faire une vérité.
Simplement lire avec curiosité, avec ouverture d'esprit mais sans y accorder tant d'importance.
La pierre philosophale
En défrichant mon sentier sur le bord de la rivière, dans un secteur abrupt et difficile, je me suis heurté à une grosse pierre. Elle s'est placé en plein milieu de mon tracé et m'a bloqué le chemin. Bien déterminé à suivre mes plans, j'ai fait des pieds et des mains pour la tasser, j'ai même sorti mes gros outils, ma colère aussi, mais rien à faire, elle s'est imposé. Pourtant tout allait si bien jusque là ! Elle est venu en trouble fête me contrarier et me frustrer.
Cette pierre maudite voulait me parler, à moi qui ne voulait rien entendre et ne voulait qu'aller droit son chemin sans se faire déranger. Mais compte tenu de son poids, je n'avais d'autre choix que de la considérer. Je l'ai d'abord écouté distraitement, avec mauvaise humeur, puis m'adoucissant un peu avec le temps, j'ai finalement entendu tant bien que mal son message, à savoir:

-Qu'il nous faut parfois accepter de contourner un obstacle, avec intelligence et imagination, plutôt que de s'épuiser à vouloir le vaincre à tout prix. Si on l'accepte, cet obstacle devient un atout qui met de la couleur, du relief et de la vie sur sa route.
-Qu'il nous faut accepter la réalité telle qu'elle se présente. Remercions le Seigneur quand tout ne marche pas comme on veut, car c'est justement là que la vie peut devenir intéressante.
-Que ce qu'on juge comme un obstacle dans sa vie n'en est pas un en fait, c'est plutôt une occasion pour nous de sortir de notre isolement ou individualisme pour rejoindre un temps soit peu le mouvement de vie universel qui est en soi et les autres.
-Que la richesse, le confort, la sécurité et même la santé ne font pas partie des valeurs procurant la joie de vivre. La crainte de les perdre ne doit pas faire obstacle à notre démarche évolutive.
-Que tout est égal, que tout m'est égal. Ce qui est en haut est de même nature que ce qui est en bas et vice versa. Les événements ne sont ni bons ni mauvais en soi, ce ne sont que des occasions d'apprentissage. Remercions le Seigneur de nous les faire vivre, remercions aussi les acteurs sur la scène de notre vie pour les rôles de bons ou mauvais qu'ils doivent jouer pour soutenir notre évolution.

Avec le recul, je vois bien que cette pierre m'a finalement forcé à réaliser une des plus belles courbes de mon sentier et que cette pierre maudite s'est transmutée en pierre précieuse, tout comme en alchimie le vil métal se transformant en or.
C'est avec joie que je la croise maintenant sur mon sentier, fier de ce qu'elle m'a permis de réaliser, content de m'arrêter pour m'y reposer ou lui demander conseil car elle sait me rappeler la vraie nature des choses.


'Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes'
C'était mon dicton quand je faisais mon cours classique. C'était ma façon de dédramatiser et de faire face positivement à la réalité, en me disant que toute chose avait sa place et arrivait pour le mieux.
Mais avec le temps, j'ai oublié cette maxime, me laissant submerger par les soucis, préoccupations, obligations et
idées négatives.
Qu'est ce qu'on attend pour être heureux? Si j'attends d'être évolués et bien dans ma peau, ou que les êtres qui m'entourent et la planète se portent bien, aussi bien en faire mon deuil.
Le bonheur, maintenant, avec mes imperfections, est-ce possible ? Est-il possible par exemple d'être déprimé et d'être heureux ? D'être malade, pauvre, compulsif, dépendant ou autre et d'être heureux ?
Oui, parfaitement ! La réponse a de quoi surprendre, surtout pour l'ego qui aspire à tant de choses dans le futur pour se sécuriser et assurer enfin son bonheur. Mais ce sont précisément ces aspirations que m'empêchent d'être heureux dans le présent.
La bonne nouvelle, c'est que le bonheur est déjà en soi, en cet instant, peu importe mes conditions de vie. Il ne se manifeste pas parce que l'ego lui fait ombrage. Le bonheur se trouve précisément là où je suis maintenant, sous mes pas, dans mes chaussures, pas ailleurs.
Le bonheur est dans le cheminement et non dans l'atteinte d'un but, ce qui fait qu'un être qui part de loin a peut-être même un plus grand potentiel de bonheur devant lui. Tout le plaisir est de s'accepter avec humour, de s'amuser à s'observer, à observer toutes les forces obscures qui nous manipulent et font de nous ce que nous sommes. Juste les observer et comprendre leurs modes d'action les désarçonnent.
Il n'y a rien à changer à notre réalité, il n'y a rien à ajouter pour être heureux... aussi, relaxons-nous, calmons-nous, respirons. Il y a plutôt à se délester de tout ce qui est en trop, à lâcher prise et à s'émerveiller de ce qui se passe en nous et hors de nous.

Le doute
Le doute me paralyse et m'empêche d'avancer. Trop souvent, le doute me donne envie de renoncer ou même de détruire ce que j'ai entrepris.
Je me souviens étant jeune de mon cousin André. Il était d'une grande habileté et construisait de très beaux camions en bois. On était impressionné par son habileté et on l'enviait tous beaucoup. Par contre, lui, ne trouvait jamais ses camions assez beaux et les démolissait peu après à la hache. Il ne voulait même pas nous les donner, les trouvant trop imparfaits. Il n'avait pas foi en son talent, possédé qu'il était par le doute et par son oeuvre destructrice.
Et si on regarde dans nos propres vies, on se rendra vite compte jusqu'à quel point le doute s'insère négativement dans tous les aspects de nos vies et nous limite au plus petit dénominateur commun. On est des lions, mais on en doute tellement qu'on en devient des moutons.
Le doute m'aiguillonne et me permet d'avancer. Le doute, s'il ne me décourage pas ou ne m'éteint pas, m'incitera par ailleurs à me remettre en question, à vouloir faire plus et mieux, tout comme mon cousin qui voulait construire des camions toujours de plus en plus beaux.
Le doute est ce qui nous empêche de nous maintenir dans nos pensées toutes faites, d'arriver avec nos grosses certitudes, d'être celui qui sait, qui a trouvé ou encore qui a réponse à tout. Le doute est ce qui nous permet de rester ouvert et à l'écoute, de continuer à se poser des questions, à chercher et à apprendre.

Le doute et la foi sont deux formes paradoxales et complémentaires de la sagesse.

Parler ou se taire, quelle importance ?
Parler est important, mais on pourrait tout aussi bien choisir de se taire, vu qu'on peut très souvent affirmer le contraire de ce qu'on vient de dire et ce, avec tout autant de justesse.
Parler surtout pour soi car ce qui vaut pour soi peut très bien ne pas correspondre à la réalité de l'autre.
Et si je parle parce que je me pense bon ou pense savoir la vérité et pouvoir l'enseigner, mieux vaut me taire.
Se taire pour ne pas risquer d'ajouter aux nombreux stéréotypes ou croyances que nous avons tous déjà en nous.
Parler surtout pour aiguiser notre sens critique, pour dénoncer nos préjugés et principes, pour ébranler les fondations de nos belles connaissances et faire tomber toutes les inepties inculquées par notre éducation et notre culture. Contentons nous de nous libérer de tout ce qui sonne faux pour laisser fleurir la réalité dans le nouveau, l'imprévu et l'émerveillement.
Nous avons bien plus à désapprendre qu'à apprendre.
Parler pour entrer en contact avec les autres, pour s'en rapprocher. Se taire pour les écouter, pour leur faire de la place.
Faire silence.. pour écouter ce qui se passe en soi et autour de soi.

L'ordre et le chaos (2)
À chaque jour, il me faut recommencer ma vie à neuf. Rien n'est jamais acquis. Ce que j'avais construit hier pour me sécuriser, les balises que j'avais plantées pour me guider, la morale que je m'étais établie, les résolutions que j'avais prises, les guides spirituels que j'avais adoptés, tout cela est dépassé et ne me sert plus à rien. Était-ce perte de temps? Est-ce une perte de temps que de déjeuner ou de se refaire une tête chaque matin. C'est une nécessité de la vie que de faire à chaque jour ce qui dois être fait pour assurer sa continuité, autant physique que spirituelle, du moins si on le désire.
Je veux saisir la réalité, l'appréhender, la fixer, lui donner un certain statut de permanence, mais la réalité est par essence impermanence, pure changement, vent qui emporte tout sur son passage. Elle se fait un malin plaisir de tout jeter par terre pour m'obliger chaque jour
à rebâtir ma vie, à refaire ma vie et à lui redonner un sens.
J'ai l'impression de faire deux pas en avant, pour le lendemain faire deux pas en arrière, ou encore de tourner en rond. Ce que j'ai construit de bien, le mal se charge le lendemain de le défaire. Toujours le chaos me rappelle que tout est éphémère et que malgré tous mes efforts pour me sécuriser, me protéger, équilibrer ma vie, me stabiliser dans un chemin, tout cela n'est que pure vent et que demain la mort m'attend, comme toute réalité formelle.
Ce que j'ai affirmé hier, pensant avoir compris ou saisi une infime parcelle de réalité, aujourd'hui je serais prêt à l'effacer, trouvant cela incomplet, ou puéril, sinon carrément erroné. La réalité s'est chargé une fois de plus de me défaire de mes illusions.
C'est bien triste pour mon ego qui ne voit que son nombril et aime tout contrôler, mais cela est rire et source de joie pour la vie qui foisonne dans les prés.

L'homme, l'incréé
L'homme existe à un certain niveau primaire, c'est évident car on peut le voir et le toucher. Mais il est encore à mille lieux de son potentiel divin. Bien que tout les éléments de sa divinité soient déjà présents, ils ne se manifestent que très peu pour l'instant.
L'homme n'a pas été créé par dieu à son image. L'homme est dieu, l'incréé, l'indéfini, celui qui est cause de soi. Il est d'un potentiel illimité et infini. Il transcende tout ce qui existe dans la manifestation. Il n'a pas de destin, de mission prédéfinie. L'homme est libre et en voie de se créer lui même, en fonction de ce qu'il voudra bien devenir. Il pourra soit se détruire, et on pourrait croire qu'il est bien parti pour le faire, ou soit changer radicalement pour évoluer vers sa divinité.
De gros chambardements sont d'ailleurs prévisibles, la planète ne pouvant supporter encore longtemps les torts qu'on lui cause. Il est probable que ce ne soit qu'après un cataclysme majeur, où des civilisations seront détruites et où mourront des millions d'hommes, qu'une poignées de survivants, ébranlés et conscientisés, décideront de se reprendre en main pour alors vraiment réaliser leur potentiel divin.
Un progrès très rapide de la conscience est aussi possible, il est d'ailleurs déjà entrepris par un petit nombre, mais pourra-t-il se généraliser à temps ?


Satan n'est pas une divinité en soi, ce n'est qu'une création de Dieu ou de l'homme lui-même pour l'aider dans son évolution. Même si les forces du mal gagnent de grandes batailles, comme on le voit présentement, toujours les forces de la vie sont appelés, en dernier recours, à l'emporter sur les forces du mal et de la mort. L'homme, de par sa divinité, n'est pas un phénomène passager. Malgré les grandes difficultés qui l'attendent sur son parcours évolutif, il est appel vers l'éternité.

La loi
Si on suit un peu l'actualité, o
n se rend vite compte des limites d'une loi fondé presque uniquement sur l'épée de la peur.
La loi, nécessaire protection dans un monde inconscient, ne sera plus utile dans un monde évolué et conscient. L'homme saura se diriger par sa propre lumière, en toute liberté, et n'aura plus besoin de la loi pour lui dire quoi faire ou ne pas faire, pour lui imposer le bien ou lui interdire le mal.
Il n'y aura plus les bourgeois bien pensant et les hors-la-loi. Il y aura seulement des êtres humains, dont parfois certains seront en difficultés et qu'on soutiendra par notre compréhension, notre aide et notre amour.
On aura tout au plus besoin de quelques règles pour faciliter notre vie sociale et nos échanges commerciaux.

Le lâcher prise
Je me sens prisonnier de ma petite vie et rêve d'une vie meilleure, d'une vie où je pourrais me défaire de toutes ces souffrances inutiles. Je voudrais un bonheur qui soit plus solide, un état de paix et de joie plus stable, qui ne se laisserait pas charrier par mes pensées, mes désirs et mes peurs. Je voudrais vivre dans ma force, à la limite me réaliser, atteindre la sagesse ou l'éveil, peu importe le terme utilisé.
L'éveil est-elle une réalité accessible, ou n'est-elle qu'un rêve utopique ou une illusion ? Percevoir l'éveil comme possible et réel comporte tout un défi, sinon beaucoup de naïveté, vu que, pour la plupart, nous n'avons jamais rencontré un sage en chair et en os. Toutefois, l'enjeu est de taille et suscite espoir et convoitise, car juste le fait d'y tendre et de s'en approcher pourrait déjà se traduire par une nette amélioration de nos conditions de vie.
De toute évidence, au niveau d'évolution actuel, l'état d'éveil est extrêmement rare et semble très difficile à obtenir. Cependant, l'évolution future devrait générer plus de spiritualité et de sagesse sur terre.
La preuve de l'existence possible de l'état d'éveil existe déjà en chacun de nous. En effet, si j'étudie mon passé, je découvrirai que j'ai déjà expérimenté l'état d'éveil et qu'il existe en moi à un état embryonnaire. Si je fouille mon passé, je retrouverai de rares et courts instants où je me suis senti dans une énergie, une lucidité, une présence et un bien-être tellement intenses qu'ils se sont imprégnés profondément dans ma mémoire. Serait-il possible de recréer des conditions dans ma vie qui favoriserait à nouveau son émergence ? Je serais porté à croire que oui, surtout si on a les dispositions intellectuelles et spirituelles requises et que l'on a la chance de rencontrer un enseignement approprié.
Mais par où commencer ? Je constate que tous les efforts déployés à ce jour pour me réaliser m'ont plutôt conduit à un résultat contraire. Comme dit le dicton: "Qui veut faire l'ange fait le singe". Aussi, je commencerai par me demander ce qu'il faut surtout ne pas faire.
Je sais d'expérience que la volonté est inefficace, qu'elle ne fait qu'opposer une partie de moi à une autre partie de moi, créant encore plus de tension, de lutte et de confusion intérieure. Je l'ai déjà tenté mille fois, pour mille échecs, et autant de coups portés contre l'estime de moi. J'ai épuisé tous mes recours et ressources sans résultat probant.
Je sais aussi que je ne pourrai atteindre l'éveil sans une grande lucidité, et que cette lucidité s'enracine généralement dans une grande force mentale et une forte énergie.
Or, je constate que suis précisément sans force, à bout de souffle la plupart du temps, et ce depuis presque toujours. Ce n'est donc pas une question d'âge, je me sentais ainsi à 20 ans.
Je vis selon le principe de l'alternance. Lorsque je me sens très fatigué, un mécanisme de survie se met en branle pour me permettre de récupérer et de me refaire minimalement une santé. Mais dès que je recommence à me sentir un peu mieux, le désir embraye à nouveau et m'active jusqu'à ce que le peu d'énergie accumulé soit épuisé. Comme un pile qui dès qu'elle est un peu rechargée, est remise en service pour se vider à nouveau de toute son énergie. En fait, je ne sais trop comment gérer cette énergie qui me brûle les veines en quelques sortes, je ne sais trop quoi faire avec. Aussi je me sens comme forcé de la dépenser en buvant trop, mangeant trop, en travaillant trop ou autrement; je semble prêt à tout faire pour tuer cette énergie que je ne sais gérer et pour, à mon insu, me ramener au plancher. Tout se passe comme si, inconsciemment, je me sentais incapable ou indigne de m'élever.
Plutôt que de sans cesse flamber toute mon énergie, le défi consiste donc à réussir à engranger un peu de cette énergie, énergie qui deviendrait alors disponible pour ma réalisation.
Mais comment éviter la dispersion de mon énergie ? Mon réflexe habituel est de forcer pour me discipliner en vue de faire le bien et d'éviter le mal, de vouloir tout contrôler pour finalement glisser et tout échapper. Mais c'est d'une démarche inverse dont j'ai plutôt besoin. Au lieu de chercher seulement les choses que je juge bonnes et que j'aime tout en voulant m'interdire ou rejeter celles que je juge mauvaises ou désagréables, je vais maintenant tout m'autoriser, tout accueillir sur le même pied, sans chercher autre chose que ce qui est. Au lieu de me concentrer, je me déconcentre, je m'ouvre et permet à tout ce qui se présente en moi ou hors de moi d'être et d'exister, sans rien privilégier. En fait, cela correspond au "lâcher prise" dont en entend souvent parler. Je cesse de lutter, je ne mords plus à rien de particulier, mais me nourris de tout se qui se présente, sans désir et sans attente. En conséquence, les pensées et les émotions perdent de leur emprise sur moi et de moins en moins de choses me troublent, me dérangent ou me charrient de gauche à droite. Je me rends compte que lorsque tout est autorisé, paradoxalement, rien ne se présente ou presque, les choses ayant perdu de leur valeur et importance relative. Il se passe moins de choses en moi, je me gaspille moins, je me calme progressivement et mon énergie commence à s'engranger. Ma force s'accroît progressivement et pourra éventuellement se manifester dans mon action.
Toutefois, si je désire m'imposer le lâcher prise par la force de ma volonté, je n'y parviendrai pas. Il me faut plutôt m'inviter à le faire, dans le plus grand respect de tout mon être. Il me faut tenir compte de mes dispositions mentales, émotives et physiques au moment où je me propose de lâcher prise et attendre qu'elles soient favorables pour m'y exercer. Il s'agit de faire mon éducation en quelque sorte et de visualiser les avantages du lâcher prise afin d'en venir à le désirer de tout coeur.
La seule discipline possible consiste seulement à me rappeler l'importance du lâcher prise et de me le proposer le plus souvent possible, avec patience et compréhension.


La force du regard
Et si le regard des autres avait le pouvoir de me créer ou de me détruire, et que mon propre regard avait autant d'impact sur les autres !
Malgré ma prétention à ne pas vouloir être affecté par ce qui est extérieur à mon être, je ne suis pas différent des autres êtres ou formes existants. Sur la terre et dans la nature, tout est en interdépendance et tout s'interpénètre. La nature me crée à chaque instant et je la crée ou la détruit par mon regard, ma perception et mon action. Tous les êtres ne cessent de s'influencer et de se créer réciproquement.
De même dans mon enfance, le regard de mes parents ou des personnes significatives pour moi m'ont créé et ont fait de moi ce que je suis. Mes caractéristiques et qualités ont d'abord été perçues par les autres, et c'est seulement grâce à leur regard qui j'ai pu les reconnaître à mon tour et les actualiser.
Le regard qu'on reçoit comme celui que l'on porte est d'un force et d'une importance capitale, beaucoup plus qu'on ne se l'imagine couramment. Un mot, un regard peuvent construire ou détruire bien plus qu'on ne le pense.
On pressent d'ailleurs inconsciemment le pouvoir constructeur ou destructeur de notre regard et on s'en sert allègrement, trop souvent pour faire mal ou se venger, dans le couple, au bureau ou ailleurs. La vision qu'on a de quelqu'un est un puissant agent de construction ou de destruction.
On peut toujours s'illusionner et se dire qu'on se fout de l'opinion ou du regard que les autres portent sur soi, mais la réalité est que ce regard nous affecte qu'on le veuille ou non, qu'on en soit conscient ou non. Si on a déjà une bonne réserve de confiance en soi, on pourra tolérer plus longtemps les regards négatifs, surtout s'ils sont compensés par les regards positifs de gens qui nous aiment. Mais pour une personne démunie et privée d'amour, un seul regard négatif pourrait détruire tout ce qu'il lui reste d'amour propre, ou au contraire, s'il est positif, la sauver de la mort. Par exemple, un regard empreint de confiance et d'amour peut faire toute la différence pour une personne en difficultés et lui donner l'impulsion dont elle a besoin pour se remettre sur les rails. C'est là tout le pouvoir de l'amour et de la haine.
Seul, on n'est rien. On est et existe seulement par et avec les autres. Et les autres ont beaucoup plus de pouvoir sur nous qu'on ne le voudrait.
L'acte de créer vs l'objet créé
C'est ce que je suis en train de faire maintenant qui importe et non ce qui en résultera. C'est mon travail en tant que tel qui compte et ce qu'il m'apprend et non pas le fruit de mon travail.
Cette idée me vient à l'esprit lorsque je regarde en arrière pour voir mes réalisations passées. Je me rends bien compte que toutes les réalisations pour lesquelles je me suis morfondu dans le passé n'ont maintenant plus aucune importance pour moi. Partant de là, je me dis que toutes celles pour lesquelles je me morfonds maintenant n'auront aussi plus d'importance demain. Alors, pourquoi me prendre au sérieux, m'en faire, tant forcer et tant désirer ?
Par exemple, en début de carrière, je m'étais construit une belle maison sur un grand domaine au Sagnenay. Je le faisais avec énormément d'ardeur, avec l'impression que j'y vivrais toute ma vie. Pourtant, quelques années plus tard, je vendais cette propriété pour tout recommencer ailleurs. Et je pourrais citer nombres d'exemples de ce genre.
En général, quand je fais quelque chose, je suis peu présent à ce que je fais, ce qui importe étant d'en finir, de voir le résultat, de me satisfaire ou de faire plaisir ou d'impressionner quelqu'un d'autre. Je ne vois pas que j'oublierai très rapidement cette réalisation, et que les autres, pour qui je travaille le cas échéant, l'oublieront encore dix fois plus vite.
Ce qu'on fait, du moins le résultat recherché, n'a pas toute l'importance qu'on pense et rien ne sert de trop en faire et de s'user prématurément. Rien ne presse, peu importe car tout sera oublié ou recouvert de poussière sous peu.
Toutefois, le paradoxe est que rien n'a aussi plus d'importance que ce qu'on est en train de faire. Il faut donc y accorder toute son attention, toute son énergie et s'y appliquer consciencieusement. Rien d'autre n'existe que le moment présent, le passé est déjà oublié et le futur n'existe que dans notre imagination.
Lorsqu'on réalise un travail, il faut donc rester tout aussi présent à notre corps et à soi qu'au travail lui-même. Il faut s'observer, ne pas s'oublier soi-même, sentir son corps, voir ses motivations, voir le plaisir qu'on en tire et voir si cela sert bien sa vie et celle des autres. Ainsi, on risque moins de se laisser emporter par l'orgueil ou le sentiment d'urgence.
La réflexion qui précède nous indique qu'il ne faut pas s'oublier et se perdre dans l'action. Toutefois, une vérité complémentaire nous rappelle qu'il faut aussi savoir se perdre et s'oublier. C'est souvent quand on se perd qu'on trouve.
Un facette de la réalité nous indique que ce n'est pas tant l'objet de la création qui importe que l'acte de création comme tel. Toutefois, une vérité complémentaire nous rappelle qu'il faut aussi savoir aller jusqu'au bout de ce qu'on entreprend.

Être cause de soi ?
Sommes-nous des êtres libres, c'est-à-dire des êtres de libre arbitre, ayant la capacité d'être cause de soi, ou ne sommes-nous que des êtres programmés?
Si je m'observe objectivement, je constate que je n'ai pas grande emprise sur ma vie. Le changement se fait tout seul en moi, sinon malgré moi, suite à des relations ou à des événements qui se présentent sur mon chemin, ou tout simplement quand le temps a fait son œuvre et que mes vieux schémas, à force de servir, finissent par s'user et mourir par eux-mêmes, ou encore suite à la souffrance, à la maladie ou au vieillissement. C'est ma situation de fait actuelle. Il m'apparaît donc que je suis pour l'instant un être essentiellement programmés, comme la plupart des gens.
Par ailleurs, les sages de ce monde ne nous font-ils pas la démonstration qu'il est possible de se libérer de ses programmations et d'accéder à la liberté ? S'ils ont réussi, pourquoi pas nous ? Et quel chemin ont-ils empruntés ?
Lorsque j'étudie le cheminement des sages, j'en viens toutefois à me demander s'il se pourrait que la sagesse ait germé en eux en raison du fait que les conditions propices à son enracinement y étaient déjà présentes ? Je pense à des conditions pouvant par exemple être liées à des traits de caractère, à la famille, à l'éducation, à l'environnement, à la société, à des événements impromptus, au hasard même ou autres conditions hors du contrôle de ces derniers. En d'autres termes, le sage pourrait-il être devenu sage bien malgré lui, la sagesse s'étant implanté en lui sans qu'il n'y soit pour rien personnellement, simplement parce que le milieu était propice ?
Dans de telles circonstances, le sage ne serait pas cause de sa propre sagesse, aussi ne pourrait-il connaître le chemin de la sagesse et nous l'enseigner. Il ne pourrait que connaître son histoire personnelle, laquelle par son essence n'est ni imitable ni reproductible. Et s'il en était ainsi, ce serait un dur choc pour l'enseignement du sage qui s'en trouverait en grande partie invalidé.
Je ne remets pas ici en cause la sagesse elle-même, qui est un fait réel en soi, mais plutôt notre perception du chemin à emprunter pour y accéder.
Maître Eckhart Tolle raconte lui-même dans un de ses livres comment sa vie s'est totalement transformée en une seule nuit, frappé soudainement par une intense révélation. La vie de Hubert Benoît s'est aussi radicalement transformée suite à un grave accident; cloué au lit, il est devenu un grand sage d'inspiration zen. Si Krisnamurti n'était pas né en Inde, dans un milieu d'intense questionnement spirituel, et n'avait pas été éduqué en vue de devenir un prince spirituel, il ne serait pas devenu Krisnamurti. Dans chaque cas, il y eu plusieurs conditions préalables favorables à l'avènement de la sagesse, conditions ne dépendant aucunement des personnes concernées.
La sagesse n'a donc absolument rien à voir avec l'ego, la volonté, le désir ou les résolutions. Elle ne dépend pas de nous. Si les conditions sont présentes, si le sol est fertile, elle pourra germer et croître, sinon, notre vie se poursuivra dans l'inconscience habituelle.
L'important devient donc de discerner les conditions qui sont favorables à l'esprit et de leur faire de la place dans sa vie. Et les conditions qui favorisent l'esprit sont les mêmes que celles qui favorisent la vie, car l'esprit n'est qu'une forme de vie plus subtile. Je reviendrai plus tard sur ce sujet afin de se rappeler les conditions qui favorisent la vie, conditions déjà assez bien connues même si de pratique limité.
Présentement, il y a beaucoup de semences spirituelles dans l'air provenant de sources de plus en plus nombreuses. Des graines de spiritualité sont déjà certainement présentes en nous, mais, sauf pour quelques exceptions, elle sont à un état dormant ou latent. Elles sont même déjà présente chez les enfants, et leurs questions existentielles si désarmantes en font foi. Cependant, le milieu se prête guère pour l'instant à l'enracinement et à au développement de notre spiritualité.
Tout comme on ne peut faire pousser une plante en tirant dessus, on ne peut donc faire naître et faire croître l'esprit en soi. Et tout comme on peut favoriser l'implantation et la croissance d'une plante en lui fournissant les conditions qui lui sont favorables, on peut faire de même avec l'esprit. On ne peut que préparer le terrain, sans but, sans désir et sans attente. Et si Dieu le veut, l'esprit pourra un jour se manifester et se développer naturellement en soi et autour de soi.
Dans l'histoire du temps, il y a eu l'avènement de la matière, puis de la vie, puis plus tard de l'intelligence. Le dernier et plus récent saut évolutif fut celui de l'esprit.
Si les siècles passés furent surtout voués à la vie et à l'intelligence, le siècle à venir sera celui du rayonnement de l'esprit.
Et lorsque l'esprit se sera implanté et développé à large échelle, rien n'exclut qu'advienne alors un autre saut évolutif encore inimaginable pour l'homme d'aujourd'hui.
Pourquoi j'écris
J'écris d'abord pour moi-même, pour prendre le temps de me pencher sur la réalité et mieux l'appréhender. Et si je juge l'arbre à ses fruits, je sais que le fait d'écrire m'aide.
J'écris pour être lu. C'est un genre de travail, comme ma participation à l'évolution de la communauté des hommes; cela m'aide à me sentir partie prenante à la grande aventure humaine. Écrire, c'est une façon d'échanger ou de partager mon énergie spirituelle.
Je cherche aussi à être utile et pense naïvement pouvoir l'être, sinon je ne le ferais pas.

J'écris également parce que différentes circonstances m'y obligent et que je ne peux faire autrement. Bientôt les circonstances seront différentes et mes activités s'orienteront aussi différemment.

Vivre des expériences
Dans sa jeunesse, on a besoin de vivre des expériences, de bouger, de voyager, de faire des choses pour apprendre à se connaître, à connaître les autres, le monde et son environnement. On s'expérimente et on expérimente. Il doit se passer quelque chose dans notre vie, il nous faut du matériel à expérimenter car nous avons un grand besoin d'apprendre. C'est bien naturel.
Mais en prenant de l'âge, ce besoin diminue progressivement. Le désir d'une expérience nous vient-il encore à l'esprit qu'on s'entend répondre: "À quoi bon!" vu qu'on en connaît déjà les résultats probables. On entre alors lentement dans le non faire. On a de moins en moins besoin qu'il se passe quelque chose de particulier dans notre vie. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne bouge plus, qu'on ne fait plus rien. Tout au contraire, la force de notre action s'en trouve même amplifiée. Mais on provoque de moins en moins de choses. On a de moins en moins le goût de lancer des cailloux sur la surface du lac pour faire des vagues. On se contente d'observer ce qui se passe sur le lac et si besoin de faire face au vent quand il se présente. On a de moins en moins besoin de se prouver, de prouver et d'éprouver.
Et viendra peut-être un jour où il ne se passera pratiquement plus rien dans ma vie, et ce jour ne sera pas le jour de ma mort mais plutôt le commencement de la vie. Il ne se passera plus rien dans le sens égoïste du terme, mon ego n'étant plus là pour ainsi dire. Plus de vagues. Plus d'accumulation de karma. Plus de pollution. Plus de gaspillage énergétique. Ce sera calme parfait, retour à l'informel. Je me coulerai alors naturellement dans la vie, en ferai partie. Comme une goutte d'eau qui se contente de suivre le cours de la rivière sans forcer pour se démarquer, se faire remarquer. Et paradoxalement, se manifestera alors une énergie que plus rien ne pourra troubler et qui n'aura rien à voir avec les pauvres limites imposées par mon ego. Une énergie qui n'aura rien de personnel et qui se transformera spontanément et instantanément en action totale.

Le mot 'métaphysique'
En cherchant des sites web traitant de métaphysique, je constate que ce terme est utilisé à toutes les sauces, souvent pour impressionner la galerie, faire de la promotion ou vendre un service.
Moi de même, je l'utilise à ma propre sauce. Mais le mot en soi n'a pas d'importance, ce qui importe c'est la réalité qu'on tente de désigner en l'utilisant.
Le préfixe "méta" signifie ce qui englobe, ce qui chapeaute, ce qui est au dessus de, ce qui est au-delà du physique. J'utilise ce terme parce que je tente de voir au-delà des apparences, de voir la réalité qui se cache sous une perception le plus souvent fragmentaire et déformée.
Je parle sur ce site web tout autant de philosophie ou de psychologie, mais le terme métaphysique m'apparaît plus englobant, plus général, moins limitant.
Mon site se nomme "metajardin" parce que je parle du jardinage comme tel, mais tout autant, et sinon plus, de tout ce que j'apprends au contact de mon jardin et de la nature.
Ce n'est jamais au fond ce qu'on fait qui a de l'importance, mais ce qu'on apprend en le faisant.

Mouvement vs rigidité
Observez un corps vivant. Il est mouvement, changement, souplesse et chaleur.
Observez un corps mort. Il est immobilité, rigidité et froideur.
Les caractéristiques qui précèdent, lesquelles correspondent à l'état de vie ou de mort, peuvent s'appliquer tout aussi bien à nos attitudes intellectuelles et spirituelles.

Un os pour se faire les dents
J'ai constamment besoin d'un os pour me faire les dents, quand je ne mords pas dans la métaphysique, je me laisse prendre par l'horticulture, ou par une quelconque autre activité. Ou je me laisse emporter par le rêve et le désir, ou m'invente des mélodrames.
C'est quasi impossible de rester au neutre à ne rien faire, juste quelques minutes pour voir, pour goûter un peu à l'oisiveté, à la liberté, à la vie qui coule dans mes veines, à l'inconnu. Simplement rester dans le présent, plutôt qu'être dans les projets ou les regrets.
L'ego veut tellement toujours plus qu'il ne ne me laisse pas une minute pour respirer. Mes journées sont remplies à 100%.
Je regarde ma grande épinette. Elle ne s'énerve pas les aiguilles des branches pour rien, elle profite du soleil à 100% et se contente de faire face au vent quand il y en a, sans en rajouter. Elle ne sent pas le besoin de s'inventer du vent pour se sentir vibrer.

Le plaisir
Que représente le plaisir dans ma vie, au delà de ce que je connais sur le sujet?
Le plaisir est un moteur de mon organisme vivant. C'est un pilier de la passion, du bonheur et de la joie de vivre. C'est le carburant qui me maintient en vie, me motive et soutien ma création. Le plaisir me donne de l'énergie et la fait circuler en moi. Il me détend et me régénère. Le plaisir est d'une importance capitale pour mon équilibre.
En cet instant, si par exemple je n'éprouverais pas de plaisir à écrire ce texte, je ne le ferais pas.
Avoir du plaisir, avoir du 'fun', partir en vacances, s'éclater, rire, rien de meilleur pour le moral et l'organisme. Le plaisir nous allège de bien des fardeaux et peut même nous guérir. Il vient faire contrepoids au sens du devoir, à la volonté, à la vertu et finalement à l'ego. Il nous donne un peu d'air frais dans une vie trop souvent axée essentiellement sur le travail et les responsabilités.
Ce qui surprend, c'est que le plaisir, source évidente de bien-être, puisse aussi être généralement reconnu comme source de mal-être. Pourquoi?
- On peut souffrir de déficience du plaisir. On ne s'amuse pas autant que l'on pense dans notre monde pourtant axé sur le plaisir. On n'a pas appris et on ne sait pas s'amuser. On s'amuse trop peu, trop emporté par l'ambition, le travail et les devoirs à faire.
- Ou peut aussi ressentir de la culpabilité lié au plaisir, résultante de la culture catholique janséniste de notre enfance. Mais quand la pression ou l'urgent besoin de plaisir fait éclater la vertu, alors on ne sait plus se limiter et c'est le débordement. La déficience mène à l'excès.
- On peut aussi être trop stressé pour vraiment goûter aux plaisirs de la vie. Rien de pire que le stress, la peur ou l'angoisse peut nous aveugler ou nous couper de tout plaisir de vivre.
- On souffre assez généralement de nos excès dans le plaisir. Le plaisir, c'est tellement bon qu'on en a jamais assez. On en fait l'assise, le centre de sa vie, et on devient hédoniste ou épicurien. On l'utilise comme une drogue. On le convoite, l'exploite et en abuse. À la limite, on se rend malade et se détruit par excès. On mange trop, boit trop, joue trop, consomme trop, etc.
- Notre plaisir, nos fantasmes deviennent tellement importants qu'on est prêt à tout pour se les procurer. Seul notre plaisir personnel égoïste importe. Il devient plus important que le respect de soi, des autres et de l'environnement. On en perd sa sensibilité et son sens du discernement, on devient aveugle, on se durcit et on peut même tomber dans la violence psychologique ou physique. Dans sa phase extrême, on verse dans le fétichisme, le masochisme, le sadisme, la pédophilie ou autres déviations.
- Le plaisir peut prendre toute la place dans notre vie, accaparant tout notre argent, temps et énergies. On y investit tout ne laissant peu ou pas de place aux autres aspects de nos vies, soit à l'amour, aux relations, à la famille, aux responsabilités, au travail et autres. On y investit tout et on perd tout à la longue.
- On ne veut plus voir que l'aspect plaisant de la vie, soit ce qui est beau, bien ou bon, tout en se coupant de ce qui cause du déplaisir. Ainsi on perd pied, on perd contact avec la réalité. On s'isole, on crée un mur autour de soi. Or, on ne peut percevoir la réalité qu'avec l'Amour et l'amour véritable ne privilégie pas, ne choisit pas. Il accueille tout ce qui est sans désir et sans attente. Ainsi, en voulant fuir ce qui n'est pas plaisant, on se coupe de l'Amour, se sépare de la vie, s'illusionne et se prépare inconsciemment à souffrir.

Bien que l'excès dans le plaisir puisse contribuer à créer ou amplifier nos problèmes, le plaisir comme tel n'est jamais la source réelle de nos problèmes. Le fait d'abuser ou de pervertir le plaisir nous révèle plutôt que nous avons des problèmes, problèmes que nous cherchons à oublier ou à noyer dans le plaisir. Plutôt que de fuir ainsi, nous devrions y faire face, sinon notre vie risque fort de se briser un jour ou l'autre.
Le plaisir pour le plaisir ne mène jamais au bonheur et ne peut à lui seul donner un sens à notre vie. Le plaisir sain résulte plutôt d'une vie qui a du sens, d'une vie axée sur l'amour et non l'inverse. Et le plaisir issu de l'amour est bien plus grand et satisfaisant qu'on aurait pu l'imaginer. Aucune culpabilité ne l'accompagne. Au contraire, il nous valorise et souffle de la joie de vivre dans nos voiles.
La voie du juste milieu, c'est de savoir user de ce grand bien qu'est le plaisir sans se laisser abuser par lui.


Tout a déjà été dit ou écrit
Alors pourquoi se répéter ? Pourquoi dire la même chose ou presque en d'autres mots ? Est-ce une perte de temps ? Est-ce justifié ?
En fait, il ne s'agit pas vraiment d'une répétition, mais plutôt d'une vision complémentaire d'une même réalité. La réalité est d'une telle complexité, qu'elle ne peut être décrite dans sa totalité, même si nous devrions y travailler tous ensemble toute notre vie.
En observant et en décrivant la réalité selon mon point de vue personnel, je m'aide personnellement à mieux l'appréhender tout en contribuant à enrichir son portrait global. Chaque fois qu'une personne la regarde de son point de vue particulier, elle vient également enrichir le tableau, et toutes nos visions rassemblées finissent par tisser une trame ou une toile toujours plus précise et plus fiable de cette réalité.
Mais pour que l'apport soit valable, il doit nécessairement prendre racine dans son vécu personnel, dans ses tripes. On doit parler de soi, de ce qu'on vit. Sinon, c'est un simple exercice intellectuel désincarné ou du plagiat sans intérêt.

La justice
Plaçons-nous dans la peau d'un criminel. Savons-nous que si nous avions exactement le même bagage physique et psychologique que lui, nous serions alors exactement comme lui ? Cela saisit n'est-ce pas !
Ce criminel n'est que le simple fruit de la société, de son éducation déficiente, de ses relations manquées, de l'amour qu'il n'a pas reçu, de nos jugements, de notre dureté. Certains diront que c'est trop facile, que c'est un cliché. Mais c'est pourtant bien la réalité toute crue. C'est une évidence, ouvrons nos yeux. Et notre dureté continue à former des criminels à tous les jours.
Alors, comment les juger, comment faire leur procès, comment les haïr et ajouter encore de la haine au poids de haine qu'ils portent déjà ?
J'ai vu des êtres inconscients, profondément malheureux, désabusé, frustrés, mais je n'ai jamais rencontrés d'êtres consciemment méchants.
Sous la dure carapace que revêt le motard, pour faire son fort, pour se protéger, il y a un humain faible et rempli de peurs qui s'ignore. Un humain qu'on peut encore rejoindre par l'amour, pour la plupart.
Le meilleur moyen de lutter contre la criminalité est de s'observer et d'éliminer la haine de son propre cœur.
Ce qui ne veut pas dire ne pas se protéger au besoin contre l'inconscience et la brutalité. Mais la seule protection valable et durable à long terme demeure toujours et encore l'AMOUR.

Être chanceux ou malchanceux
On dira que certaines personnes sont nées sur une bonne étoile, sont de bonnes familles, ont de l'argent, sont beaux et en plus sont intelligents. Des chanceux qui ont tout, alors que d'autres, pauvres, malades et miséreux n'ont rien. Bien que ce tableau de la réalité puisse sembler vrai à première vue, il s'agit pourtant d'un faux. Il est dessiné par l'ego qui constamment juge, compare et évalue.
Mieux vaut être riche et en santé que pauvre et malade, dit le proverbe. C'est bien certain, et on vise tous une vie forte et de qualité. Mais la capacité d'être heureux n'est aucunement lié au fait d'être riche ou pauvre, en santé ou malade. D'ailleurs, j'ai vu plus de bonheur chez les gens pauvres et simples que chez les gens riches et célèbres.
Aussi, la souffrance est bien souvent la seule ressource dont dispose le démiurge pour nous faire évoluer, du moins la plus efficace, et vu sous l'angle évolutif, elle devrait être perçue positivement.
Si on ne se comparait pas en fonction de valeurs préétablies, on se rendrait vite compte qu'on a tous beaucoup de talents, des talents la plupart du temps non découverts, non manifestés et différents d'une personne à l'autre.
Si on était plus humble, on n'aurait pas peur de se reconnaître vulnérable sous certains aspects, ou à certains moments de notre vie, et de puiser au besoin dans les ressources disponibles un peu partout, que ce soit sur le plan matériel ou spirituel. Si on est riche, on éprouve de la joie à donner, si on est pauvre, à recevoir.
Le sentiment d'injustice n'aurait pas sa raison d'être. Par exemple, pour une très jolie fille, dont l'ego est gonflé à bloc par tout l'intérêt et les éloges qu'elle reçoit, il lui sera très difficile de gérer cette qualité sans s'y perdre, d'autant plus que bien des forces graviteront autour d'elle, tentant de l'entraîner dans leurs girons. Une fille ordinaire sera moins sollicitée et il lui sera plus facile de se réaliser. On pourrait donc croire que cette dernière est privilégiée sous cet aspect.
Vu dans sa globalité, la beauté physique d'un être est une qualité qui ne lui appartient pas personnellement, comme toute autre qualité d'ailleurs, cette qualité appartient à la communauté des hommes, et si cet être est bien relié à sa communauté, il le vivra d'ailleurs ainsi naturellement, rayonnant de toute sa beauté, semant joie et plaisir de vivre autour de lui, mais sans orgueil et sans prétention. Tout comme une rose dans un jardin.
La justice ou l'injustice, cela n'existe pas, sauf en superficie de notre monde égoïste.

La mort
J'ai de l'aversion pour ce sujet. Il me rebute, j'hésite à l'aborder. Bien des gens seront peut-être aussi hésitants à le lire. Pourquoi en parler ?
Aurais-je peur de la mort ? En surface, je penserais que non, que c'est normal de mourir, qu'il n'y a pas lieu de s'en faire. Mais je ne le sais pas vraiment, car je n'y pense jamais. Et si pour une fois je décide de la regarder en face, je me rends bien compte que j'en ai infiniment plus peur que je ne le pensais; une peur intense, inconsciente, permanente. J'en ai tellement peur que je ne veux même pas en entendre parler et que je l'occulte totalement de ma vie. De plus, je me sens révolté par le fait de devoir mourir un jour.
Est-il plus sage de ne pas s'en occuper, de vivre sans y penser, d'en rire ? Ou encore vaut-il mieux en prendre conscience et sentir sa présence dans son quotidien ? Il est certain qu'en vieillissant, qu'on le veuille ou non, on sent notre forme se ramollir et la mort se rapprocher. Sur le plan physique, notre force diminue progressivement et il nous faut renoncer à bien choses, ce qui nous amène à s'ouvrir à des choses plus subtiles. On vit quotidiennement de petites morts. On change. La mort au quotidien est le plus grand facteur de changement.
Vivre conscient de la mort ne veut pas dire se sentir lourd et triste, perdre son sens de l'humour. Tout au contraire, on vit plus légèrement, on se prend moins au sérieux, mais d'une certaine façon on est plus sérieux face à la vie. On diffère moins. J'ai vu des cancéreux plus joyeux et plus légers que des personnes en pleine santé.
La mort est un mystère qui nous dépasse et sur laquelle on n'a aucune emprise. Cette réalité est très angoissante pour l'ego, car il sait bien qu'il s'en trouvera anéanti un jour.
La sagesse populaire nous dit qu'il faut vivre chaque jour comme si c'était le dernier jour. On est bien d'accord intellectuellement, mais on ne réalise pas vraiment le sens de cette parole.
C'est parce que nous sommes si peu conscient de la mort, de notre mort prochaine, que nous sommes si peu vivants. Autrement, nous aurions beaucoup plus d'intensité, nous serions beaucoup plus ardents, plus vrais, plus passionnés, plus présents, plus chaleureux, plus généreux et plus émerveillés par la vie. Nous sentirions le besoin pressant et impératif de faire ce qu'on aime, de pardonner, d'aimer, de sortir de notre solitude pour se rapprocher des gens, pas demain mais maintenant. Prenons l'exemple de quelqu'un qui vient d'apprendre qu'il a un cancer et qu'il ne lui reste que quelques mois à vivre. Sa vie prend une couleur totalement différente, il dira qu'enfin il commence à vivre, qu'il arrête de ne penser qu'à sa survie.
Notre société, la publicité, le cinéma cherche à faire de nous des êtres immortels, des robots tout puissants, des êtres insensibles, égoïstes et durs. On vit comme si on était éternel, on cherche à se bâtir une sécurité à toute épreuve. Pourtant, nous sommes tous des mourants, ce n'est qu'une question de mois, ou tout au plus de quelques années, voire de quelques décennies. La vie est très courte et passe comme un coup de vent. Les gens âgés diront que leur vie s'est évaporée sans qu'ils aient eu le temps de rien faire ou presque. Et 6 mois, 6 ans, 60 ans, ce sont tous des riens par rapport à l'éternité du temps, c'est du pareil au même. Dans le zen, on dit que la vie est aussi éphémère qu'une goutte d'eau sur le bec d'un canard.
La mort fait partie de la vie. Il n'y a pas lieu de s'en attrister. Dans la nature elle est constamment présente. C'est de l'énergie qui se transforme, c'est la fin d'une forme, c'est créer de l'espace pour une autre forme et ainsi permettre à la vie de se renouveler.
Réaliser vraiment notre état de mortel, c'est se donner la vie. Vivre l'instant présent, conscient de sa fragilité et de sa fugacité, c'est cela l'éternité.
La vie est à la fois éphémère et éternelle. Éphémère dans les formes temporelles qu'elle revêt mais éternelle dans son processus.

La masse vs quelques illuminés
Cela se peut-il que la masse vivent dans l'illusion, alors que seulement quelques illuminés perçoivent la réalité ? À première vue, je serais porté à croire que ces illuminés sont justement des illuminés et que c'est impossible que la masse puissent ainsi errer. En y regardant de plus près, c'est pourtant bien ce qui se passe.
Pendant les dernières décennies, nous nous sommes concentré sur la révolution technologique, mais nous avons fort peu avancé sur le plan spirituel, à l'exception de quelques êtres conscients. Sur le plan spirituel global, nous en sommes presque au même point que dans le temps du Christ, à peu de choses près.
Le phénomène s'inversera dans les prochaines décennies, les progrès technologiques seront moins éclatants, et ce sera surtout la révolution spirituelle qui fera oeuvre dans nos sociétés. La spiritualité viendra rejoindre la grande majorité des gens et même colorer la technologie de plus de douceur et d'humanisme.
Nous pouvons d'ores et déjà sentir les germes de cette évolution spirituelle. Elle est à sa phase de démarrage ou de semis, mais une forte poussée de croissance pourrait survenir bientôt.
Lentement mais sûrement, la masse viendra prendre le pas avec les illuminés.

Les hautes sphères spirituelles
Je sais beaucoup de choses. J'étudie depuis longtemps déjà les écrits de ceux que je considère comme des sages. J'ai consommé beaucoup de livres.
Alors, pourquoi ma vie demeure-elle toujours aussi petite, pourquoi suis-je toujours aussi coincé dans ma misère. Pourquoi la connaissance ne devient-elle pas une connaissance appliquée, une pratique ? Je sais beaucoup, mais ne pratique rien.
Je vogue dans les hautes sphères de la spiritualité, je collectionne les belles idées comme on collectionne les belles images. J'en veux toujours plus, toujours des nouvelles, en oubliant très vite celles que j'ai déjà, dans l'espoir illusoire de rencontrer un jour les mots qui me sauveront de tous les maux. Cela me donne un "feeling", cela m'amuse et me divertit, cela me donne l'impression de bien vivre, de m'élever au dessus de la masse, de voler bien haut pour ne pas voir les misères de mon quotidien. Ainsi, n'ai-je plus de temps de me regarder vivre, ce qui au fond fait bien mon affaire. Je me fuis dans la spiritualité. Je suis atteint du virus de la compulsion spirituelle.
Pendant ce temps, sur terre, dans mon quotidien, je suis impatient, je suis colérique. Je m'irrite contre tout et contre rien, me fâche, me scandalise ou me révolte. J'ai des opinions sur tout. Je tranche, je juge et je prends parti. Je déprime si tout ne se passe pas comme je veux. Je ne suis pas disponible pour rien, trop occupé, entre autres, à mes plaisirs spirituels. Je suis égoïste et ne pense qu'à mes petits plaisirs ou à ma sécurité, et ne ressens que rarement de la compassion et de l'amour. Or, comment pourrais-je véritablement connaître quoi que ce soit sans amour ?
Redescendre sur terre, c'est par là qu'il me faut commencer.
Rester sur terre avec ce que je suis, pour apprendre à me connaître, pour voir ce qui m'habite et ce qui m'anime, c'est tout ce qui importe.
Et faire de courtes et légères incursions dans les hautes sphères spirituelles pour me ressourcer ou pour m'inspirer, cela suffit.

Le roi de la terre
Je traverse la rivière sur la glace, avec précaution, évaluant mon risque à chaque pas, pour accéder à une forêt pratiquement jamais foulé par l'homme. Mon intention est d'y méditer quelques instants. J'emprunte les sentiers battus par les chevreuils, sous de grandes épinettes et feuillus. Dans le ciel, des fenêtres d'un bleu foncé viennent contraster les nombreux nuages blancs lumineux. J'en profite pour prendre un peu de vitamine soleil malgré la fraîcheur du jour. L'air y est d'une grande pureté, d'une grande fraîcheur, délicieuse à respirer.
Un oiseau prend son envol, une grâce indéfinie, un instant d'éternité. Un écureuil s'amuse non loin de moi en toute indifférence.
Pas une seule épinette ne semble troublée ou impressionnée par ma présence, par celui qui pourtant se prend pour le roi de la terre. Je fais simplement partie du paysage, au même titre que le cèdre, l'if, le sapin ou l'épinette, tous égaux. Mon regard les fait naître et être, leur présence en fait tout autant pour moi, nous nous interpénétrons et nous créons en toute égalité dans l'instant.
Si je tourne mon objectif vers les montagnes, vers le ciel, je me sens minuscule dans cette immensité. Je me sens seul, presque abandonné. C'est le silence. Personne ne répond à mes questions. Est-ce qu'un dieu quelque part dans cet univers se préoccupe de moi, de ma destinée? Si je ne me prends pas en main, je sens bien qu'on me laissera crever ici.
Je visualise ces millions d'étoiles dans un univers infini où même notre système solaire n'est rien comparé à l'immensité du tout. J'en ai le vertige. Comment croire que ma petite planète soit privilégiée, ou puisse jouir d'un statut, d'une protection ou d'une vocation particulière?
Pourtant, moi, homme, dans mon petit coin de terre, je me prends au sérieux, je me donne de l'importance, je me donne des droits, je me prends pour le nombril du monde !
Quelle inconscience!

Tout est égal
Vouloir en finir avec ce qu'on fait pour pouvoir passer à autre chose. Vouloir être ailleurs. Vouloir en faire plus. Être pressé. Avoir un sentiment d'urgence quasi permanent.
Vouloir se prouver, vouloir s'améliorer, vouloir être autre chose que ce que l'on est, vouloir changer les choses, le cours du temps, notre destinée.
Tous ces sentiments nous sont familiers. Aussi ne pouvons-nous trouver la paix, ou tout simplement nous sentir bien.
Viendra un jour où nous réaliserons enfin que rien n'a d'importance en soi, que rien ne presse, que tout est égal. Faire une chose à la fois, une chose après l'autre, ou ne rien faire parfois, dans une totale présence. C'est trouver la paix, l'éternité.
Je suis riche, je suis riche. Je suis pauvre, je suis pauvre. Cela n'a aucun rapport avec ma capacité de trouver le bonheur. Aucune importance. Ce qui importe, c'est de bien vivre avec ce que je suis.
Je lave la vaisselle, je lave la vaisselle, je suis au cinéma, je suis au cinéma. Je travaille ou je suis en vacances, peu importe. L'activité présente est la seule qui importe, rien d'autre n'existe. Rien n'a d'importance, ou aucune chose n'a plus d'importance qu'une autre, ou encore tout est important.
Je suis avec Marie, je suis avec Marie. Peu importe l'être avec qui je suis; ce qui importe c'est d'être avec l'être avec qui je suis.
Et si j'avais été avec Pauline, ma vie aurait-elle pu être plus belle? La question ne mériterait pas d'être posée. Ma vie aurait été différente au niveau de l'esthétique seulement, l'essentiel n'en aurait pas été affecté d'un iota.
Remonter dans le temps pour y changer une virgule, un coup de téléphone par exemple, pourrait venir modifier totalement les circonstances entourant ma vie présente. Mon cadre d'évolution pourrait donc être fort différent de ce qu'il est, mais mon processus d'évolution, vu dans sa globalité espace-temps, n'en serait aucunement affecté.

La raison et l'émotion
Il est bien évident que l'émotion peut facilement avoir raison de la raison. Il n'est pas nécessaire de le démontrer, on le constate tous à tous les jours.
Mais la raison peut-elle avoir raison de l'émotion ? C'est moins évident. Le plus souvent, c'est le contraire qui se passe, la raison venant amplifier l'émotion. Un cercle vicieux s'engendre, l'émotion stimulant le cerveau qui se met à révolutionner, qui se met en émoi, en rajoute et vient accroître l'émotion. Le cerveau, travaillant principalement au passé et au futur, est même à l'origine de la plupart de nos émotions, émotions qui n'ont le plus souvent aucun rapport avec la réalité.
L'émotion, c'est comme tirer un caillou sur un lac calme. Un réseau d'ondes ou de vagues s'ensuit, ondes que seulement le temps peut calmer si on n'en rajoute pas. La raison peut seulement agir au niveau "ne pas en rajouter", le plus souvent en n'intervenant pas, en n'étant pas.
Tenter de vouloir régler son problème avec son cerveau demeure généralement vain, s'il ne l'amplifie pas. Je constate parfois que le seul moyen de calmer mon cerveau, vu qu'il est quasi impossible de le faire taire, est de le "court-circuiter" en l'occupant à des jeux qui requièrent toute son attention, ou en me laissant emporter par des rêves ou des fantasmes, donc en fuyant.
Faire face, affronter la réalité demande pourtant toute la vigilance et l'intelligence du cerveau. Le cerveau demeure le plus bel outil, mais il n'est pas facile de bien s'en servir. Il peut même causer notre perte. Le cerveau doit apprendre à travailler au présent. Le problème n'est jamais aussi grave au présent qu'on ne l'imagine, si on ne se laisse pas emporter par le passé (regrets et culpabilité) ou par le futur (inquiétudes et anxiété). Seulement regarder, observer, étudier les forces en jeux, sans espoir et sans attente de solution, comme si on n'était pas concerné, comme un biologiste étudie une grenouille.

Comprendre et prendre conscience sont deux choses qui vont dans le même sens, mais il y a un hiatus entre les deux.
La raison et l'intelligence sont deux choses qui vont dans le même sens, mais il y a un hiatus entre les deux.
L'intelligence et l'esprit sont deux choses qui vont dans le même sens, mais il y a un hiatus entre les deux.
Cet hiatus, bien que se présentant sous une mince différence, constitue en fait un large fossé qu'il n'est pas facile de franchir.

Le bonheur au conditionnel
Le bonheur au conditionnel n'est pas le bonheur. Un bonheur conditionné par ce qui est extérieur à soi, soit entre autres par la reconnaissance, l'appréciation ou l'amour des autres, par sa réussite matérielle, par ses possessions, par la réussite ou le bonheur de ses proches, ce n'est pas le bonheur. Il est pour le moins excessivement fragile.
C'est comme un bonheur lié à la température extérieure, s'il fait beau, je vais bien, sinon je suis malheureux. Si la bourse et mes placements vont bien, je suis heureux, sinon cela va mal.
Mon bonheur est ainsi lié à de multiples facteurs sur lesquels je n'ai aucune prise.
Intellectuellement, je comprends bien que je n'ai pas à me laisser troubler par ce qui ne dépends pas de moi. L'expérience me montre bien d'ailleurs que ce n'est pas la réalité comme telle qui m'afflige mais plutôt les jugements que je porte sur une prétendu réalité qui, dans les faits, ne se concrétise pratiquement jamais.
Mais émotivement, ce n'est pas aussi simple, et qu'un malheur touche mes proches et je risque de virer sur le top.
Un petit remède est la lecture du "Manuel d'Épictète" dont j'ai tiré des extraits sur mon site web.

La métaphysique, est-ce utile ?
La métaphysique, la philosophie et les connaissances en général peuvent-elles nous aider à mieux vivre ?
Oui et non, cela n'est pas évident. Elles vont généralement nous aider, mais elles peuvent parfois nous nuire. Ce sont des outils limités qui ne nous aident pas autant que l'on voudrait.
Elles peuvent nous donner de la perspective, soit un autre façon de voir et percevoir les choses et ainsi nous aider à s'améliorer, mais jusqu'à une certaine limite. Pourquoi ?
1- Parce qu'en fait on ne sait rien, ou presque. Nos connaissances sont très fragmentaires, très sommaires et vouloir leur accorder trop d'importance peut nous mettre sur une fausse piste ou nous donner de faux espoirs.
2- Nos mots et nos phrases peuvent bien tenter de cerner la réalité, mais rien n'est aussi simple, la réalité est mille fois plus complexe. Même le fait d'y mettre des mots est une façon de l'étiqueter qui nous limite dans notre appréhension directe de celle-ci, c'est-à-dire qui nous empêcher de la percevoir sans aucun préjugé, dans un esprit neuf, totalement présent et ouvert.
3- L'on constate avec le temps que tout est relatif, et que lorsque je viens d'affirmer une vérité, je ne dois pas oublier que je peux également affirmer la vérité contraire.
4- On en vient avec l'expérience à désirer cesser de se poser des questions, de s'en faire inutilement, d'arrêter de chercher à vouloir comprendre, parce que la réalité est d'une telle complexité qu'il n'y a rien à y comprendre. Pourquoi alors ne pas se contenter de simplement vivre, profiter de la vie et faire ce que dois à chaque instant ?
5- Entre posséder des connaissances et les mettre en pratique, il y a aussi une marge très difficile à franchir. Cette question à elle seule mériterait une réflexion particulière. Tous les fumeurs savent que fumer est néfaste, mais ils continuent de fumer. Et cela est vrai dans tout.
6- Notre cerveau est limité et ne peut percevoir à lui seul toute la réalité. Il faut utiliser aussi tous nos sens et tout notre corps. Souvent, la meilleur façon de régler un problème est de ne plus y penser, de faire taire notre cerveau en d'entrer dans nos sens. On écoute, on touche, on goûte, on jardine et tout à coup, comme par magie, une solution nouvelle et adaptée nous apparaît.
7- La connaissance intuitive amène un vision plus globale et est plus apte à bien saisir la réalité. Notre cerveau procède par déduction et ses longs raisonnements peuvent nous embourber. Quand c'est trop long, trop songé, trop rationnel, il faut se méfier.
8- L'expérience directe est nettement plus efficace que les connaissances pour nous changer. On a beau enseigner à un enfant les risque du feu, il comprendra vraiment seulement lorsqu'il se sera brûlé.
9- Selon les circonstances, on peut à un certain moment avoir davantage besoin d'un outil ou d'une discipline que d'un autre. Un outil peut également être bon pour une personne et d'aucun intérêt pour une autre.
Et juste regarder nos comportements compulsifs et l'inefficacité de nos connaissances à les juguler nous aide à rester humble devant les moyens dont on dispose.
Et quoi qu'on sache, un jour arrive un événement, une émotion, une maladie, la proximité de la mort, où on est emporté par quelque chose de trop fort et où plus rien n'y fait. On se retrouve alors seul, sans aide, sans aucun recours possible devant les forces de la vie et de la mort.
Mais, malgré tout, il m'apparaît essentiel de
se questionner sur qui on est, ce qu'on fait ici et vers où on s'en va. Et c'est pourquoi je continue, mais avec légèreté de touche, sans me prendre au sérieux et sans oublier le moment présent.
La métaphysique et le jardinage ne m'empêcheront pas un jour d'être malade et de mourir, mais entre temps ce sont des moyens complémentaires qui contribuent à améliorer ma qualité de vie active, des moyens parmi d'autres.


L'ego, un frein à la création
Pour notre ego, rien n'est jamais assez beau, assez bon, assez parfait. Il ne cesse de critiquer, d'évaluer et de comparer. Et il craint le jugement des autres par dessus tout. S'il fallait que je sois dans l'erreur, que je sois pris en faute, je le prendrais fort mal. Il oublie qu'on apprend principalement par essais erreurs, soit en s'expérimentant.
Notre ego, d'où origine la plupart des peurs, nous paralyse et nous empêche d'être réellement créatif. Il nous pousse dans le faire pour se prouver ou se sécuriser, mais empêche notre imagination et notre esprit créatif naturel de vraiment se manifester.
Notre ego cherche la stabilité et la sécurité alors que la vie est changement et création.

Un soleil ou un satellite ?
On se sent mal, insécure, déprimé, désespéré ou encore perdu. C'est bien ce qui pourrait nous arriver de mieux si on était paré à faire face à cet inconfort ou souffrance et à profiter de ce riche enseignement pour grandir. Mais on va plutôt rapidement chercher des solutions hors soi pour en calmer les symptômes. C'est bien naturel et justifié de vouloir accéder au bonheur, au paradis terrestre ou céleste.
On cherche alors la potion, le guide, le chemin, le livre ou la religion en vue de s'y accrocher, un chemin déjà tout tracé qu'on aurait qu'à emprunter pour trouver le nirvana. On se met alors à tourner ou graviter autour d'une idée, d'un maître, d'une technique, d'une philosophie ou d'une religion, comme un satellite en orbite. On devient un adepte, un partisan ou un disciple. On se tourne vers les autres, s'y colle pour se réconforter, marche dans leur ombre. Et souvent un aveugle guide un autre aveugle.
Malgré tous ces efforts, on finit toujours un jour ou l'autre par se retrouver confronté à sa solitude, face à soi-même, à ses souffrances et à sa mort éventuelle. On peut fuir dans diverses compulsions de type spirituel ou autre, mais toujours la vie et la mort nous rattrapent.
Marcher dans l'inconnu avec sa seule lumière pour guider ses pas nous fait bien trop peur; bien que ce serait pourtant la seule façon de se connaître et de trouver son chemin.
Un jour, parfois sur le tard de sa vie, on finira par faire ce constat d'évidence: il n'y a pas de guide ni de chemin extérieur à soi-même. On a à trouver sa propre vérité et à rayonner sa propre lumière. On est soleil.
Aucune autre issue possible que de se tourner vers soi, de regarder en soi et de se relier à la source universelle et divine d'énergie et de lumière auquel tous les êtres vivants sont reliés.
Il est bien sûr capital de visiter d'autres planètes pour apprendre, s'enrichir et s'ouvrir l'esprit, comme le Petit Prince l'a fait, mais sans s'y installer, sans se laisser impressionner ni commencer à graviter autour. Voyager, s'ouvrir sur le monde, pour mieux revenir chez soi, en soi afin de développer sa propre identité, sa propre vision du monde
.

Pour l'épinette, pas de problème
J'ai abattu une immense épinette. En étudiant les cercles de croissance, je constate qu'elle a plus de 100 ans. La largeur des cercles de croissance m'indique qu'elle était à l'ombre et a poussé très lentement pendant les 30 premières années de sa vie, atteignant alors à peine 10 cm de diamètre. Est survenu ensuite un événement qui lui a permis d'entreprendre une croissance phénoménale dans les 50 années suivantes, passant à plus de 50 cm de diamètre. Probablement la chute ou la mort d'arbres avoisinants lui ont alors permis de prendre sa place au soleil. À 80 ans, la croissance s'est de nouveau mise à ralentir progressivement jusqu'à presque s'annihiler avec le temps. L'âge et un attaque de fourmis gâte-bois à sa base en sont des causes probables.
Pour une épinette, pas de problème. Si les conditions lui sont favorables, elle pousse. S'ils lui sont moins favorables ou défavorables, elle pousse au ralenti ou encore disparaît pour laisser la place à d'autres végétaux mieux adaptés. Elle accepte totalement ses conditions de vie. Elle sait vivre et mourir sans faire de la vie et de la mort un problème.
Pas de mélodrame du genre: Pauvre de moi ! Je n'ai pas de chance ! Pas d'orgueil du genre: Je veux être grande et belle ! Pas de désir d'impressionner. Elle est ce qu'elle est.
Pourtant, qu'elle soit grande ou petite, au soleil ou à l'ombre, forte ou faible, ou même morte, elle est toujours en parfaite harmonie avec son environnement et pure beauté.
Les épinettes sont des êtres de grande sagesse que j'aurais avantage à côtoyer plus souvent.


Je vis rarement au présent
Et c'est pourquoi je ne me sens rarement bien.
Mes pensées me ramènent constamment dans le passé, faisant l'évaluation ou le procès de mes faits et gestes. La plupart du temps, je suis insatisfait de moi et ressens de l'insatisfaction ou de la culpabilité. Dans le cas contraire, je verse dans l'orgueil.
Ce malaise intérieur, cette insatisfaction par rapport à mon passé va m'amener à vouloir changer, à désirer m'améliorer, à faire des projets et à rêver d'un futur meilleur. Je vais aussi développer des inquiétudes, préoccupations et angoisses par rapport à ce qui pourrait survenir dans le futur.
Ma vie se passe donc en alternance entre le passé et le futur et, en conséquence, je suis presque continuellement habité par un certain malaise intérieur et de la tension nerveuse.
Et ainsi mon présent file sans que je le vois, le sentent. J'existe mais ne vis pas, ne suis pas présent ici ou si peu.
Pourtant rien d'autre n'existe que l'instant présent. On peut rien faire par rapport au passé et au futur. On ne peut agir que sur ce qu'on vit dans l'instant présent. Et dans le présent, le plus souvent, il n'y a pas vraiment de problème auquel on ne peut faire face. Souvent même, si on est attentif à ce qui se passe en nous et à l'extérieur, le présent se révélera d'une grande beauté.

On est ce qu'on écoute, voit ou fait
Si on jardine, on est jardinier, on est dans l'esprit de la nature.
Si on contemple un arbre, on devient imprégné par son calme, sa force et sa beauté, on devient arbre.
Si on est sensible à la sagesse de la nature, attentif à son environnement et à ses leçons, on devient métaphysicien.
Si on se laisse emporter par ses pensées, ses désirs et ses inquiétudes, tout notre être finira par refléter les tensions qui en découlent, l'organisme réagissant tout autant à une pensée qu'à une perception réelle.
Si on regarde une jolie fille avec concupiscence, ce désir s'imprégnera dans toutes les dimensions de notre être.
Il ne s'agit surtout pas de s'en culpabiliser, il n'y a rien de bien ou de mal en soit, mais seulement un présent à observer et à accueillir tel qu'il est. Un être conscient de ce qui se passe ne crée pas de souffrance en lui et autour de lui.


La discipline
Une bonne discipline consisterait à observer ce qui est bon pour soi et à 'choisir' d'y être attentif et de s'y investir, ce qui signifie simplement de savoir tirer parti de son expérience pour apprendre et évoluer. Mais la plupart de temps, on répètera plutôt indéfiniment les mêmes scénarios souvent destructeurs.
Pourquoi ? Parce qu'il est généralement impossible de vraiment 'choisir' ce qui est bon pour soi et de s'y maintenir. Seulement un être conscient et lib